Plug In Digital lève 70 millions d'euros : le spécialiste montpelliérain du jeu vidéo veut accélérer à l'export

Après s’être implanté en Asie, le spécialiste montpelliérain de la distribution et de l’édition de jeux vidéo veut capitaliser sur sa forte croissance (+45 % en moyenne chaque année depuis 5 ans) pour s’internationaliser.

« Jusque-là, hormis notre levée de fonds en décembre 2018 de 2M€, nous nous étions auto-financés » explique Francis Ingrand, le fondateur de Plug In Digital au miment de l’annonce d’un tour de table de 70 M € bouclé auprès du fonds d’investissement londonien Bridge Point. Quasiment 3 ans après une première opération ayant permis l’ouverture d’une filiale chinoise, l’entreprise d’une cinquantaine de collaborateurs va réitérer l’initiative pour « explorer un ou deux pays » comme ironise son président, qui compte s’internationaliser sous forme d’acquisition.

Une croissance record

Créée en 2012 à Paris avant de déménager à Montpellier, Plug In Digital a réalisé 20 M € de CA cette année, dont 80 % à l’international. Une progression fulgurante en 9 ans, marquée par une croissance oscillante entre 40 et 50 % chaque année depuis 2016. La société indépendante explique son succès grâce à ses choix réfléchis dans la distribution de jeux vidéo, son métier historique : « Nous faisons l’intermédiaire entre les éditeurs et les revendeurs, et ne prenons que des projets à notre taille, sans surfinancement. Nous avons distribué plus de 2 500 jeux actuellement, à plus de 300 partenaires comme Orange et SFR en France par exemple, qui s’intéressent fortement au développement du cloud gaming. Aujourd’hui, hormis les gros jeux qui sortent en magasin, beaucoup sont uniquement disponibles en digital/téléchargement.»

Encadré : Plug in Digital en chiffres

20M € de CA

Environ + 550 % de croissance en 5 ans

4 employés en 2017, 45 employés en 2021

Une diversification sur l’ensemble de l’industrie du jeu vidéo

Depuis 5 ans, Plug in Digital s’est également lancé dans un métier d’édition de jeux-vidéos comme l’explique le dirigeant : « nous co-finançons des projets et gérons toute la partie distribution, marketing, suivi de production, etc ». Grâce à des succès retentissants comme les jeux « Enterre-moi mon amour », « le Donjon de Naheulbeuk » ou « The Forgotten City », l’activité de l’entreprise est aujourd’hui répartie à 50 % entre ses deux activités, mais la succession de réussites dans l’édition pourrait faire pencher la balance, tandis que la distribution « offre la solidité nécessaire ». Au total ce sont près de 30 jeux qui ont été édités par Plug in Digital, partagés entre les différentes plateformes (consoles de salon, ordinateurs, smartphone). Un nombre amené à progresser rapidement en vue de l’internationalisation de la société occitane qui s’est hissée au 145ème rang du classement des Champions de la Croissance français en 2021 réalisé par Statista et Les Echos, ou encore à la 812ème position des 1 000 entreprises européennes en plus forte croissance selon le Financial Times.

Encadré : l’impact du coronavirus 

Les différentes périodes de confinement liées à la Covid-19 ont permis à l’entreprise d’évoluer, comme l’explique Francis Ingrand : « Selon l’Agence Française pour le Jeu Vidéo (un organisme non rattaché à l’Etat), les téléchargements de jeux ont augmenté de 30% durant ces derniers mois. Mais ce sont aussi des usages qui ont changé car ceux qui jouaient peu se sont mis à s’y intéresser comme les personnes âgées par exemple, ayant maintenant accès à cet univers grâce à leurs smartphones, une plateforme que nous couvrons et qui ne cesse de se développer ».

Thomas Alidières