BTP : LRVision lancera prochainement une lasure photo-catalytique pour détruire les oxydes d’azote présents dans les bâtiments

Depuis deux ans, l’entreprise accroît pour moitié son chiffre d’affaires annuel, une croissance étroitement liée à l’innovation et à l’exportation. Rare société dans ce métier, LRVision développe et fabrique des produits pour la décoration et la protection des matériaux de construction. Après avoir démarré avec le béton, la PME co-dirigée par ses fondateurs Erick Ringot et Guillaume Lemaire, s’est diversifiée dans les supports à matrice non cimentaire. La R&D qui représente plus de 20% du CA vise à mettre au point des solutions écologiques. Les différentes thématiques de recherche sont  conduites en collaboration avec les laboratoires LMDC de l’INSA, le LCA de l’INP et le LGC de l’UPS/CNRS (1).

Parmi les événements marquants, la société commercialisera dès cet été, une lasure photo-catalytique. Elle dégrade les gaz issus de la pollution (oxydes d’azote) venant au contact des façades des immeubles. Le produit, qui sera présenté à Batimat fin 2011, nettoie la surface sans la dégrader, contribuant ainsi à l’assainissement de l’air.

Les travaux de recherche se poursuivent pour élargir les propriétés et les applications. L’objectif est de réussir une lasure qui neutraliserait la colonisation des murs par les algues. Une étude est en cours avec Ecolab pour analyser le caractère anti-bactérien du procédé. Son empreinte environnementale fait aussi l’objet d’une autre évaluation (vérification de l’éco-toxicité, de la pollution de l’eau…). « Comme nous utilisons des nanoparticules, nous veillons à ce qu’il y ait zéro impact sur l’environnement » commente Erick Ringot.

Un autre axe de R&D concerne la dépollution de l’air intérieur, la lumière artificielle ayant un pouvoir d’interaction moindre que la naturelle. Les gaz à éradiquer, les BTEX (Benzène, Toluène, Ethyl-benzène et Xylènes), composés organiques volatils, sont aussi différents. Ce projet de recherche de 250 k€ est soutenu par La Région dans le cadre des appels à projets de recherche technologique à hauteur de 70 k€.

L’ANRT apporte aussi sa contribution (cofinancement d’une thèse sur 3 ans) tout comme le PRES qui a bien joué son rôle en terme d’accompagnement financier.

 
Emma Bao
Diffusé le 22 février 2011

En notes

-LRVision a été créée en 2004

-CA 2010 : 930 000 euros, prévisionnel 2011 : 1,3 Meuros

-Effectifs : 12 personnes

-70% des produits partent à l’étranger

Encadré

Chef de file du projet AGRIBTP labellisé par Agrimip Innovation

 

Dans un tout autre domaine, LRVision est le chef de file du projet collaboratif AGRIBTP labellisé par le pôle Agrimip Innovation. Le dossier a été soumis au FUI qui ne l’a pas retenu d’entrée mais réexaminera en avril une nouvelle proposition.

Dans ce programme sont impliqués les 3 laboratoires avec lesquels collabore régulièrement la PME, la société Coreva basée à Auch (collecte d’huiles usagées et graisses animales), l’entreprise Malet pour la partie TP et Spie Batignoles pour la partie bâtiment. La société 6TMIC intervient en génie des procédés et en support pour le pilotage et ingénierie du projet.

AGRIBTP comporte deux orientations. Pour l’industrie routière, l’objectif est de développer un éco-régénérant qui permettrait de réutiliser le « fraisat », le résidu de bitume ancien. Ce dernier pourrait être à nouveau remis dans une centrale d’enrobé et être mélangé avec du produit neuf. Pour ce faire, le bio régénérant devra avoir une action de solvant sur le « fraisat » afin de dissoudre le bitume ancien. Le tout de manière maîtrisée dans le temps pour ne pas altérer la pérennité de la chaussée. La formulation chimique intégrera une molécule « verte », issue du fractionnement végétal.

En direction du bâtiment, l’objectif est de concevoir un produit de démoulage assurant la qualité architectonique du béton démoulé. Cette substance sera un produit bio-sourcé. LRVision accorde une attention toute particulière aux agromatériaux,  et le consortium à pris contact avec la CAPLA en Ariège.

(1)          : LMDC : Laboratoire des matériaux et durabilité des constructions ; LCA : Laboratoire de chimie agroindustrielle ; LGC : Laboratoire de génie chimique

Encadré

Traiter les 800 km de trottoirs toulousains

Suite à une convention de recherche nouée avec la communauté urbaine du Grand Toulouse, LRVision s’est vu confier l’étude d’une solution de restauration des trottoirs en asphalte de la ville. Soit une surface équivalente à 800 km (2 millionsde mètres carrés) à couvrir. Avant de passer à l’action, une procédure définira  les conditions de décapage, l’application du traitement innovant, l’entretien et le rafraîchissement. Le produit employé, respectueux de l’environnement et de l’usager, obéira à plusieurs contraintes techniques : temps de séchage inférieur à une heure, non adhérence aux chewing gums, anti-taches, bonne adhérence, résistance dans le temps…

Encadré

Expert en esthétique du béton

C’est une activité d’image au sens propre et figuré qui génère 5% du CA de LRVision. A partir du logiciel ISAColor, développé par l’entreprise, est objectivée la qualité architectonique des bétons. Cet outil caractérise l’uniformité d’un voile, quantifie les tâches, les écarts par rapport à un fond moyen, confronte les résultats obtenus par rapport à un référentiel normatif (par exemple NF 18 503).

Sur cette prestation d’ingénierie, la seule en France de ce type,  la PME est sollicitée par un large panel d’entreprises du BTP, recherchant une assistance en contrôle qualité de leurs productions. Vinci, Bourdarios, Gagneraud, Eiffage…font partie des références clients. Tout comme Cemex qui évalue avec la technologie LR Vision la qualité des ouvrages réalisés avec ses bétons.

Les cabinets d’architecture comme Coop Immel Blau en Autriche, Séquence à Toulouse…sont aussi des donneurs d’ordres récurrents.

Parmi la liste des chantiers soumis à l’expertise ISAColor, on peut citer le Musée des Confluences à Lyon, l’Hôtel de Région à Toulouse, le Musée Fabre à Montpellier…