DEFENSE : Etienne Lacroix Group: « développer les métiers complémentaires autour de la pyrotechnie, renforcer l’international et l’innovation »

 

 

Depuis sa création en 1848, Etienne Lacroix a conservé son métier historique, la pyrotechnie. A 100% familiale, cette PME de 600 personnes et 100 M€ de CA fait partie des équipementiers de premier rang travaillant pour la Défense. Après la période difficile liée à l’intégration de Ruggieri en 1997 qui s’est soldée par une lourde restructuration, une baisse du chiffre d’affaires (et un  résultat net négatif) sur les exercices 2001 et 2002, la société a retrouvé son élan dès 2003 (1). Le plan stratégique décidé à 7 ans ayant été accompli avec succès en 2010, une nouvelle feuille de route à échéance 2020 est en cours d’exécution.

Les dirigeants, Etienne et Jean-Jacques Barès évoquent les principaux volets du business plan ainsi que les axes de croissance d’un groupe qui a su se diversifier et dont l’exportation génère déjà la moitié du volume d’affaires.

Sans déroger aux valeurs de base, la sécurité, la rentabilité et l’indépendance et s’appuyant sur un projet familial adopté par les actionnaires, Etienne Lacroix Group poursuit son internationalisation. Les marchés français étant stables, la PME souhaite renforcer ses positions sur des territoires à fort développement comme le Moyen-Orient, l’Asie, l’Amérique Latine. Un déploiement géographique qui nécessite une bonne maîtrise des contraintes réglementaires et des spécificités administratives de chaque Etat, particulièrement sur les commandes militaires.

« Se délocaliser, transférer de l’activité sont aussi la contrepartie de certains contrats » commente Jean-Jacques Barès  en rappelant également la recherche de compétitivité avec un sourcing extérieur.

Concernant la plasturgie, MPM est implanté en Roumanie où a été créée une joint-venture en 2006.

Sur le segment des artifices, une société a été installée depuis 7 ans en Chine, près des centres de production. Cette base permet de mieux maîtriser la qualité du sourcing, d’exporter les produits conçus sur place vers l’Europe et l’Amérique Latine, d’accroître le courant d’affaires sur le bassin asiatique.

Une autre entité a été établie il y a 4 ans aux Emirats Arabes Unis afin de conforter les marchés sur le Moyen-Orient et l’Asie Centrale. «Là-bas, nous espérons aussi diffuser notre offre logistique» précise Etienne Barès.

Pour distribuer la gamme des artifices, l’ouverture d’un bureau à Buenos Aires est d’actualité tout comme l’aménagement de deux représentations, aux EAU et en Asie sur la partie Défense.

Si historiquement, Etienne Lacroix bénéficie d’un bon rayonnement commercial sur le Moyen-Orient, pays du Golfe et l’Asie, la PME est en phase de reconquête sur l’Amérique Latine. Sur l’Afrique francophone, le groupe a une solide assise via la filiale Alsetex, ce qui favorise le courant d’affaires sur l’ensemble des métiers.

Sur le continent nord-américain, après la signature d’un contrat avec l’US Navy, l’opportunité d’un retour est envisagée (le bureau de Montréal ayant été fermé au bout de 3 ans, en 2006).

Quant à l’Europe, elle recèle tout un potentiel à exploiter.

La couverture du globe va de pair avec une politique volontariste en matière d’innovation. « L’avance technologique constitue notre différentiation » note Jean-Jacques Barès en mentionnant le soutien de la DGA sur certains programmes de R&D. Non sans avoir soulevé la question du financement de l’innovation, de la voie du partenariat…

Autre chantier auquel s’attellent les dirigeants d’Etienne Lacroix Group, être reconnus par le Ministère de la Défense et les grands groupes  comme un systémier majeur en France et sur l’échiquier européen. Devenue un ETI en quelques années, l’entreprise continue à globaliser son offre autour de la pyrotechnie avec des services toujours à plus forte valeur ajoutée.

(1)           : L’entreprise a doublé son chiffre d’affaires entre 2003 et 2010, en atteignant les 100 M€ et 10% de résultat net. Depuis, l’activité se maintien sur l’ensemble des métiers.

 

Emma Bao
Diffusé le 5 février 2013

 

 

Encadré 1

Préparer la relève avec les 17 actionnaires de la 6ème génération

Leur père, Roger Barès a travaillé pendant 51 ans dans l’entreprise,  restant à la direction jusqu’à la fin de sa vie en 1997. Ses fils Etienne et Jean-Jacques, qui représentent la 5ème génération d’actionnaires, ont pris la relève, amenant la PME à la taille d’un groupe déployé à l’international. Conscients de la nécessité de bien anticiper la transmission, ils ont depuis 2006 engagé une démarche de sensibilisation auprès des 17 actionnaires représentant la 6ème génération. Plusieurs séminaires de réflexion ont été organisés à leur attention pour les préparer à leur future vocation d’actionnaire. « Une mission d’animation et de contrôle qui demande des compétences et de la disponibilité » note Jean-Jacques Barès. Au terme de cette phase de consultation étalée sur plusieurs années et « qui a suscité un enthousiasme général », un projet d’entreprise à l’horizon 2030-2040, engageant les actionnaires, a été défini. « Nous avons aussi commencé à faire évoluer la gouvernance en faisant entrer 5 actionnaires au conseil de surveillance de la holding » souligne pour sa part Etienne Barès.

 

Encadré 2

Des opérations de  croissance externe

L’entreprise a acquis Ruggieri en 1997, un artificier dont l’origine remonte à 1739 ! Cette intégration a été suivie d’une profonde restructuration, deux sites sur les quatre (1) ont été fermés.  Des investissements ont été opérés à tous les niveaux pour réorganiser le fonctionnement et améliorer l’ensemble des process  (production, système qualité, logistique…). Le cœur de métier de Ruggieri, les artifices, a été repositionné sur le segment professionnel avec l’abandon de l’offre grand public.

Autre étape importante dans la vie de l’entreprise, le rachat à la SNPE en 1999 de l’activité contremesures qui a permis à la PME d’adresser les marchés de la Défense. Et de développer des  offres sur étagère dès 2002, fruit d’un important effort en matière de R&D.

En 2006, Etienne Lacroix Group a procédé à une opération de croissance externe avec Alsetex, basée à  Précigné dans la Sarthe. 

(1): Etienne Lacroix possédait deux sites et Ruggieri deux autres sites

 

 

Encadré 3

Les 5 activités

 

Le label Ruggieri recouvre toute l’activité artifices basée à Sainte-Foy-de-Peyrolières. Cette branche qui génère 10% du CA du groupe conçoit des feux d’artifices pour le divertissement, les événements festifs. Un réseau de distributeurs exclusifs en France et à l’étranger en assure la diffusion.

La partie technique,  Applications civiles et Défense de Lacroix représente 50% du volume d’affaires. 300 personnes dont 100 affectées au BE et à la R&D sont employées sur le site de Mazères, en Ariège. Interlocuteur direct de la DGA, Lacroix fournit des contremesures passives et d’autoprotection. Un savoir-faire exporté à travers le monde.

Alsetex intervient dans la sécurité avec des produits pour le maintien de l’ordre et la sécurité civile. Cette entité exporte 60% de sa production et réalise 20% du CA du groupe.

Moulages Plastiques du Midi (injection de pièces en thermoplastique), fondée en 1952 a été  reprise en 1960 par Lacroix. La PME développe des produits propres pour le bâtiment, l’éclairage…et est sollicitée en sous-traitance par des donneurs d’ordres de tous secteurs. Elle représente 10% du CA d’Etienne Lacroix Group.

Lancée il y a deux ans, Etienne Lacroix Logistique assure le transport des matières dangereuses et des explosifs. Une prestation complémentaire de la pyrotechnie qui progresse régulièrement.