"La situation est affolante" : Thomas Fantini tire la sonnette d'alarme

Grandement impactées par la crise sanitaire liée à la Covid-19, les professions définies comme « non-essentielles » se sont regroupées vendredi dernier place du Capitole à Toulouse pour exprimer leurs souffrances et dénoncer les décisions du gouvernement. Thomas Fantini, le président d’Esprit Pergo, a participé à cet événement. Il alerte sur les conséquences de ce re-confinement.

L’UMIH31, SOS Event31, la fédération des commerçants et artisans de Toulouse, la CPME 31, le Medef Haute-Garonne : tous étaient réunis le vendredi 6 novembre dernier sur la place du Capitole à Toulouse. Dans un respect très strict des normes sanitaires (4m² entre chaque participants), ce sont plus de 1 000 commerçants qui se sont allongés au sol, pour simuler le deuil de leur profession.

De nombreux dépôts de bilan à venir
Cet happening était un appel à l’aide, « une sensibilisation sur le fait que nous pouvions disparaître, que nous sommes en train de disparaître » explique Thomas Fantini, président du groupe Esprit Pergo. Le Toulousain fait partie des acteurs qui se sont réunis pour organiser cet évènement et qui craignent pour l'avenir de leurs structures. Evènementiel, sport, culture, restauration : selon lui 50 % de l’activité économique de ces secteurs risque de disparaître dans les mois à venir à cause des décisions d’un gouvernement « déconnecté de la réalité, dont le « quoi qu’il en coûte » n’est pour l’instant pas à la hauteur ce qui a été promis ».

Chefs d’entreprise ou petits commerçants : tout le monde est touché
Pour son groupe Esprit Pergo, qui rassemble différents secteurs d’activité, le constat est simple : en 2020 il réalisera la moitié du chiffre d’affaires de 2019, soit 3,5 millions d’euros contre 7 millions l’année dernière. Son activité de restauration a diminué de - 50% depuis le début de la crise sanitaire, le pire bilan étant pour la partie « traiteur » qui a vu ses chiffres baisser de - 80 % avec une visibilité de reprise « inexistante ».

Pourtant, Thomas Fantini estime être à la tête d’une entreprise figurant parmi les plus résistantes face à la crise : « nous sommes solides et nous avons pu « griller » notre trésorerie, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, certains n’en avaient même pas ! Nous faisons des métiers avec des charges fixes très élevées, et, sans prise en charge, beaucoup ne peuvent plus assumer. Les PGE consommés ont durci les dettes, et sont trop difficiles d’accès. En plus de tuer les petits commerçants, ces décisions de fermeture cassent notre développement et nos capacités d’emploi … ».

Avec déjà trois traiteurs qui ont déposé le bilan sur la Ville Rose, le président d’Esprit Pergo a peur de n’être « qu’au début » de la crise, lui qui a déjà perdu 10 % de ses effectifs via des départs volontaires et des employés dont « le moral est au plus bas » et qui « n’imaginent pas continuer dans ce métier ».

De nouveaux évenements si l'alerte n'est pas entendue
Alors que le happening du 6 novembre a permis de « sensibiliser pas mal de monde, qui pensaient à tort que nous avions des aides et étions accompagnés », Thomas Fantini espère que les retombées médiatiques permettront de sensibiliser les décideurs.

Le dirigeant toulousain annonce qu’une réunion entre les acteurs de ces différents secteurs et un ministre devrait avoir lieu ce lundi 9 novembre. Il informe que les différentes organisations locales représentantes sont prêtes à « ré-organiser un évènement de sensibilisation » si les pouvoirs publics n’ont pas tenu compte des informations qui leurs ont été transmises.

 

Alidières Thomas