La filière transformation et valorisation des déchets pose les conditions pour aller vers une économie circulaire !

La loi sur la transition énergétique, la feuille de route de l’économie circulaire et la future loi antigaspi en cours de préparation pousse très fort vers le recyclage. Entre 2010 et 2025, l’enfouissement de déchets doit ainsi diminuer de 50%, soit environ 8 millions de tonnes par an supplémentaire qu’il faudrait valoriser. Les entreprises du secteur de la transformation et de la valorisation estiment à 4,5 milliards d’euros les investissements nécessaires. Le contrat de filière 2019-2022 signé entre l’Etat, la profession détaille toute une série de projets structurants à mettre en œuvre dont le 1er vise à incorporer davantage de matières premières recyclées (MPR) dans la production.

 

Incorporer davantage de matières premières recyclées ?

Le problème est complexe. Les déchets de carbone issus de l’industrie aéronautique sont réutilisables mais a priori ailleurs dans l’industrie du sport, du loisir où les contraintes sont différentes. Les MPR sont en compétition directe avec les matières premières vierges dont les cours fluctuent notamment avec celui du pétrole. « Aujourd’hui on ne sait plus faire partir les matières premières recyclées, les stocks augmentent » commentait en août dernier Jean-François Rezeau, directeur régional de Véolia Propreté. Les professionnels français de la filière papiers-cartons ont ainsi envoyé une note à leurs clients en juillet 2019 pour les avertir que les coûts du recyclage allaient augmenter. Les usines papetières en Europe sont saturées et en Asie la demande a chuté. Les prix de vente des matières triées ont fortement baissé, ne couvrant plus les frais de recyclage. « Il faut à la fois sécuriser l’amont et l’aval des filières. Le Comité stratégique de filière évoque trois conditions nécessaires simultanément pour incorporer davantage de MPR. Le niveau de qualité doit correspondre aux contraintes techniques de l’utilisateur notamment dans l’industrie du transport, le bâtiment, l’emballage et la plasturgie. Il faut un niveau de prix inférieur ou égal à la matière vierge. Il est aussi nécessaire de garantir un approvisionnement continue !

 

Vers une fiscalité incitative ?

La profession du recyclage s’est engagée en 2019 sur ce projet qui prévoit la mise en place d’expérimentations, l’étude de mécanismes incitatifs. L’instauration d’une TVA différentiée selon la part de MPR incorporée est évoquée. « Tout le monde veut faire de l’écologie mais personne ne veut payer » relate JF. Rezeau, la crise des Gilets jaunes et sa source, l’augmentation du prix de diesel, ont mis en exergue la difficulté de faire bouger les lignes.