Conjoncture du mois de novembre en Occitanie : un deuxième confinement bien moins impactant

Pour son analyse de l’activité économique du mois de novembre, le directeur régional Stéphane Latouche constate que l’industrie résiste, que les services marchands s’affaiblissent et que le BTP reste dynamique.


« Nous avons appris à travailler avec le virus », constate Stéphane Latouche en commentant les derniers chiffres conjoncturels nationaux du mois de novembre de la Banque de France. Avec une perte de 11 % de la production en novembre par rapport à -31 % en mars, les effets du second confinement ont 3 à 4 fois moins impactés l’activité des entreprises. Le constat est le même à l’échelle régionale. Pour décembre, la prudence reste de mise. L’activité est plutôt orientée à la baisse dans de nombreux secteurs industriels et la stabilité devrait prévaloir dans les services marchands, hors hôtellerie-restauration.

 

Un léger mieux dans l’aéronautique
 Dans l’industrie, la construction, l’agroalimentaire, Stéphane Latouche estime le niveau d’activité est plutôt bon, avec un niveau à 90 % identique à la normale. En Occitanie, « on commence à voir le bout du tunnel pour l’aéronautique », observe-t-il avec prudence en listant des voyants verts.  Le trafic a bien repris en Asie et la Chine observe même une progression de ses vols nationaux ; les stocks de précaution des avionneurs ont été utilisés et les commandes devraient reprendre du rythme ; le Boeing 737 motorisé par Safran revient sur le marché… autant de nouvelles plutôt bonnes qui tempèrent la situation encore très difficile aujourd’hui pour les secteurs de la métallurgie, du traitement de surface, de l’électronique, etc. 

Quelles prévisions pour les trois prochaines années ?
Plus que d’habitude, les prévisions sont un exercice difficile pour les banquiers.  Les défis sont de taille : la crise sanitaire, le Brexit, la nouvelle présidence américaine, l’affection des surplus d’épargne des ménages… Stéphane Latouche rapporte tout de même des ralentissements prévus sur le plan national avec 80 000 destructions d’emplois en 2020 et 2021 et donc un taux de chômage de 10,7 % en 2021 et 9 % en 2023. « On arrive à trois années de perdues sur l’emploi et deux années de croissance de perdues avec une chute du PIB de 9 % en 2020 (un taux record) avec une remontée à +5 % en 2021, sauf accident sanitaire.

Des crédits non consommés
Concernant le financement des entreprises, la Banque de France a constaté que les PGE (Prêts Garantis par l’Etat) n’ont pas tous étés utilisés aujourd’hui : « plus de la moitié des entreprises qui ont réclamé un PGE ne l’ont pas utilisé », commente Stéphane Latouche. De septembre 2019 à septembre 2020, les crédits accordés aux entreprises ont augmenté de 15 % en Occitanie (+13 % sur le plan national). Le directeur pointe du doigt le niveau de fonds propres des entreprises qui devra être suffisant pour que les entreprises aient la capacité de supporter l’endettement. Il leur faudra investir, y compris dans l’aéronautique, pour poursuivre la digitalisation et faire face aux nouveaux enjeux, notamment sur le plan environnemental.