« La RE2020 constitue une formidable opportunité pour la construction », Frédéric Carteret, dirigeant d’Ami Bois.

Frédéric Carteret
Le bois colle parfaitement à la transition énergétique

« La RE2020 constitue une formidable opportunité pour la construction bois » : Frédéric Carteret, dirigeant d’Ami Bois, constructeur de maisons individuelles en bois est optimiste. Ce matériau, biosourcé, stockant naturellement du CO2 a tout pour séduire.

« Cette réglementation environnementale confirme que l’écologie est devenue une préoccupation majeure. Le confinement a mis en avant les besoins des Français pour la maison individuelle avec son bout de jardin. Pendant le confinement, nous avons continué à vendre et le marché est reparti à la hausse » mentionne le dirigeant. La part de marché du bois dans la construction actuellement de 10% devrait donc croître pour un potentiel estimé à 30%.

Le bois coche tous les paramètres pour faire partie des grands gagnants de la RE 2020 avec un bilan carbone au top tout au long de sa vie, des performances d’isolation. Il est bien adapté au changement climatique pour absorber par ses qualités naturelles, son élasticité, les grandes périodes de sècheresse, les phénomènes hors normes. La France possède une forêt répartie sur tout le territoire. « Nous travaillons en circuit court. Le bois utilisé est 100% d’origine française et provient d’Occitanie et de Nouvelle Aquitaine. Nous avons un grand choix d’essence pour les adapter au besoin. En amont la filière professionnelle est aujourd’hui très organisée pour répondre à nos besoins actuels et futurs, sans problème d’approvisionnement. 60% du bois produit est mobilisée pour la construction. Tous nos systèmes constructifs en bois sont réalisés dans notre usine ultra automatisée de Marmande ».

Techniquement, Ami Bois ne prévoit pas d’obstacles particuliers pour se conformer à la nouvelle règlementation.  « Nous sommes facilement C2.  Le problème n’est pas tant l’évolution des obligations en matière de performances thermiques qui seront surmontées par les professionnels mais dans l’introduction de normes environnementales, le bas carbone » qui change la donne » même si les détails précis de la future norme ne sont pas encore connues.

Pour suivre le mouvement, F. Carteret met en avant l’impératif d’innovation. Un des sujets clé concerne le bois de vêture –à différencier du bois de charpente- utilisé pour la couverture extérieure. La modification de l’aspect du bois qui a tendance à griser avec le temps et l’entretien constituent autant de freins. « On travaille avec nos partenaires industriels, la Chimie verte, les Universités pour limiter l’entretien, améliorer la tenue du bois, en s’appuyant sur le pôle de compétitivité Xylofutur basé à Bordeaux que je préside » précise F. Carteret.