Michel Barnier :  «Des droits de douane et des quotas le 1er janvier 2021 avec le Royaume-Uni ? »

Michel Barnier à la REF 2020 : les risques d'un no deal !
Sans Europe, les Etats européens seront marginalisés

Le 1er janvier 2021, il y aura-t-il- des droits de douane et des quotas sur les échanges commerciaux entre l’Europe des 27 et la Grande-Bretagne ? Michel Barnier, le chef de la Task Force qui gère les relations avec le Royaume-Uni et le Brexit, a évoqué cette option à la REF 2020. Le sujet intéresse directement les entreprises d’Occitanie. Les amateurs anglais de vins blancs du Sud-Ouest vont-ils se tourner vers les produits venant d’Australie, d’Afrique du Sud ? Il y aura-t-il des perturbations dans la filière aéronautique car en principe tous les produits devront être contrôlés ?

Un accord sur les échanges commerciaux  devrait être ratifié au plus tard le 31 octobre 2020. Si le traité de divorce échoue, le risque c’est de voir le Royaume-Uni faire du dumping. « En l’absence d’accord, chacun mettra des tarifs douaniers et des quotas. Il y aura des changements très importants au 1er janvier mais dans cette affaire c’est loose-loose. Personne n’a démontré de plus-value dans ce processus de Brexit. Mais les Anglais ont beaucoup plus à perdre que nous. 40% de leurs exportations se font avec les 27 pays de l’UE et inversement 8% du commerce de l’UE en dépend » indiquait Michel Barnier. Pas question de baisser les bras. « Notre boulot c’est de protéger les entreprises et les consommateurs européens. Il n’y aura pas d’accord en fragilisant l’Europe ». A la libre circulation des biens et services pourrait succéder l’application des principes de l’OMC.

Déjà un millier de nouveaux postes de douaniers français sont en place. Il reste encore à régler tous les problèmes concernant la sécurité, les échanges de données… Les britanniques vont ainsi quitter 700 accords internationaux.  L’intérêt de l’Europe à 27 c’est de rester uni en étant plus fort. « Si on n’est pas ensemble à 27 on deviendra rapidement un sous-traitant de la Chine, des USA » expliquait M. Barnier qui s’appuyait sur un tableau montrant l’évolution des échanges de biens et services, la montée en puissance de la Chine, des Etats-Unis. Et de rappeler les propos du général De Gaulle en novembre 1967 rappelant son opposition à l’adhésion de l’Angleterre à l’Union Européenne. A la barre des 200 experts européens qui négocient avec la partie adverse depuis 4,5 ans, M. Barnier ne lâchera rien pour gagner ce challenge à l’image des derniers Jeux Olympiques d’hiver organisés en France à Albertville préparés pendant dix ans avec Jean-Claude Killy pour 15 jours de compétition. Se tenir prêt à agir dans ses intérêts !