Aéroport Toulouse-Blagnac. Quel bilan 2019 et quels effets du coronavirus ?

Philippe Crebassa, président du directoire de l'aéroport Toulouse-Blagnac.Crédit : ATB.

Jusqu’à maintenant préservé, l’aéroport de Toulouse-Blagnac pressent une baisse de fréquentation de ses passagers pour les trois mois qui viennent. Avec un bilan financier positif en 2019 et plus de 9,6 millions de passagers l’an dernier, l’aéroport fait face à ces incertitudes en annonçant ses projets pour 2020 avec de nouvelles lignes, des travaux, et la poursuite de ses engagements dans le développement durable.  

« On avait prévu une belle année, cela démarrait bien pour nous depuis janvier. On s’attend maintenant à un impact majeur de la crise du coronavirus au moins sur les trois prochains mois », commente Philippe Crebassa, président du directoire de l’Aéroport Toulouse-Blagnac. Ce lundi 9 mars 2020, au moment de la présentation du bilan 2019 et des perspectives 2020 d’ATB , les effets coronavirus commencent donc à se faire sentir et la direction observe une baisse de la fréquentation depuis le début du mois de mars (chiffres non communiqués). Philippe Crebassa s’attend à « plusieurs dizaines de vols annulés pour les mois qui viennent ».

Trafic stable en 2019 et ligne régulière pour Montréal dès juin 2020
Pour 2019, le trafic est resté stable avec un peu plus de 9,6 millions de passagers. Les grèves, les incertitudes liées au Brexit sont les principales explications de ce résultat qui reste positif sur le plan financier. Les deux trajets qui ont connu la plus forte croissance sont Toulouse-CDG (+10 %) et Toulouse-Nice (+ 40 %). La ligne Toulouse-Orly reste numéro un au hit-parade avec 3,2 millions de passagers l’an dernier. Cette année, les lignes nationales ont été plus fréquentées que les lignes internationales. L’année 2020 sera marquée par le lancement de la première ligne régulière long-courrier entre Toulouse et Montréal avec 5 vols hebdomadaires orchestrés par Air Canada à partir du 4 juin. Côté low cost, EasyJet et Ryanair vont compléter leur offre avec de nouvelles lignes...

Développement durable
L’une des fiertés de l’aéroport de 342 salariés est son implication en matière de développement durable. Cela se traduit par les 40 000 covoiturages enregistrés l’an dernier via le réseau Commute, l’organisation en  télétravail (56 personnes) et par d’autres mesures comme l’objectif d’atteindre son engagement vers la neutralité carbone à l’horizon 2050, le projet Hyport qui prévoit l’installation d’une centrale de production et de distribution d’hydrogène (l’aéroport va d’ailleurs commander 4 bus à hydrogène à Safra, notamment pour desservir les parkings), l’utilisation d’une flotte de véhicules électriques, l’installation d’une chaudière à gaz à compensation, la rénovation énergétique des bâtiment,etc. Le bruit ? Philippe Crebassa rappelle que le nombre de mouvements d’avions a diminué pour la seconde année consécutive (-1,4 % par rapport à 2018) et que « 12 300 habitats de riverains ont bénéficié du financement de travaux d’insonorisation avec un taux de satisfaction de 95 % ».

Un bilan financier positif et de nouveaux aménagements en vue
Pour le bilan financier, même si le trafic est resté stable, le CA a grimpé de 6 % (151,6 M€ en 2018) avec +13 % d’Ebitda (62 M€). L’activité commerciale (+8 %) et la diversification immobilière (extension du hall de peinture de Sabena Technics et mise en service de l'hôtel NH) expliquent en partie ces résultats. Dès début avril, de nouveaux aménagements seront en service : un parking d’avions et un nouveau circuit passagers pour un service d’embarquement et de débarquement à pied. Cette nouvelle installation chiffrée à 5 M€ permettra d’accueillir 600 000 passagers supplémentaires par an. Autre investissement d’ampleur, autour de 13 millions d’euros, la refonte d’une piste taxwiway. Les travaux auront lieu cet été. Côté immobilier, deux livraisons sont annoncées pour 2021 pour les sociétés Hutchinson et Fedex.