ESPACE : Le projet toulousain de nano satellite NADEGE cible la collecte de données à bas débit.

Le marché de la collecte de données est de plus en plus demandeur de solutions innovantes, mobilisant des technologies bas débit, parfaitement adaptées à certains types d’applications. La remontée d’informations via un réseau de capteurs et de balises  peut s’effectuer sur une couverture terrestre étendue avec l’utilisation des moyens satellitaires.  Dans les zones éloignées des centres urbains, peu denses ou difficiles d’accès, cette alternative s’avère des plus pertinentes pour assurer le monitoring des infrastructures énergétiques (pipelines, parcs d’éoliennes, plateformes offshore…).
Sans répondre à ce besoin mais employés sur d’autres types d’applications,  sont apparus ces dernières années des Cubesat opérant sur une orbite basse. Offrant aux clients des systèmes compétitifs en prix, ces nano satellites devenus de plus en plus professionnels atteignent des formats de 1 à 20 kilos. Une dizaine d’acteurs dans le monde se sont positionnés sur ce segment.

 La voie étant ouverte, Midi-Pyrénées, capitale de l’espace, a une carte à jouer avec le projet NADEGE, sélectionné par l’appel à projets Aerosat 2011 (1). « Sans réinventer la roue, nous allons concevoir un produit utilisant des composants sur étagère,  complété par un développement spécifique » indique Joël Korsakissok de Silicom, la PME pilote de NADEGE qui fédère trois autres acteurs : Nexeya Systems, Sigfox et IMS. Le projet, estimé à 1 Meuros, est soutenu à hauteur de 40 à 50% sur fonds publics (Europe, Etat et Région).
L’étape amont du programme avance bien, le choix du design a été arrêté et la quasi-totalité des composants sont en cours de livraison. Au 2ème semestre sont prévus l’intégration et test des équipements (cartes, parties mécaniques, panneaux solaires, batteries…), le développement des logiciels bord et sol. Ce premier satellite de collecte de données à bas débit servira de démonstrateur.  Pesant  5 kg,  il embarquera un seul macrocanal. Son lancement est attendu fin 2012, début 2013.

Concernant la répartition des tâches entre les partenaires, Sigfox est en charge des balises sol et des récepteurs. Le laboratoire IMS travaille sur le modem de télémesures et télécommandes. Silicom intervient sur l’informatique bord et sol. Nexeya Systems apporte sa contribution sur tout le reste, à savoir la mécanique, thermique, puissance et énergie, câblage, intégration, validation et qualification. Des domaines qui font partie du cœur de métier de cette société.

Côté offre lanceurs, dont l’étude de marché a été réalisée à l’aide du cabinet ANewWorld, les prix sont devenus plus attractifs car les emménagements ont été faits pour accueillir des Cubesat. « Si on se cale sur les plannings de ces 4 acteurs que sont Arianespace, Soyouz, Vega et SpaceX, nous disposons déjà de 5 à 6 opportunités de lancement par an » souligne Joël Korsakissok en évoquant la suite logique de NADEGE : aboutir à une première constellation à l’horizon 2016 avec des petits satellites de 20 à 30 kg.

(1)           : NADEGE fait partie des 16 projets lauréats de l’appel à projet Aerosat 2011, technologies d’avenir pour l’aéronautique et la construction de satellites. L’édition Aerosat 2012 est en préparation.

 Emma Bao
Diffusé le 31-01-2012