AUTOMOBILE : Continental développe l’hybridation abordable, passerelle entre le « stop & start » et le « full hybride ».

 

 

 

En région, Continental travaille sur un portefolio d’innovations bien garni avec en première ligne l’hybridation abordable. Le centre de Toulouse s’est vu confier par le groupe allemand l’ingénierie système, de sa définition fonctionnelle à la mise au point du produit. Cette technologie fait le lien entre le stop & start et le moteur thermique en régime idéal de croisière, explique Jean-Luc Maté, vice-président de Continental Engineering Services France. L’idée est d’apporter du couple additionnel au moteur thermique par l’intermédiaire d’un moteur électrique  de moyenne puissance  (7 à 15 KWatt sous basse tension 48 volts) qui démarrera le moteur et l’entraînera sur 3 à 5 kilomètres. Un coup de booster qui permet de pallier les phases de montée en couple ou la consommation et le rendement ne sont pas optimums.

Cette solution qui fonctionne avec des batteries courantes  type lithium-ion présente plusieurs avantages dont un faible encombrement, pas de surpoids pour le véhicule, l’absence de risques d’électrocution (véhicule électrique sous 400Volts) ou de mise en danger en ouvrant le capot. L’hybride abordable se compose donc de divers éléments : un moteur électrique, son système de commandes, le réseau de 12 volts généré par un convertisseur statique DC /DC qui alimente tous les autres calculateurs et une batterie… Adaptée au cycle de conduite urbain (30 à 50 km/h), l’hybridation abordable est la voie royale pour abaisser la consommation d’énergie en dessous des 3 l/100km et atteindre conjointement avec les progrès des moteurs à combustion interne, essence notamment, le seuil des 2 litres fixé à l’horizon 2020. De quoi abaisser drastiquement les émissions polluantes. Sachant qu’1 gramme de CO2 coûte 30€ à un constructeur généraliste et 90€ pour un constructeur premium, tous les acteurs ont intérêt à adopter des solutions innovantes pour éviter les surtaxes et autres réglementations pénalisantes.

L’objectif de mise en production est fixé vers 2016 pour une généralisation grand public de l’hybridation abordable en 2020. En matière de mobilité et de transports intelligents avec zéro accident et zéro émission, Midi-Pyrénées a un rôle important à jouer compte tenu du savoir-faire dans les systèmes embarqués et la présence d’équipementiers majeurs. La filière doit saisir cette opportunité et se positionner sur les capteurs, actionneurs, calculateurs du futur ainsi que sur la mécatronique pour intégrer le tout. «De quoi remplir nos usines avec des productions de masse de qualité et à coûts compétitifs » conclut Jean-Luc Maté.

 

Encadré

 

 

Un avertisseur sonore pour véhicules électriques

 

Possédant un savoir-faire confirmé dans la sécurité et la prévention des accidents, le centre de  Continental à Toulouse a initié  avec les constructeurs et les Instituts de recherche, la mise au point d’un générateur de son qui pourra être associé avec une assistance au freinage d’urgence pour éviter les collisions entre les piétons et les véhicules 2 et 4 roues électriques ou  hybrides, dangereux en raison de leur silence et furtivité. Une réglementation se prépare aux USA et au Japon.

« Nous allons proposer aux constructeurs des solutions facilement intégrables dans les architectures actuelles des  véhicules » indique Jean-Luc Maté en évoquant la nécessité de convaincre des clients pilotes en Europe, aux USA et en Asie pour valider la pertinence de ce nouveau marché et ouvrir la voie.

 

Encadré

 

L’expérience d’auto partage arrive à terme

L’expérience toulousaine sur l’auto partage arrive à son terme. Ce projet qui implique Toulouse Métropole, Continental, les PME Artal et Lyberta préfigure les futurs systèmes de mobilité et gestion de flottes urbaine.10 Twingo ont été équipées  afin de tester différents types d’usages. Le sans-contact avec des Smartphones NFC pour réserver le véhicule, en prendre possession est au cœur du dispositif.

Une réunion de restitution a été organisée en octobre dernier en présence des collectivités locales et de l’Etat (la DGCIS). La presse allemande est venue à Toulouse découvrir cette application innovante d’auto partage qui va entrer par la suite en phase d’industrialisation et de commercialisation. Les constructeurs automobiles ont suivi de près l’initiative toulousaine. Ce premier coup d’essai testé avec succès appelle une suite. Il serait pertinent de déployer une telle solution sur un site pilote a Toulouse du type Oncopole ou Montaudran Aerospace campus. Un « living lab. » des usages que pourront découvrir les gestionnaires de flottes.

D’autant plus que le site de Continental à Rambouillet a développé une technologie afin que le conducteur puisse en main libre configurer les applications de son Smartphone interfacé au véhicule. Les équipes toulousaines de l’équipementier s’intéressent à cette innovation sous l’angle de la convergence avec l’auto partage. Ce qui faciliterait le contrôle d’accès, la réservation de la voiture… « En fait, nous couplons la connexion à la mobilité et ses applicatifs à l’extérieur et intérieur du véhicule », résume Jean-Luc Maté convaincu de l’avance que peut prendre Toulouse Métropole sur le sans contact et la mobilité intelligente.

 

 

La feuille de route du cluster AUTOMOTECH (association régionale de l’industrie automobile)

La visite à Toulouse de Michel Rollier, ex PDG de Michelin et nouveau président de la Plateforme de la Filière Automobile, la définition d’une feuille de route précise, la tenue de l’AG : le cluster Automotech démarre la rentrée en force, mettant ainsi en avant la vocation automobile de la région.

« Au grand étonnement national car nous sommes avant tout perçus comme pôle d’excellence aéronautique et spatial » commente Jean-Luc Maté, président du cluster. Accueillir pour sa première tournée dans les régions Michel Rollier montre à quel point Midi-Pyrénées suscite à présent l’intérêt des acteurs nationaux du secteur.

Le président de la PFA a été accueilli à l’usine de Foix de Continental unité primée par l’Usine Nouvelle comme meilleure usine de France pour la fabrication de fort volume de calculateurs d’injection et a rencontré les entreprises adhérentes à Automotech ainsi que les institutionnels, Etat, Région, et Toulouse Métropole.

Il a pris connaissance de l’action stratégique du cluster orientée autour de 4 thèmes : zéro accident, zéro émission, le transport intelligent et l’usine du futur. Ces axes de travail s’articuleront avec l’agenda stratégique de la plateforme nationale.

« Nous devons raisonner grand sud avec une ouverture du cluster à l’Aquitaine et Languedoc-Roussillon » estime Jean-Luc Maté qui milite pour un pôle d’excellence en infrastructures, énergie, connectivité et solutions de mobilité urbaine. La mutualisation des ressources et savoir-faire autour de l’usine du futur avec des concepts « cars » innovants démontrera  la capacité de Midi-Pyrénées à produire « high tech-best value ».

En attendant d’enclencher la vitesse supérieure au niveau des démonstrateurs et des réalisations pilotes, un showroom des innovations est en cours d’aménagement au sein du lycée Gallieni.

La région peut devenir un centre de compétence  international dans les transports et la mobilité intelligente. Il faut que les élus avec la commande publique affichent une ambition forte et qu’ils investissent pour jeter les bases de futurs marchés.

« Nous sommes en route et cette fois sur la terre ferme !».

Emma Bao
Diffusé le 23 octobre 2012