AGROALIMENTAIRE: Le bio s'invite dans la viande

 

La 1ère filière française bio intégrée de la céréale aux produits carnés nourrie les petits écoliers toulousains !

Mettre en place une filière de viandes bio complète partant de l’aliment, l’élevage jusqu’au produit carné final en ovins, bovins et porcs, capable de livrer des marchés significatifs comme celui des cantines scolaires de Toulouse, telle est l’ambition du projet soutenu par l’Agence Bio, lancé par 4 acteurs du secteur coopératif  de  Midi-Pyrénées. C’est la 1ère filiale de viande bio française intégrée. La coopérative Qualisol, collecte et stocke dans son silo dédié de Montfort dans le Gers, la matière 1ère  bio.

Union Sud Aliment, filiale d’Unicor, a spécialisé sa 3ème usine située à Banassac en Lozère dans la fabrication d’aliments biologiques d’une capacité de 5000 tonnes. La coopérative Unicor collecte et organise la production bio des éleveurs répartis principalement sur l’Aubrac et le Quercy et sur le Sud du Massif Central. Elle compte notamment une trentaine d’éleveurs AB d’ovins sur 600 adhérents. Arcadie Sud-Ouest, filiale de 4  coopératives, transforme dans ses abattoirs et met en marché la production. C’est la branche restauration qui anime la démarche du bio. Les premières livraisons ont démarré en 2010-2011 accompagnant la demande. 3 ans de suite, les appels à marchés en viande bio lancés par la cuisine centrale de la mairie de Toulouse sont restés infructueux. Les productions régionales n’avaient pas jusque-là de réponse par exemple pour livrer plusieurs tonnes de gigots d’agneaux bio rapidement. Le projet prend de l’ampleur en 2012 via les contrats signés avec les villes de Toulouse et Nice qui  s’étalent sur 3 ans. Au total cela correspond à près de 590 000 repas par an de viande bio en frais, livrés prêt à cuire, aux cuisines centrales avec des rôtis de porc, de bœuf, du navarin d’agneau, de brebis ….Un volume qui représente une trentaine de tonnes de viande de bœuf, de veau, de porc et une vingtaine de tonnes d’ovins. « C’est loin d’être négligeable pour une nouvelle filière, compte tenu de la difficulté à organiser la production de viande en bio chez les éleveurs, à valoriser l’ensemble de la carcasse tout en sécurisant  les marchés » relève Pierre Pradalié, coordinateur régional en agriculture biologique pour le secteur coopératif. Chez les éleveurs d’ovins, la sélection pour cette filière de qualité écarte déjà près d’un animal sur deux, il faut donc pour un volume d’une vingtaine de tonnes de viande mobiliser un troupeau de près de 3200 brebis élevées en bio. La filière a besoin d’un minimum de visibilité notamment pour avoir le temps de préparer et engraisser les animaux avant l’abattage. Le préalable c’est de mettre en phase la production et les marchés.

Les acteurs espèrent maintenant aller beaucoup plus loin dès 2013 en augmentant les tonnages en bio. Le potentiel est loin d’être saturé d’ores et déjà et les conversions au bio se sont multipliées ces trois dernières années chez les éleveurs. Arcadie Sud-Ouest avec ses 1300 salariés, 500 millions de chiffre d’affaires et 120 000 tonnes de viande, fait partie des poids lourds du marché en France.   Elle est très présente sur les filières sous signe officiel de qualité en étant 1er abatteur d’agneaux et distributeur label rouge en France, le 1er opérateur français de veau sous la mère, le 1er abatteur de porcs Label Rouge. La stratégie bio est devenue un axe de développement.


 

4 acteurs mobilisés :

Qualisol, Union Sud Aliment, Unicor, Arcadie Sud-Ouest.

590 000 repas livrés aux cantines scolaires en 2012

 
JL.B


Diffusé le 11 avril 2012