Des peptides pour accélérer ou diminuer la croissance des plantes !

Thomas Laurent : les premiers produits arriveront d'ici 5 ans sur le marché

Lauréate du Concours mondial de l’innovation en 2016 et du concours i-Lab l’année suivante, Micropep a trouvé une solution naturelle pour accélérer ou ralentir temporairement la croissance des végétaux. Cette découverte contribue à la diminution des intrants et à l’amélioration des rendements des semences de grande culture.

La start-up fondée par Thomas Laurent (CEO) et deux chercheurs du LRSV (1) à l’origine de cette première mondiale, Jean-Philippe Combier et Dominique Lauressergues, vient de lever 4 M€. De quoi financer la poursuite de la R&D pour élargir le portefeuille des peptides et lancer le développement des premiers produits. Hébergée à TWB, l’entreprise va recruter une dizaine de collaborateurs pour enclencher la vitesse supérieure.

Présente au capital de Micropep, Toulouse Tech Transfer (2) s’est mobilisée en amont de la création de la société,  investissant près de 750 000€ entre 2012 et 2015 pour assurer la protection, maturation et valorisation des résultats de la recherche. Laquelle a même fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique Nature.

Des peptides qui régulent temporairement l’expression des gènes

Le concept qui va révolutionner l’agriculture n’impacte pas l’ADN des plantes. Il trouve sa source dans la découverte de  petites protéines produites par les cellules des végétaux ; ces peptides baptisés « miPEP » servent à réguler temporairement l’expression des gènes. En mettant en évidence ce mécanisme, les chercheurs ont élaboré un mode d’action basé sur des intrants produits à partir de protéines d’origine naturelle. Ils vont booster ou ralentir le développement d’une espèce variétale, agissant temporairement sur ses gènes d’intérêt. « Chaque peptide sera spécifique à sa cible, celui qui va par exemple accélérer la germination du maïs  ne va pas influencer la pousse des mauvaises herbes d’à côté » explique Thomas Laurent. Plusieurs centaines de miPEPs ont été identifiés et la quête se poursuit. Les enjeux sont énormes car les solutions de Micropep remplaceront une partie des apports chimiques employés comme pesticides ou compléments nutritionnels. Un premier contrat commercial a déjà été signé avec un semencier espagnol. Le FUI accompagne la start-up dans le cadre d’un projet impliquant la coopérative Lur Berri et un grand acteur mondial de la semence.

Les grandes cultures ciblées d’entrée

La société de biotechnologies va cibler d’entrée les semences grandes culture, centrant son offre sur la phase de germination des graines, une étape déterminante en matière de rendement.