CHIMIE : Laboratoire de chimie agroindustrielle : les agro-matériaux, la transformation chimique et l’étude de l’impact environnemental

C’est un des rares laboratoires de chimie français à intervenir sur toute la chaîne, ce qui lui permet de traiter un éventail très large de demandes émanant des entreprises et de conduire des projets de R&D très variés. Parmi les récentes success stories auxquelles a participé le LCA (1), figurent les dosettes bio-dégradables de café réalisées par Végéplast à Tarbes ! Les résultats obtenus sur les teintures naturelles sont aussi spectaculaires.  5 à 6 thématiques importantes de recherche sont en cours dont une sur les matériaux pour l’emballage agroalimentaire, une autre sur la valorisation des déchets de bois pour un usage industriel.

Cette UMR (2) Inra/Ensiacet, membre de l’Institut Carnot 3BCAR, intervient dans trois domaines complémentaires. Les matériaux conçus à partir de la matière végétale (à des fins non alimentaires) constituent l’activité historique du LCA, pionnier dès 90 dans la fabrication d’agromatériaux. L’ouverture de la halle Agromat en 2006 à Tarbes a boosté cette filière dont l’essor se renforce avec la MEPI (Maison européenne des procédés innovants) et la future plateforme de démonstration Odyssey.  Fractionnement et extraction de la matière végétale, caractérisation, mise en forme avec les équipements utilisés en plasturgie classique…l’ensemble du process est maîtrisé en région, un savoir-faire qui vaut au LCA d’être partie prenante dans plusieurs projets de pôles de compétitivité dont Agrimip Innovation au premier chef.

2ème champ d’action : la transformation chimique. Par cette voie sont produits des dérivés de corps gras, des bioproduits tels les tensio-actifs, les lubrifiants à base végétale, des additifs…

« Nous sommes de plus en plus sollicités sur les polymères bio-sourcés, issus de la matière végétale » confie Elisabeth Borredon, conseillère scientifique (professeur des universités) en évoquant les bases vertes types oligomères ou monomères. Les équipes sont aussi mobilisées sur les nouveaux solvants, la directive Reach et la législation sur les composés organiques volatils conduisant les industriels à trouver des substituts aux molécules classiques.

3ème volet, l’étude de l’impact environnemental. Le LCA analyse le cycle de vie des produits développés au sein du laboratoire y compris  pour le compte des clients. Sont entre autres évalués la bio-dégradabilité, le niveau de toxicité des composés organiques volatils, l’emprise sur le CO2… Entrent dans cette démarche qui concerne l’ensemble de l’activité du laboratoire les produits intermédiaires ou finis ainsi que les procédés de production.

Convaincue du croisement et de la complémentarité des approches, Elisabeth Borredon met en avant les opportunités d’un mix entre la chimie et la biologie en citant la coopération accrue avec l’Insa et autres écoles. « Il y aura des transformations chimiques revisitées et une étape avec les enzymes plus performants et sélectifs ; selon les cas seront choisis les meilleurs procédés » conclut-elle.

 Emma BAO
Diffusé le 22-09-2011

(1)           : Laboratoire de chimie agro-industrielle

(2)           : Unité mixte de recherche

En notes :

-Crée  en 1976, le LCA compte une équipe de 84 personnes. La halle Agromat à Tarbes une équipe de 4 à 5 personnes.

-3 équipes de recherche