AERONAUTIQUE : A320neo, A350XWB, comment Airbus anticipe la montée en cadence




L’A350 XWB, plus d’un an après son 1er vol, est déjà à cadence 2,332 dès sa 1ère livraison à Quatar Airways. La phase série industrielle est lancée pour atteindre les 10 exemplaires en 2018. L’A320neo vole depuis le 24 septembre 2014, sera produit à l’horizon 2017-2018 à cadence 46 voire 50 par la suite. De jamais vu dans l’industrie aéronautique civile. Airbus a renforcé le pilotage et le risk management de sa supply chain mondialisée pour réussir ces ramp-up.


Sur ces deux nouveaux programmes, la part de la sous-traitance est passée à 80%. Dès le lancement, l’avionneur avait cherché à simplifier les interfaces en réduisant le nombre de ses tiers one avec des WP, (workpackage) plus importants. Après quelques soucis industriels sur l’A350 XWB avec le fournisseur Spirit, tout est rentré dans l’ordre, pour servir les 800 premières commandes. Avec l’A320neo, le challenge sera de passer de 1 à 46 exemplaires en moins de trois ans. Seuls le système propulsif avec deux fournisseurs, CFM International et P&W, le mat réacteur et des renforcements voilures sont nouveaux. L’A320ceo progressivement baisse et laisse sa place dans les FAL pour l’assemblage de l’A320neo. Airbus est plutôt confiant dans sa capacité à livrer les clients à l’heure pour tous ses programmes. « Nous atteignons déjà un OTD remarquable avec 99% de commandes livrées à l’heure et pour certains équipements comme les moteurs, c’est 100%. 180 000 commandes sont passées ( en automatique) toutes les semaines. Ces deux dernières années nos équipes se sont mis en ordre de bataille pour maîtriser de bout en bout la chaîne de livraison » relate Eric Zanin, Senior Vice-Président, responsable du Procurement Operations d’Airbus. Tous les achats de l’avionneur sont couverts, répartis en cinq groupes : les matières et pièces, les aérostructures, les équipements, la propulsion et la cabine. Plusieurs outils de pilotage innovants sont aujourd’hui opérationnels. Le système de pilotage couvre les fournisseurs de rang 1 et 2 voire 3. Un millier de fournisseurs utilisent le système Airbus Supplier management qui a succédé à Boost. Chaque mois le comité d’analyse de la sous-traitance se réuni. L’évolution des risques opérationnels, financiers et économique des fournisseurs dans le monde sont mis en évidence, par exemple en cas de rachat d’entreprise, de difficulté etc….Airbus s’est dotée d’une E-control room avec une surveillance en continu de la chaîne, de chaque acteur et sa capacité à suivre les cadences de production. Avec le Supplier Supply Mapping, Airbus est capable d’analyser les conséquences d’un incident dans la chaîne. Dans l’heure qui a suivi l’annonce de l’accident de Fukushima, les fournisseurs clés de composants électroniques de la filière aéronautique à l’échelle mondiale susceptible de bloquer les chaînes en cas d’arrêt de la fabrication avaient été localisés. Le cas échéant des plans d’action pour assurer une nouvelle source sont lancés. Airbus a identifié une douzaine de fournisseurs à risques pour le programme A320neo qui font l’objet d’une surveillance renforcée. La mise à jour hebdomadaire de la cartographie des risques peut entraîner la mise en œuvre d’un plan d’action chez un ou des fournisseurs. « Il s’agit d’analyser les causes, de définir le plan d’action en collaboratif avec notre fournisseur et surtout de s’assurer que le problème ne se reproduira plus ». Pour ne plus revivre le cauchemar de l’A380 avec ses conséquences financières significatives, Airbus a mis le paquet pour huiler sa supply chain à tous les étages : End to End.

Supply chain Airbus : 2015, l’année de la qualité !

« Nous avons encore à progresser en matière de qualité. La non qualité ce sont des coûts pour tous les intervenants » précise E Zanin. 2015 a été décrétée l’année de la qualité. L’avionneur Avec la méthode SQIP, (Supplier chain and Quality Improvement programme), les équipes d’Airbus animent avec ses fournisseurs des projets d’amélioration durable des performances avec des objectifs à tenir. Chaque année, les Best Improver Awards récompensent les meilleurs. En 2014, le fabricant ariégeois de peinture d’équipements et cabines pour l’aéronautique, Mapaero, a été élu meilleur fournisseur parmi les 900 répertoriés dans sa catégorie. « La qualité et la performance ce n’est pas une question de taille d’entreprise, une Pme PME de 85 personnes comme Mapaero y arrive ». Le Top c’est 100% à l’heure et 0 pièce rejetée. Précision, concernant tous les aspects Ssafety qui engagent la sécurité de l’avion, il n’y a aucune concessionimpasse, « quelles que soient les conséquences économiques, l’origine de la demande, j’ai le devoir de refuser le produit ». La gestion de la non qualité ça rapporte. Chez Sonaca, récompensée il y a deux ans, la réduction de 3% de la non qualité s’est traduite par 3% d’EBIT supplémentaire.
Article diffusé par JL Bénédini le 01/01/2015