NANOTECHNOLOGIE : Nanolike prépare la fabrication en grande série

 

                                                                           de g à d : JJ. Bois et S. Behar


Jean Jacques Bois et Samuel Behar : «Notre volonté est d’aller vers la production industrielle en grande série de nanocapteurs » 

Nanolike est une jeune entreprise créée en 2012 par deux jeunes ingénieurs de l’INSA Toulouse, Jean-Jacques Bois et Samuel Béhar. Ils  développent à partir d’une innovation, le dépôt de nanoparticules, issue du LPCNO, le Laboratoire de physique et chimie des Nano Objets, 1000 fois plus petits qu’un cheveu, destinés à l’instrumentation industrielle et scientifique  avec une nouvelle génération de capteurs. Leur rêve, innover, concevoir, produire à Toulouse et commercialiser est en trains de se matérialiser. Après la  première phase de lancement, ils entament le virage vers l’industrialisation.

Vous venez de réaliser une levée de fond de 700 k€ fin décembre 2014 ?

 Nous avons signé entre Noël et la nouvel An avec deux fonds, Newfund et Breega Capital gérés par des investisseurs entrepreneurs à l’origine plus l’INSEAD Business Angels Club.  L’idée c’était aussi de s’entourer d’anciens entrepreneurs qui ont déjà travaillé dans le secteur des nanotech susceptibles de nous  apporter leur expérience du business. Cette levée va nous permettre de financer le lancement de la production industrielle tout en renforçant nos actions commerciales. Nous allons passer de la production de prototypes à des lots de 1000 à 10 000 nanocapteurs pour répondre à la demande.  L’objectif est d’avoir un atelier opérationnel l’été prochain ou à la rentrée.

Vous avez dès le départ combinez la R & D, l’industrialisation et la vente ?

Nous aurions pu nous limiter à la R & D mais dès l’origine notre volonté est d’aller vers la production industrielle en grande série. Nous sommes neuf salariés à plein temps dont 6  dédiés à  la production et la R & D avec deux thésards qui travaillent au LPCNO et trois commerciaux. En 2014, Nanolike a généré 80 k€ de vente. Fin 2016 nous visons le million d’€ en dégageant les premiers bénéfices. Dans cinq ans, nous envisageons les 20 M€.

Les premières ventes sont générées  par un enregistreur de température ?

Pour générer rapidement du cash, Nanolike a développé un tube témoin capable de suivre la température des échantillons. Nanotrack® s’adresse aux laboratoires d’analyses de biologie médicale qui doivent assurer la traçabilité en température des échantillons biologiques prévue dans la norme NF-EN-ISO-15189. Le système de diode permet en un seul coup d’œil de vérifier la température. Dans la région, nous équipons entre autres les  Laboratoires des Cèdres avec 5 sites, nous venons de signer avec le réseau Labster qui compte plus de 200 laboratoires en France. Le potentiel est très important tant en France qu’à l’export. D’autres applications sont envisagées dans le transport en congelé, la traçabilité des centrifugeuses….Nanotrack est entièrement fabriqué dans la région avec des prix similaires aux produits concurrents provenant de Chine.

Quel est le marché des nanocapteurs conçus par Nanolike ?

Nos clients principaux sont des fabricants de capteurs de pression, de température, qui ont besoin de mesurer des déformations.  Nous fabriquons des jauges de contrainte nano et des nanocapteurs de température. Nous produits sont 100 fois plus petits, consomment 10 000 fois d’énergie et sont 50 fois plus sensibles par rapport aux produits existants. Nous touchons des secteurs d’activités très variés et nos clients sont des Pme par exemple pour équiper des balances.  Dans une première phase nous vendons des échantillons de test avec de valider des lots plus importants. Nos clients peuvent inventer ainsi de nouveaux usages, équiper des lieux difficiles d’accès….

Votre 3ème produit vise  la sécurisation des documents.

 Avec Nanotag, nous avons développé une technologie de marquage des documents d’identité.  On  code une information sécurisée à l’intérieur du document d’identité. Le projet s’est accéléré avec l’aide de Toulouse Tech Transfer, la  SATT, la Société d’accélération du transfert de technologie.  Nous comptons fabriquer plusieurs millions de tags avec les machines que nous allons installer dans l’atelier.

Vous continuez à développer des nouveaux produits ?

Nanolike a signé des contrats de développement avec le CNES, l’ESA, la DGA. Nous sommes associés à un projet Ecoinov du Conseil Régional Midi-Pyrénées pour utiliser notre technologie sur des pâles d’éoliennes. Nous avons deux thésards qui travaillent au LCPNO. Nous allons continuer à répondre à des appels à projets. Nous avons constaté que pour vendre un nouveau produit, il n’est pas utile d’attendre d’avoir toutes les accréditations pour se lancer.

 

Les fondateurs

Jean-Jacques Bois et Samuel Bihar ont tous les deux à peine 27 ans. La moyenne d’âge de l’équipe de Nanolike de dépasse pas 25 ans. Ils ont rapidement su acquérir la confiance des acteurs économiques en obtenant le soutien d’Airbus Group, de Sanofi dans le cadre du plan de revitalisation. Membre du Medef31, Nanolike est un membre actif de sa commission innovation.

 

Article diffusé le 02/01/2015 par JL Bénédini