Bio-UV Group. Le champion héraultais du traitement de l'eau entre en force sur le marché maritime

Bio-UV Group équipe les navires avec ses machines Bio-Sea

Depuis Lunel, BIO-UV Group conçoit, assemble et commercialise des équipements de désinfection d’eau par ultraviolets. Son entrée en bourse en juillet dernier accompagne son développement, notamment sur le marché du traitement des eaux de ballast. La PME prévoit de quadrupler son chiffre d’affaires en cinq ans. 

 

Bio-UV Group est né en 2000 avec deux salariés. Aujourd’hui, l’entreprise héraultaise emploie 70 personnes et prévoit de multiplier par quatre son chiffre d’affaires en cinq ans pour atteindre les 40 M€ de CA en 2022 (contre 10 M€ en 2017). Suite à son entrée en bourse en juillet dernier, le spécialiste du traitement de l’eau a levé 10,3 M€ (reste net de 8,7 M€). Comment ce spécialiste du traitement de l’eau est-il parvenu à se hisser parmi les incontournables du secteur ? Le traitement par UV-C, sa spécialité, ne date pas d’hier et s’ajoute à d’autres procédés possibles comme la séparation par membranes, la désinfection par le chlore, l’ozonation. Mais aujourd’hui, le traitement de l’eau par UV gagne en réputation : Bio-UV Group est passé par là pour développer la technologie et concevoir des systèmes de traitement simples d’utilisation et compétitives. La force de l’entreprise est de s’être diversifiée vers de nouvelles applications, avant les autres, tout en maîtrisant un savoir-faire technologique et l’industrialisation.  

Un développement sur différentes niches de marché
Tout a commencé par un besoin personnel de Benoît Gillmann : « Je voulais traiter ma piscine sans chlore et j’ai utilisé cette pratique ancienne mais peu développée du traitement par UV. Puisque cela fonctionnait, j’ai commencé par travailler sur le traitement des piscines privées, puis sur les piscines publiques », raconte cet autodidacte, qui, après une quinzaine d’années de management commercial et marketing pour des multinationales du matériel médical, a décidé de devenir entrepreneur.

Le secteur récréatif (traitement de piscines privées et publiques) représente encore aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, avec des clients installateurs, grossistes et distributeurs (Irrijardin, pour ne citer qu’un client en Occitanie). Après les piscines, Bio-UV Group s’est tourné vers le marché plus classique du traitement de l’eau potable et de l’eau usée, thématique où des grands groupes sont déjà très présents mais qui intéresse aujourd’hui fortement les investisseurs. La PME s’est ensuite orientée vers d’autres applications stratégiques : les fermes aquacoles (partenariats de recherche avec Ifremer) et le traitement des eaux de process industriels.

Dix années de recherche et d’investissement
Parallèlement à ces développements, dès 2010, Bio-UV Group s’est intéressé aux eaux de ballast, ces réservoirs d'eau équipant certains navires, destinés à être remplis ou vidangés d'eau de mer afin d'optimiser la navigation. En sept ans, ces années de recherche et de certification auront représenté un investissement global de plus de 10 M€. Un poids important pour la petite entreprise qui a dû ouvrir son capital en 2010 (entrée de Naxicap à 36 % du capital) puis en 2014 (fonds Atalaya d’ACE Management). Résultat de ces longues années d’effort, Bio-UV Group fait aujourd’hui partie des trois uniques acteurs dans le monde à afficher la double certification (internationale et américaine) sur le traitement des eaux de ballast par ultraviolets. C’est le démarrage de cette activité qui a conduit l’entreprise à s’ouvrir au marché boursier, tout simplement parce que son potentiel de développement est gigantesque : depuis septembre 2017, l’OMI (Organisation Maritime Internationale) oblige la totalité des bateaux neufs dotés de systèmes de ballast à s’équiper d’un système de traitement des eaux de ballast et à partir de septembre 2019, jusqu’en septembre 2024, pour les bateaux existants : le plus gros marché d’environ 50.000 navires.

Ce marché représente environ 1.000 navires neufs par an et 50.000 navires existants à équiper ! Ces cinq dernières années, une centaine de bateaux ont pu tester le dispositif Bio-Sea. Et la cadence va encore augmenter : pour 2018, une croissance de + de 60% est attendue sur cette application. Exemple : le dernier porte-conteneurs Saint-Exupéry de CMA-CGM, de même que les 9 prochains porte-conteneurs au GNL du transporteur maritime. D’autres géants du transport maritime comme Maersk et Louis Dreyfus Armateur ou le chantier STX font partie des clients de l’entreprise.

 

Une usine d’assemblage à Lunel
De 4300 m² de surface, l’usine de production et d’assemblage de Bio-UV Group jouxte ses bureaux (900m²). Environ 25 personnes travaillent directement à la production, « l’effectif qui va le plus augmenter les prochaines années », annonce Benoît Gillmann. 3,5 millions d’euros ont été investis en 2013 pour construire l’usine qui produit plus de 2000 machines par an, de toutes tailles (des dispositifs pour piscines aux systèmes BIO-SEA  pour navires), avec des prix allant de 200€ à 600.000€.

 

Un fort potentiel à l’export
Bio-UV Group ouvre une filiale à Hong-Kong pour y développer ses activités historiques (traitement des eaux potables, des eaux usées, aquaculture…) mais aussi son activité de traitement des eaux de ballast. « Depuis Hong-Kong nous visons tous les grands ports d’Asie et nous nous développons aussi nos autres marchés (piscines, eau potable,...) », explique le dirigeant Benoît Gillmann. Pour le moment, l’entreprise réalise 50 % à l’export, notamment en Europe et au Moyen-Orient. Titulaire depuis peu de la certification USCG, la PME devrait aussi renforcer sa présence sur le marché américain sur le plan du traitement des eaux de ballast. Compte tenu de la levée de fonds liée à l’introduction de BIO-UV Group sur le marché Euronext Growth en juillet dernier, des opérations de croissance externe sont envisagées.