La bonne dose au bon endroit : Val de Gascogne expérimente la modulation de semis de maïs

Eric Comminges contrôle le dosage des semis de maïs

Sur l’écran de son tracteur géolocalisé, Eric Comminges agriculteur céréalier à Figarol près d’Aspet en Haute-Garonne, constate que la quantité de grains de maïs lâchée par le semoir varie de 65 000 à 86 000 grains à l’ha à quelques mètres près en fonction du potentiel agronomique du sol. Le guidage est très précis. La coopérative Val de Gascogne avait convié en avril dernier ses adhérents à une démonstration de la solution Be Api, de modulation de semis dans une même parcelle. L’agriculture de précision permet l’amélioration du rendement et le respect de l’environnement en remettant de l’agronomie dans les champs.

 

Il y a une dizaine d’années Val de Gasgogne avait été l’une des premières coopératives en Occitanie à proposer à des agriculteurs d’utiliser l’image satellitaire de leurs plantations pour optimiser le dosage de l’azote. Une nouvelle étape est maintenant franchie avec la connaissance exacte du potentiel agronomique du sol (ph, MgO…), sa fertilité, très variable à l’intérieur d’une même parcelle.  Le step d’amélioration global en couplant la géo information par satellite et la modulation  au sol serait très conséquent, près de 70% avec la bonne dose au bon endroit en modulant  les quantités d’engrais, de semis, la protection phytosanitaire. En pratique l’agriculteur commence par faire réaliser le diagnostic avec une carte d’hétérogénéité intraparcellaire de ses sols et une carte de leur potentiel géoréférencée, valables quasi à vie. Les parcelles sont découpées en 5 zones de potentiels.

Avec sa coopérative, il définit ensuite ses objectifs de rendement, de modulation à réaliser en semis, la fertilisation et les apports durant l’année d’azote, de soufre, de protection, calculés en fonction de la semence choisie de maïs, de blé, de colza...  Les cartes de modulation sont ensuite transformées en fichiers  intégrés sur le tracteur en fonction des équipements. Eric Comminges exploite une ferme céréalière de 140 ha cultivant du blé, du colza, du maïs et du soja. Il s’est équipé d’un épandeur et son équipement embarqué avec son voisin (70 K€) capable de moduler  précisément les quantités. Avec une première récolte de colza modulée,  l’économie réalisée est de12€/ha tout en supprimant le labour des sols. En modulant toutes les interventions sur une exploitation, le gain global par ha estimé serait au minimum de 100 €/ha. La seule modulation des semis entraîne des gains de 4 à 5 quintaux à l’ha. On ne met pas forcément moins de graines mais elles sont mieux réparties sur la parcelle. Les grands semenciers ont déjà acquis beaucoup de données et des retours de rendement sur des milliers d’ha modulés en Europe et ailleurs pour conseiller les agriculteurs sur les dosages. La solution be Api a été développée par 36 coopératives rejointes par In Vivo avec un laboratoire installé à Evreux.  Seule une trentaine d’adhérents de Val de Gascogne ont basculé dans la démarche Be Api proposée depuis trois ans par la coopérative à ses 3000 adhérents répartis sur cinq départements.