Celso. Du high-tech made in France dans les mousses de sièges d’avion

Les mousses conçues par Celso ont été sélectionnées pour l'exposition Choose France organisée à Versailles ce début d'année.

L’entreprise du Tarn-et- Garonne Celso de production de mousse pour l’industrie détient 100 % du marché des cockpits d’avion Airbus. Les mousses de fauteuils d’avion sont des produits high-tech et sur-mesure, qu’il faut remplacer régulièrement. 

« Je ne vends pas de la mousse, je vends des solutions tech- niques » insiste avec passion Agnès Timbre-Saunière à la tête de Celso, PME basée à Bressols, dans le Tarn-et-Garonne. La dirigeante représente la quatrième génération de l’entreprise fa- miliale. Depuis 2016, après une période commerciale fragilisée par la perte d’un contrat américain, Celso met le cap sur la croissance avec un chiffre d’affaires qui a quasiment triplé en quatre ans. Et pour de- main les prévisions restent à la hausse avec un CA qui devrait passer de 9 à 11,5 M€ entre 2019 et 2020. 

3 m€ d’investissement et une dizaine d’embauches
Pour accompagner son développement, Agnès Timbre-Saunière annonce des travaux d’agrandissement, notamment sa sur- face de production qui va passer de 2000 à 4000 m2. Le chantier devrait démarrer cet automne. Cet investissement de près de 3 M€ (4 nouvelles machines à commandes numériques équiperont les nouveaux murs) s’accompagne d’une phase d’embauche d’une dizaine de personnes, sur des métiers techniques, d’encadrement ou de fonctions support. Le cœur de métier de Celso : les solutions techniques en mousse pour des usages industriels. Le bureau d’étude de la PME conçoit des solutions sur mesure, répondant aux cahiers des charges des clients et aux normes de réglementations liées à leur secteur d’activité. Leurs clients : des entre- prises de la santé (matelas spécifiques), de la puériculture (depuis 3 ans, Celso livre un camion complet par semaine de petits lits ergonomiques pour nourrissons appelés Cocoonababy), des industries du luxe, de l’artisanat (présentoirs ou emballages pour Dior par exemple). 

leader dans l’aménagement des sièges des pilotes
L’aéronautique représente aujourd’hui le marché majoritaire de l’entreprise, notam- ment sur le segment des coussins des fau- teuils. Celso est aujourd’hui leader mondial de l’aménagement des sièges de cockpit et sert les principaux avionneurs du monde : Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault, ATR, Comac, etc. L’entreprise bressolaise détient 100 % de ce marché pour Airbus. Ses autres débouchés dans l’aéronautique sont les fauteuils de business et first class et ceux de l’aviation d’affaires. Ainsi, Celso signait en 2017 un contrat de 50 ans pour l’équipe- ment de la gamme de jets Global de Bombardier. Ses autres partenaires sont des fabricants de sièges comme Stelia Aerospace, Safran, Collins, mais aussi des aménageurs de cabine comme Jet Aviation ou Airbus Corporate Jets. 

un produit qui évolue techniquement 
Dans la confection des coussins de fau- teuils d’avion, les challenges sont nom- breux. Il faut tout d’abord répondre aux exigences liées à la navigabilité (réglemen- tations liées au feu, aux fumées, pertes de masse, etc.) puis coller aux attentes de design de l’avionneur et à leurs exigences de confort sur toutes les positions du fau- teuil (assis, incliné, allongé pour les 1res classes). Enfin, les mousses doivent passer les tests d’absorption d’énergie au crash test, et pour les plus gros appareils, présen- ter des propriétés d’absorption vibratoire. «90 % des matériaux d’une mousse ordi- naire doivent être éliminés pour pouvoir ré- pondre à ces contraintes, rappelle Agnès Timbre-Saunière, ingénieur en sciences des matériaux, au fur et à mesure des évolutions et des gammes, nous devons adapter nos produits ». 

Des mousses à remplacer 
Sachant qu’en moyenne ces mousses sont garanties 3 ans pour l’assise et 4 à 5 ans pour le dossier, la PME se positionne de fait sur le marché du MRO : «Nous livrons plus de mousses de rechange que de mousses neuves» indique Agnès Timbre-Saunière. Sa stratégie n’est pas de brader la pièce d’origine pour ensuite marger sur le MRO : «Nous sommes trop petits pour gérer tous les services de MRO directement chez nos clients finaux. Nous travaillons directement avec les fabricants de sièges ou autres ac- teurs de la maintenance qui nous comman- dent des mousses de remplacement». Celso vend ses pièces au prix, avec une marge cohérente, que ce soit pour une li- vraison en première monte ou pour du MRO. Un principe cher à l’entreprise qui prône le made in France et la qualité. En in- terne, Celso a développé un outil d’analyse innovant pour mesurer le temps de perte de hauteur et de qualité. Ces procédures per- mettent d’offrir d’une garantie fiable.

Quand le coussin celso monte à paris
Le choix du haut de gamme et du sur-me- sure a permis à l’entreprise de maintenir sa production en France en misant sur la technique et sur la qualité, la connaissance du produit et la réactivité, l’agilité d’une pe- tite entreprise. Les 18 et 19 janvier dernier, les mousses de Celso faisaient partie des 101 produits exposés à l’Elysée à l’occasion de la Grande Exposition du Fabriqué en France. Le coussin de cockpit a aussi été sélectionné pour être exposé lors de l’évè- nement Choose France 2020, où le prési- dent de la République française, des ministres et 150 chefs d’entreprise du monde étaient présents au Château de Ver- sailles. Pas peu fière, la petite équipe de Celso a ainsi gagné en notoriété et visibi- lité... pas forcément nécessaire, sur le plan business, mais peut-être que cela facilitera les recrutements !