LOGISTIQUE URBAINE : repérer les places de parking libres avec le système Lyberta

 Le partage de l’information pour une meilleure logistique urbaine ! C’est ainsi que Patrick Givanovitch, directeur général, résume l’activité de Lyberta. La PME qu’il a fondée en 2009 avec son frère Bruno et Jean-Louis Lopez propose aux collectivités locales un système de gestion du domaine public afin d’optimiser les flux de circulation et le stationnement en ville.

La solution technologique s’appuie sur un réseau de sondes enterré,  raccordé à un coordinateur local qui communique par GPRS à un serveur central les données, lesquelles sont, une fois traitées, accessibles sur smartphone, internet…

A partir de ces datas, plusieurs applications peuvent être déclinées. Une des premières,  Statiolib fournit en temps réel à l’automobiliste l’itinéraire, le guidage, l’option modale si le trafic est saturée, la disponibilité et géolocalisation des places de parking.

Au cœur du dispositif, il y a Carlib, le badge mis au point par Lyberta. Embarqué dans le véhicule, il communique avec la sonde et peut ainsi servir par exemple de disque bleu distribué par les mairies. Ce terminal facilite le télépaiement lorsque le chauffeur se gare dans un emplacement payant. Avec le réseau de capteurs et le badge, il sera aussi possible de contrôler un usage légitime des places réservées aux personnes à mobilité réduite.

Pour tester le concept, trois rues à Toulouse (Printemps, Concorde et Saint Papoul) ont été équipées. « Nous recrutons des volontaires pour évaluer le service smartphone ainsi que nos badges » souligne Patrick Givanovitch en évoquant l’état de l’art au niveau international. En fait, en matière de stationnement public, tous les acteurs sont en phase d’essai, à des degrés plus ou moins avancés.

La PME compte déjà ses premières références. Des contrats ont été signés concernant des parkings privés. Par ailleurs, dans le cadre d’Autopartage à Toulouse (service de partage des véhicules du Grand Toulouse (Entreprises Midi-Pyrénées, novembre 2011), 10 voitures sont dotées du badge communiquant Carlib.

Lyberta cette année entamera le déploiement de l’infrastructure enterrée, un chantier de génie civil relativement léger. La cible est large, le système intéresse les centres commerciaux, les entreprises, les gestionnaires de parkings privés et publics pour dériver les flux, les entreprises…En tant qu’outil d’aide à la prise de décision, le service est aussi pertinent pour  les transporteurs qui, sur la logistique dernier kilomètre, disposeront d’une cartographie en temps réel de l’état de congestion des quartiers.

Via des partenariats, la société  prend position à l’international. Avec l’appui d’UbiFrance, une filiale a été ouverte à Tel-Aviv avec un opérateur local. Elle répondra à un appel d’offres lancé par le gouvernement.

Une autre entité a été constituée en joint-venture à Laval, près de Montréal (Canada). En Argentine près de Buenos Aires, une structure a été établie avec Open Bizz, un acteur argentin avec qui ont été nouées aussi des collaborations en Espagne. Des contacts sont en cours sur les pays de l’Est.

Employant 11 personnes, l’entreprise hébergée au sein de la pépinière de Montaudran, envisage une levée de fonds au cours de ce 1er semestre. 1,5 M euros sont attendus pour financer l’industrialisation du produit et accélérer sa diffusion.

 Emma Bao
Diffusé le 30 janvier 2012

Encadré

Le choix d’un réseau enterré

Fiable et discrète, la sonde développée par Lyberta est d’inspiration CNES Quant à l’industrialisation des capteurs, elle sera assurée par Continental, « ce qui est un gage de qualité des produits ».

Enfouies à 5 cm de profondeur dans l’asphalte, les sondes sont placées tous les 2,65 m. Reliées les unes aux autres par un câble, ces guirlandes sont connectées à un coordinateur qui peut gérer 500 à 600 sondes.