Les retombées des expérience médicales à bord de la mission Proxima

Expérience Everywear à bord de la station spatiale internationale.© ESA/NASA/, 2016

Lors de la mission Proxima en 2017 de l’ISS avec Thomas Pesquet à bord, deux nouvelles expérimentations médicale suivi par le Medes étaient embarquées. Elles sont aujourd’hui tous les jours utilisées à bord par les astronautes.

Everywear assure le suivi physiologique, médical et nutritionnel des astronautes. C’est une application logicielle sur Ipad couplée à des capteurs biomédicaux pour surveiller tous les apports nutritionnels, le rythme cardiaque…Everywear est aussi un moyen d’échange entre les médecins, les scientifiques au sol et les astronautes. La Nasa envisage de l’exploiter elle-même compte tenu des excellents résultats obtenus et du retour très positif des astronautes européens qui l’utilisent quotidiennement. Ces données médicales sont cryptées et exploitées au sol par les scientifiques. De nouveaux capteurs seront embarqués sur Everywear.

Avec Echo, une nouvelle génération d’échographe téléopéré plus performante a été embarqué. En ajoutant  deux caméras motorisées, le médecin depuis le sol,  dirige finement à l’aide d’un joystick l’échographe en visant l’organe (le cœur, le rein, une artère, un vaisseau) en recevant des images de très haute qualité, permettant d’effectuer rapidement un diagnostic. Auparavant les astronautes devaient s’entraîner longuement à manipuler.  Echo va évoluer avec de nouvelles sondes motorisées pour mieux contrôler la fonction cardiaque, l’œil. Sur Terre, cet échographe téléopéré est utilisé avec succès à l’hôpital de Tours et en Guyane. Il est particulièrement utile dans les zones éloignées des centres médicaux.  « La télémédecine ça marche. Elle est pourtant encore insuffisamment exploitée sur terre et en France malgré le remboursement des actes de télémédecine par exemple pour lutter contre le problème des déserts médicaux » indique Alain Maillet qui dirige l’équipe d’ingénieurs du Medes au sein du Cadmos au Cnes intervenant en support pour toutes les expériences en médecine et physiologie qui s’étalent sur trois et cinq ans. La continuité de l’ISS facilite leur conduite dans un environnement technique inchangé depuis une vingtaine d’années. Au fil du temps, la connaissance des impacts de l’impesanteur sur l’homme est de mieux en mieux cernée, notamment sur les pertes musculaires et de densité osseuse. Jusqu’à présent les astronautes récupèrent plus ou moins rapidement au sol toute leur condition physique d’avant le vol tout en assurant à bord leur mission.  L’augmentation prévisible de la durée des voyages soulèvent de nouvelles interrogations. Les astronautes français ne sont pas restés plus de 200 jours en vol. L’astronaute américaine Christina Koch vient de battre le record en atteignant les 320 jours, pour les hommes, le record s’établit à 425 jours.