Bruno Savco, dirigeant du groupe Savco et ambassadeur du Global Compact de l'Onu

Bruno Duval engagé dans la RSE

Bruno Duval dirige le groupe Savco incluant deux PME ariégeoises spécialisées dans la chaudronnerie industrielle et la tuyauterie, la Savco à Saverdun et CCM France à Lorp Sentaraille dans le Couserans. Après une carrière dans les métiers de l’électricité et les machines spéciales au sein d’un major du BTP français, B. Duval réoriente sa carrière en reprenant en 2009 la Savco, une chaudronnerie industrielle spécialisée dans la fabrication et la pose de conduites forcées et équipements pour l’hydroélectricité, du matériel roulant et structures métalliques, précédemment dirigée par Willy Montandon. Il s’est impliqué dans le Global Compact de l’ONU, un mouvement d’entreprises engagé en faveur du développement durable, sous l’égide de l’ONU dont le réseau France est présidé par André Renaudin, le DG d’AG2R qui vient de prendre la suite de Jean-Pascal Tricoire, pdg de Schneider Electric). Bruno Duval en est le vice-président en charge des PME.

Pourquoi avoir rejoint cette initiative mondiale en faveur du développement durable ?

En 2011, la Savco s’est retrouvée confrontée à la concurrence d’entreprises étrangères « low-cost » dans ses marchés de l’hydroélectricité. Plutôt que de suivre la voie de la délocalisation, j’ai préféré prendre une autre route en adéquation avec nos valeurs sur le territoire. Pour y arriver, on s’est lancé trois défis. Il fallait redresser l’outil industriel que nous avons mis en œuvre à travers un plan d’investissement de 3 millions d’euros de 2011 à 2013 à la Savco et 350 keuros chez CCM. De nouvelles méthodes de montage et soudure ont été assimilées par l’entreprise. Le 3ème pilier a été de se démarquer avec notre engagement dans la RSE, la responsabilité sociétale de l’entreprise (droit de l’homme, sociale, environnementale et corruption), en adhérant au Global Compact de l’ONU.

Vous pouvez  résumer ce qu’est le Global Compact de l’ONU ?

Le Global Compact a été lancé par le 7ème secrétaire général de l’ONU Kofi Annan en 2000 afin d’inciter le secteur privé à adopter une approche responsable des affaires. L’entreprise s’engage sur dix principes portant sur les droits de l’homme, les normes internationales du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption.  Cela se concrétise par 17 Objectifs de développement durables (ODD) à atteindre d’ici 2030.  Cet engagement est basé sur la confiance, il n’y a pas de contrôle ni certification, seule la cohérence du dossier présenté est vérifiée par la petite structure nationale du Global Compact à Paris.

Combien d’entreprises ont adhéré en Occitanie ?

Nous sommes près de 150 entreprises comme Acrosys en Ariège, Risq&Ops, EDF…. Toutes les sociétés peuvent adhérer, seuls les secteurs des armes nucléaires et du tabac sont exclus. Pour l’ex-région Midi-Pyrénées, je suis ambassadeur du Global Compact de l’ONU avec le  directeur EDF Hydraulique Sud-Ouest, sur le Languedoc Roussillon c’est la société Hervé Thermic. Bénévoles, nous intervenons sur le territoire pour présenter la démarche du Global Compact de l’ONU, auprès des adhérents. Nous ne sommes pas du tout concurrent des clubs d’entreprises ou autres. On explique comment faire les 1ers pas en RSE. Dans ce domaine il faut d’abord enclencher la machine, avancer progressivement plutôt que de se mettre d’entrée de jeu en  conformité avec une norme comme l’ISO 26000 avec le risque de démobiliser les volontés initiales. Il vaut mieux faire un 1er pas que rien du tout. Nous organisons des webinaires, un Trophée annuel des COP, le Tour de France du Global Compact France.

 

Qu'elles sont les actions concrètes menées à la Savco, chez CCM et les résultats obtenus ?

Sur l’axe social, nous avons mis en place un plan d’égalité femme/homme, un processus de recrutement non discriminatoire. Nous accueillons chez nous 8 nationalités et 4 obédiences différentes. Nous avons fait le choix de gérer les instances représentatives du personnel comme si nous étions 250 salariés avec un service QHSE qui mène une démarche proactive de prévention des risques, des  plans de prévention. Nous avons une évaluation collective du personnel. Le budget formation mobilise 8% de la masse salariale quand l’obligation légale est de 1%. Sur l’axe environnent, intervenant sur des zones protégées, des procédures spécifiques sont mises en place. Pour les soudures, le préchauffage électrique a remplacé en grande partie le propane. Le chanfreinage des aciers est électrique à la Savco. Pour CCM, la consommation de gaz de ville a été arrêtée. En 2019 nous changeons les chariots élévateurs pour des modèles électriques. Nous n’avons qu’une seule benne de DIB par an pour la Savco et CCM, tout le reste est recyclé. On a réussi à faire baisser les émissions de 85% sur nos processus de fonctionnement (hors matière première). Sept ans après avoir lancé les 1ères démarches du Global Compact de l’ONU, le groupe Savco a été évalué par rapport à la norme ISO 26 000 en obtenant la très bonne note de 89%. Le personnel adhère très majoritairement dans cette démarche collective. Vers nos clients, c’est aussi une création de valeur. La majorité y est sensible. Le prix n’est pas le critère principal pour la plupart des commandes que nous recevons.