Oakbot. Un nouvel outil 4.0 destiné aux charpentiers

 Photo : Ilias Zinsstag et Pierre Giusti, autour de leur robot Oakbot.

Installés à Rodome, dans  l’Aude, deux charpentiers se sont associés pour concevoir et développer un robot numérique portatif qui facilite, optimise et sécurise  les travaux des charpentiers.  Ilias Zinsstag et Pierre Giusti sont en pleine de levée de fonds  pour poursuivre le développement de leur entreprise Epur.

Créée en août 2016, la SAS Epur développe une machine de fraisage à commande numérique portative. Un concept breveté qui révolutionne le métier : « Notre robot Oakbot permet d’économiser 50% du temps de l’opérateur », avance Ilias Zinsstag. Par rapport aux machines classiques, ce robot ne nécessite plus d’intervention humaine jusqu’à la fin de son cycle de travail. Il est donc moins dangereux. Il permet de réaliser un large ensemble de géométries d’assemblages, grâce à une entrée des consignes simplifiée via  un écran tactile couleur. L’inventeur est le deuxième associé de l’entreprise, Pierre Giusti. Les deux charpentiers se sont rencontrés lors d’un chantier et ont cherché à solutionner la perte de temps occasionnée par les coupes en série de même format. Après deux années de bricolage et recherches dans son garage, Pierre Giusti a créé Oakbot. Le concept a été repéré par A2C, concepteur et constructeur de matériels de manutention réputé en France. Ce rapprochement permet à la jeune entreprise de devenir leur agent commercial sur le sud-ouest. Le distributeur  envisage de référencer le futur Oakbot dans son catalogue.

Dix robots pour commencer
Depuis la création de l’entreprise, plusieurs avancées ont été menées. Sur le plan technique, la version IV est sortie en juillet 2018 sous forme de prototype en aluminium (développé par le bureau d’étude toulousain Sysmeca). Dix robots sont en cours de fabrication aujourd’hui et seront prêts à la vente en bêta test ou à la démonstration dès 2019.  Prix de vente : autour de 40 000 euros. « Nous prévoyons de doubler la production chaque année », annonce Ilias Zinsstag, qui compte sur la levée de fonds qu’il est en train de clôturer. Une levée de fonds à hauteur de 500 K€ qu’il mène auprès d’investisseurs tels que Melies business Angels ou Amba (Arts et Métiers Business Angels) et d’autres investisseurs privés.  Epur a déjà bénéficié de l’appui  d’acteurs financiers et des collectivités, soit 60 000 euros récoltés la première année auprès de la Région, des communes locales, de l’Adepfo (Association Développement des Pyrénées par la Formation), Bpifrance, Créalia… Ces soutiens ainsi que différents prix reçus en région lui ont donné une certaine visibilité dans le secteur.

Un ancrage territorial
La levée de fonds permettrait à l’entreprise de se développer et de déménager, toujours sur le même territoire, sur le plateau de Sault. Une nouvelle installation abritant un atelier d’assemblage et le reste des équipes est ainsi envisagée dans les 12 à 18 mois prochains : «Le développement territorial fait partie des valeurs de l’entreprise, nous voulons préserver le dynamisme en zone rural. Nos villages se vident de plus en plus ! A nous de créer de l’activité sur place», explique  Ilias Zinsstag qui a déjà recruté six personnes en 2018 dont des ingénieurs, informaticiens, techniciens. Un commercial rejoindra l’équipe en janvier prochain. Pour le moment, l’entreprise prévoit de vendre ses robots en France via le réseau de son partenaire A2C, des revendeurs déjà identifiés, mais aussi en vente directe auprès des artisans charpentiers et des constructeurs. Dans un deuxième temps, l’Allemagne et la Suisse seront la cible commerciale d’Epur, avant de s’attaquer au gigantesque marché nord-américain où 80 % des constructions neuves sont en bois.