Il faut survitaminer le plan de relance !

Tout le bon vivre de notre belle région ne réduira pas l’angoisse des chefs d’entreprise et de leurs équipes après tant de mois de fermeture pour certains, d’horizon sombre ou d’incertitude pour les autres.

L’obstination des entrepreneurs, leur capacité à (ré)engager les salariés, mêlée à la présence forte de la puissance publique et un premier plan de relance exigeant, permettent à la majorité d’entre nous de garder la tête hors de l’eau, et préserver un tant soit peu leur moral.

De «Je ne sais pas» il y a un an, nous sommes passés à «on va peut-être y arriver». Il faut maintenant pouvoir dire «voilà où on va». Pour ce faire, deux conditions:

Un plan de relance survitaminé pour notre territoire

L’aéronautique est une grande fierté locale, nous en sommes aussi très dépendants. Le secteur est touché de plein fouet, notre région est plus sinistrée que la moyenne européenne.

La supply chain Airbus est évidemment en première ligne, mais les secteurs indirectement dépendants en souffrent également : du sport aux commerces, de l’immobilier à la restauration, de l’hôtellerie à l’événementiel : certaines entreprises de ces secteurs dépendent à 100 % de clients aéronautiques.

Au-delà de leur sauvetage, évidemment indiscutable, il faut les aider à dessiner leur avenir, diversifier leurs portefeuilles de clients et d’activité.

Le plan de relance doit donc, entre autres à travers son offre de subventions, de prolongement de PGE, de chômage partiel étendu, de dégrèvements, de consulting, apporter davantage de vision à ces entrepreneurs du quotidien pour clairement leur donner l’oxygène indispensable à la renaissance, à la réinvention et à la vie. Le prêt participatif est une première réponse, mais insuffisante.

Le plan de relance américain est 2,5 fois supérieur au plan européen. Notre plan doit significativement être augmenté, mais à travers le prisme des territoires, de leurs expertises et éventuelles dépendances.

Une fiscalité locale beaucoup plus dynamique et attractive

Toulouse compte encore parmi les métropoles dont le taux de CVAE est le plus fort de France. Cet impôt, dit «impôt de production» s’appuie sur une assiette sans lien direct avec les performances ou la rentabilité de l’entreprise, c’est donc un impôt idiot, déjà, qu’il faut réformer dans sa structure.

Mais la première étape serait d’en faire un outil de dynamisme économique et d’attractivité pour prouver l’envie de notre région de faire mieux que les autres, attirer et retenir les meilleurs. J’attends donc de nos élus un volontarisme clair sur les taux, et partout où la loi leur permet d’agir.

La réussite de la relance sera, je l’ai déjà dit, une affaire d’équipe : les entrepreneurs et leur obstination raisonnée, l’Europe et son projet politique affirmé, la France et son envie survitaminée, notre territoire et son énergie décuplée.