Brexit.4,2 milliards d’euros d’échanges en 2018 entre l’Occitanie et le Royaume Uni

Denis Helleringer, chef du pôle Action Economique à la Direction  régionale des Douanes de Toulouse

Les flux d’exportation et d’importation de marchandises vers le Royaume-Uni vont-ils baisser avec le rétablissement des frontières physiques et douanières ? Quel impact sur les coûts  logistiques et délais de livraison, les frais de dédouanement ? En 2018, le commerce extérieur des entreprises de l’Occitanie vers le Royaume Uni a représenté 1,634 milliards d’euros d’échanges à l’export et 2,624 milliards à l’import soit 4,2 milliards d’euros. Ces chiffres sous-estiment la réalité des échanges dans le secteur aéronautique. 

Anticiper le Brexit en envisageant le pire

Avec un Brexit dur sans accord, l’UK devient un pays tiers vis-à-vis de tous les états membres de l’Union européenne avec une série de barrières à l’entrée, de taxes, normes et règlementation ! En février mars 2019, les services des Douanes ont organisé dans tous les départements de la région des réunions dédiée au Brexit pour informer les entreprises. L’idée c’est d’anticiper au maximum, d’utiliser les outils facilitant le passage des frontière en envisageant le pire. « Comment je fais  pour continuer à vendre en UK », c’est la question qui est revenue en boucle même si peu de PME étaient présentes lors de ces conférences. L’inquiétude est pourtant là d’autant que personne, à commencer par le 1er ministre anglais Theresa May ne sait encore quel sera le scénario précis du Brexit. What's going to happen ? Sur les droits de douane, dans un schéma sans accord, le Royaume uni pourrait par exemple être tenté de privilégier des approvisionnements de produits agricoles provenant des Etats-Unis et des pays du Commonwealth, voire de Russie très agressive sur les prix. Que se passera-t-il pour les contrôles sanitaires, l’import-export d’animaux, de foie gras ? Quelle sera la réaction de l’amateur anglais de vin blanc made in Sud-Ouest si le prix bouge dans le mauvais sens ? Derrière l’aéronautique, la filière agroalimentaire en Occitanie est le second secteur  en valeur, 9% de nos échanges avec des nombreux acteurs, des grosses coopératives comme des TPE, dans les céréales, le vin entre autres. Bien d’autres produits sont concernés. « Nous ignorons quelle sera l’attitude du Royaume Uni en matière de droits de douane. Pourtant la tendance de fond est à la disparition des barrières douanières qui a permis une extension du commerce mondial et l’enrichissement des populations » fait remarquer Denis Helleringer, chef du pôle Action Economique à la Direction  régionale des Douanes de Toulouse. Des constructeurs japonais ont été les premiers à  réagir en annonçant qu’ils ne produiraient plus en UK mais au Japon leurs nouveaux modèles, car depuis le 1er février 2019, s’applique l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon prévoyant zéro taxe sur les voitures.

Le risque majeur c’est l’aéronautique

 Pour l’Occitanie, le risque majeur  c’est la filière aéronautique, et dans une moindre mesure le spatial. Airbus a pris les devants.