L’hydrogène à la maison. La société gersoise CLL prépare des solutions énergétiques grand public

Flammes coniques stabilisées sur un bruleur pour l'étude des carburants alternatifs

Utiliser l’hydrogène à la maison pour décarboner ses consommations énergétiques. Si au Japon, l’idée est déjà une réalité avec des chaudières utilisant une pile à combustible, la société gersoise CLL envisage des solutions très innovantes pour démocratiser l’usage de l’hydrogène dans le grand public.

Les trois fondateurs, Rémy et Stéphane Lampaert et Eric  Cousse ont déjà « bougé » le monde des plaques de cuisson utilisées dans les planchas en amenant  un nouveau matériau sandwich, le dual plate, associant l’inox et la fonte. Ses performances culinaires et énergétiques  ont séduit le marché américain. L’an dernier 5000  planchas fabriquées en France y ont été commercialisées aux prix moyens de 1500$. Mais dans la tête des fondateurs, la vision est bien plus large, au-delà des systèmes de cuisson. « Dès le départ, nous souhaitions apporter de nouvelles solutions énergétiques en ligne avec la transition énergique et la réduction des gaz à effet de serre, notamment avec l’hydrogène» résume Stéphane Lampaert.

L’idée est de produire de l’hydrogène en continu.

Avec le premier produit, en apportant près de 3% d’hydrogène associé avec le butane ou le propane,  la puissance calorifique de la flamme   s’élève d’environ 1/3, réduisant  dautant  les émissions de CO2. L’appareil complet est déjà  largement abouti, de la taille d’une tour PC, le système fonctionne avec une bouteille de gaz, de l’eau et une prise électrique. « L’effet est impressionnant, le dual plate est capable d’absorber la chaleur tout en la restituant pour la cuisson ».

Le 2ème produit est beaucoup plus ambitieux car CLL cherche à développer une centrale de production d’hydrogène en continu pour fournir tout ou partie de l’énergie nécessaire à l’habitat, à une petite entreprise...Les fondateurs restent discrets sur l’innovation protégée  par plusieurs brevets. CLL est accompagnée dans ce challenge par l’Institut mécanique des fluides de Toulouse et son département dédié à l’hydrogène.

Le défi apparaît très ambitieux mais les trois fondateurs sont persuadés que l’on peut rebattre les cartes en bousculant les idées reçues scientifiques et techniques.  

« Le véritable obstacle à terme sera d’éduquer le consommateur pour faciliter l’acceptation sociale de l’usage de l’hydrogène au quotidien dans son habitat, comme c’est déjà le cas au Japon ».