Donecle. L’inspection par drone, une solution dix fois plus rapide

Donecle fabrique des drones et  conçoit des systèmes d'inspection.

Créée en 2015, Donecle passe à l’offensive commerciale pour déployer son service d’inspection par drone. En pleine accélération, la start-up répond aux contraintes de temps et de coût des acteurs de la maintenance aéronautique.Donecle poursuit ses avancées commerciales et cumule les contrats depuis ces six derniers mois.

 

Installée à l’IoT Valley à Labège, la start-up (20 salariés ; CA non communiqué) a récemment signé de nouveaux partenariats avec les compagnies aériennes Latam (Chili), Austrian Airlines, ou encore l’acteur américain de la maintenance AAR. Au total une dizaines d’entreprises, des compagnies aériennes (notamment Air France Industries, son pre- mier client) ou des acteurs du MRO ont fait appel aux services de Donecle pour l’ins- pection de leurs avions. L’enjeu : vérifier que la carapace extérieure n’a pas subi d’impacts, notamment liés à la foudre. L’inspection se fait par drone, lequel est fabriqué sur place dans l’atelier de l’entreprise. La valeur ajoutée de Donecle réside essentiellement dans la qualité de la détection optique, dans la rapidité et l’efficacité du traitement de l’image et dans la communication intelligente des données au personnel concerné. A côté de l’inspection des dommages liés aux impacts de la foudre, Donecle veut aussi orienter ses inspections vers d’autres domaines, comme celui de la vérification de la qualité de la peinture, par exemple. 

Des drones intelligents 
Les services d’inspection des drones de Donecle sont truffés d’IA et d’algorithmes d’analyse des données. Les ingénieurs constituent d’ailleurs la grande majorité de l’effectif de l’entreprise. Stockés sur le cloud, les dommages photographiés par le drone sont modélisés. Entre la caméra et la banque de données du data center, les interactions sont permanentes pour alimenter la connaissance, enrichir l’apprentissage, rendre la maintenance plus intelligente. A titre d’exemple, un même défaut observé sur plusieurs avions au même endroit fera apparaître un problème de contact avec la passerelle. Une anomalie que le machine learning est capable de mettre en exergue à partir de la banque de données. Si la R&D constitue l’activité principale de Donecle (brevets et modèles déposés s’accumulent), l’activité commerciale va prendre dé- sormais plus de place, avec notamment des embauches récentes du côté marketing et vente.

Gain de temps et traçabilité
Maintenant que la solution Donecle a fait ses preuves et que les premiers partenaires constatent ses effets positifs, la start-up cherche donc à allonger la liste de ses clients dans l’aviation civile mais aussi du côté du marché militaire : des rapprochements sont aujourd’hui en cours pour le Rafale ou l’Awacs, après des phases de démonstration et de certification concluantes. Donecle pourrait aussi inspecter les jets : des démonstrations sont déjà en cours avec le Falcon de Dassault. Le gain de temps d’inspection fait partie des argu- ments de vente indiscutables : celui-ci passe de 12 heures à moins d’une heure via le drone Donecle. «Quand on sait que l’heure sur le sol (AOG) est chiffrée à 10 000 dollars, on comprend l’enjeu de la vitesse d’intervention», explique Hélène Druet, responsable marketing de l’entreprise. Jos- selin Becquet, cofondateur avec Yann Bruner, Matthieu Claybrough et Alban Deruaz-Pepin, constate la vague de digita- lisation des services de MRO. Outre l’amélioration de la qualité des inspections et de la rapidité de ces opérations, il avance un troisième avantage de l’analyse numérique : la traçabilité. «Les problèmes de recrutement de techniciens sur les métiers du MRO se faisant de plus en plus sentir, y compris en Amérique du Nord, la maintenance digitalisée apparaît comme une réponse évidente», commente l’entrepreneur qui définit le service de Donecle comme «un complément à l’oeil humain».