Latécoère. La maîtrise des coûts, l’enjeu clé pour les services innovation

La porte électrifiée NexGED développée par Latécoère. crédit : Latécoère.

Latécoère est un des concepteurs et fabricants principaux dans les domaines des aérostructures et des systèmes d'interconnexion. Dans ses services innovation et R&T, cet équipementier aéronautique aborde la conception de l’avion plus électrique avec un principal enjeu en tête : la maîtrise des coûts. 

 

Quelles technologies et quels systèmes électriques seront sélectionnés par les avionneurs ? La maîtrise des coûts sera le critère de sélection. Question cruciale à laquelle Latécoère (4 500 salariés, 650 M€ de CA en 2017)  n’échappe pas.  « Au moment où la course à la rationalisation des coûts est lancée, nous travaillons sur de nouvelles solutions adaptées aux contraintes de l’avion plus électrique », explique Serge Berenger, en charge de l’innovation chez Latécoère. « Les nouveaux programmes coûtent très chers… Il faut que le jeu en vaille la chandelle. Ce dont on est sûr aujourd’hui c’est que l’acquisition des nouvelles technologies liées à l’avion plus électrique coûte cher.  Dans certains cas, le recours à l’électrique est forcément plus cher que l’hydraulique et le pneumatique, ces dernières technologies  étant plus matures ». L’expert reconnaît que la maintenance et les contraintes de masse sont cependant deux critères importants et en faveur de l’électrification des avions : « Le potentiel d’optimisation en termes de masse et de coût   est plus important avec des solutions électriques », ajoute-t-il. Autre frein, la question des sources d’énergie et donc celle du stockage. D’après ce scientifique, la question des pertes d’énergie est la plus importante à se poser aujourd’hui.
 

Nouvel élan des services de l’innovation
Serge Berenger est arrivé chez Latécoère en 2016 (chez Safran auparavant) avec la mission de créer la direction de l’innovation et de la R&T. L’objectif : relancer la dynamique de l'innovation au sein du groupe, sachant que l’avion plus électrique est une des composantes de l’innovation au sein du groupe aux côtés du passage à l’optique, des nouveaux matériaux, de l’automation de la production, de la digitalisation des usines… La nouvelle unité de production de Montredon, usine du futur inaugurée en mai dernier, est une démonstration ce nouvel élan. La recherche représente au sein du groupe un budget annuel de 12 M€.

La porte NexGED, concept inédit de porte électrifiée
La porte NexGED a eu un fort retentissement. Même si sa commercialisation n’est pas envisagée, ce nouveau concept de porte a permis de démontrer de nouveaux sauts technologiques. Ses mouvements (ouverture, fermeture) ont été électrifiés et le hublot a été remplacé par un écran permettant une visibilité en continu, même de nuit. « Ce projet nous a permis de défricher des pistes. C’était une démonstration fonctionnelle», commente Serge Berenger.
Dans la continuité de NexGED, le programme Asgard est un démonstrateur à échelle 1 de la fonction d’accès cabine, dans une double approche. L’approche produit, de réduire les coûts récurrents et non récurrents  et l’approche process, de réduire les temps de développement par les méthodes agiles. Ce programme a démarré il y a un an et a été soutenu par la DGAC. Autre domaine de recherche : les  composites, qui doivent être les plus résilients possible, aux effets d’une puissance électrique accrue… Le centre technique de Latécoère travaille en collaboration avec l’IRT Saint-Exupéry et l’IRT Jules Verne à Nantes sur ce sujet. Concernant le passage à l’optique, Serge Berenger considère que « la puissance de demain sera contrôlée par l’optique. » La question de la supraconductivité est aussi dans les tablettes, avec un programme de recherche sur ce thème qui démarrera en 2020.