Laurent Hérail, PDG de Surplus Autos Caréco et Surplus Motos : nous implantons à Gaillac un centre dédié au recyclage des véhicules industriels

Laurent Hérail : il y aura une demande grandissante de pièces d'occasion sur les deux et quatre roues électriques

 

Passionné par le recyclage, Laurent Hérail a implanté à Gaillac un des plus importants centres français de démantèlement de véhicules. Sur ce site de 10 ha, sont installées deux entités, Surplus Autos et Surplus Motos, appelées chacune à monter en puissance. Un troisième établissement,  Surplus Industries, est prévu en 2018 afin de traiter les véhicules industriels.

Si l’activité de valorisation des pièces des voitures hors d’usage dispose d’un cadre normatif précis, la directive européenne 2000/53/CE relative aux VHU, le dirigeant du groupe LNH (qui coiffe ces trois filiales), s’est attelé avec l’Ademe à la mise en place de règles et procédures pour les deux roues. Un même défi l’attend pour le recyclage des véhicules industriels. Ce n’est pas le seul, la profession sera à court terme confrontée au devenir des véhicules électriques retirés de la circulation.

Entreprises Occitanie : existe-t-il une seconde vie pour les pièces usagées des voitures ou deux-roues électriques ?

Laurent Hérail : Le parc est très jeune et donc les arrivées se comptent à l’unité. Un des problèmes est le réemploi des batteries électriques. En la matière, chaque constructeur a sa politique commerciale. Renault les loue aux détenteurs de sa flotte et les reprend dès que la voiture est hors d’usage. PSA nous fournit de quoi les emballer puis nous leur expédions la marchandise. Toyota fait appel à la SNAM,  recycleur spécialisé de batteries.

EO : La profession a-t-elle des parts de marché à prendre ?

L. H : Nous sommes face à un puzzle avec des batteries électriques aux contenus différents, des constructeurs avec des stratégies spécifiques. Mais progressivement, l’activité valorisation va se structurer car il y aura une demande grandissante de pièces d’occasion. Les moteurs électriques, les calculateurs, les batteries entreront dans notre catalogue. Une formation ad hoc de démonteur a été mise en place en national. Nous devrons nous équiper du bon appareil de contrôle pour évaluer la fiabilité de la batterie électrique d’occasion. Pour développer cette activité, nous avons demandé l’habilitation « Recycleurs » B2XL norme NF C18-550 ce qui nous évitera de solliciter une entreprise extérieure déjà titulaire de cet agrément. Par ailleurs, tous les débouchés n’ont pas été défrichés. Les pots catalytiques possèdent des terres rares revendues comme matière première, les batteries peuvent receler un potentiel marchand également.

EO : Sur les deux roues, vous avez ouvert la voie à une véritable professionnalisation du recyclage ?

L. H. : En créant Surplus Motos à Gaillac, il a fallu bâtir tout un environnement réglementaire car les véhicules deux roues n’avaient pas été pris en compte lors de l’édiction du règlement européen VHU 2000/53/CE applicable aux voitures de moins de 3,5 tonnes. Nous nous sommes inspirés de ce standard garantissant à nos clients une sécurité et qualité pour élaborer un référentiel propre aux deux roues et ce en collaboration avec le SRA qui fédère les assureurs de ce type d’engins.

Pour démarrer ce métier, nous avons dû aussi adapter les process et le traitement informatique avec la création de nomenclatures véhicules et pièces. En fonction de la clientèle ciblée, nous avons ouvert deux sites e-marchands  www.surplusmotos.com et www.surplus-scooters.com enregistrent une moyenne de 150 commandes/jour.

Emma Bao