« La souffrance des employeurs n’est pas assez prise en compte »

Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne.

Le président du Medef Haute-Garonne Pierre-Olivier Nau explique pourquoi l’organisation patronale rejoint l’évènement organisé ce vendredi 6 novembre avec l’UMIH31, SOS Event31, la CPME 31, la fédération des commerçants et artisans de Toulouse. Un happening autorisé par la Préfecture qui donne l’occasion aux entreprises et organisations représentatives de communiquer sur leurs difficultés.

 

Comment analysez-vous ce deuxième confinement ? de façon générale, l’activité économique n’est-elle pas mieux préservée qu’en mars-avril ?
"Certes, on passe de rien du tout pendant deux mois (sauf le vital) à un peu plus. Mais tant de secteurs sont encore touchés et paralysés. Et puis je pense que pour les chefs d’entreprise le rythme du « stop and go » est tout aussi difficile à gérer. Ce qui ne va plus aujourd’hui, c’est que l’on a l’impression que les mesures annoncées sont décalées par rapport à la réalité. Par exemple, rien que sur le télétravail, tout le monde n’est pas en mesure de s’organiser correctement. Sur l’événementiel, pourquoi a-t-on tout interdit alors que certains événements peuvent s’organiser avec un total respect des règles sanitaires ? Et la même question se pose pour beaucoup d’autres activités. Je pense que la souffrance des employeurs n’est pas assez prise en compte.

Cette souffrance va s’exprimer ce vendredi à travers un événement spécial organisé place du Capitole. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous nous sommes associés au collectif SOS Event 31, la CPME 31, l’UMIH31 et la fédération des artisans et commerçants professionnels de Toulouse, organisateurs de cet événement pour lequel une autorisation a été demandée à la Préfecture. Traiteurs, agences d’événementiel, entreprises culturelles, restaurateurs, bars, hôtels, lieux de réception, bref tous les métiers de bouche, de loisirs, de culture, d’événementiel, du commerce et de l’artisanat seront représentés. L’idée n’est pas de quémander de l’aide ou de lister des revendications. Les aides, oui on en a besoin mais cela ne suffit pas pour faire redémarrer une économie. Je rajouterais que le Medef a toujours préféré le dialogue aux manifestations. Il s’agit plutôt de donner une occasion aux entrepreneurs d’exprimer leur souffrance, et pour certains, leur détresse. Il faut qu’on entende à quel point c’est grave.

Un regroupement en plein confinement ?
Invitation sur inscription, distanciation de 4 m2 entre chaque personne… ce n’est pas une manifestation mais un événement professionnel organisé par des gens dont c’est le métier et en toute responsabilité. L’idée est de filmer une mise en scène qui sera rediffusée ensuite sur les réseaux sociaux.

Quelle est votre position sur la fermeture des commerces de proximité ?
A mon avis, cette décision n’est pas adaptée car je pense que les commerces ont tout à fait prouvé leur capacité à travailler en respectant les mesures sanitaires : plexiglass, gel hydroalcoolique, port du masque minimum de visiteurs dans les boutiques… c’est tout à fait gérable. Cette fermeture, c’est aussi la mort des centre-villes qui subissaient déjà la désertion de leurs commerces. Nous espérons une réouverture le 13 novembre.

Le télétravail est à l’ordre du jour des discussions aujourd’hui. Quel sera le bon accord selon vous ?
Quatre réunions sont programmées ce mois de novembre avec toutes les instances représentatives et le gouvernement. Pour nous, l’objectif est d’arriver à un accord utile pour les entreprises, pour les aider à s’organiser. Il faut pouvoir préserver la continuité du dialogue social entre l’employeur et ses salariés, garder une relation de travail efficace et conviviale entre collègues, etc. Autant de paramètres compliqués à figer dans des règles trop strictes. L’agilité est de rigueur quand on intègre le télétravail dans une organisation de travail."