Harmonie Mutuelle Sud-Ouest. Des objectifs ambitieux de développement

Stéphane Kergroulay, directeur région Sud-Ouest Harmonie Mutuelle.

Harmonie Mutuelle Sud-Ouest recouvre l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine. La mutuelle compte 545 000 adhérents et couvre plus de 10 000 entreprises. Intégrée au groupe VYV, La mutuelle redouble d’efforts pour atteindre ses objectifs ambitieux de développement. Explications du directeur régional, Stéphane Kergourlay.

 

Quels sont les projets de développement d’Harmonie Mutuelle Sud-Ouest ?
Le groupe Harmonie Mutuelle poursuit son projet ambitieux de développement : conquérir 700 000 adhérents d’ici à 2023. Sur notre périmètre du grand Sud-Ouest, nous visons les 100 000 nouveaux adhérents dans les 5 ans à venir. Le Tarn est historiquement le département qui compte le plus d’adhérents en France avec une couverture avoisinant les 30 % de la population tarnaise ! Pour atteindre ce développement, nous nous munissons de moyens : 39 agences aujourd’hui, avec probablement de nouvelles implantations à Agen et Périgueux et une force commerciale renforcée comprenant des représentants dans tous les départements de notre territoire. À Albi, dans le centre d’appels régional, l’effectif a doublé en 3 ans pour atteindre la soixantaine de personnes. Nous sommes intégrés au groupe VYV créé en 2017. Devenu premier acteur de santé et protection sociale en France, VYV réunit Harmonie Mutuelle, MGEN, MNT, MGEFI et d’autres mutuelles. Un Français sur 6 est couvert par une mutuelle du groupe. Cela nous donne un poids indéniable sur le marché.

La constitution du groupe VYV permet aussi d’investir sur la santé du futur ?
L’innovation fait partie des enjeux en effet. Nous sommes déjà très actifs dans les domaines de la télémédecine et de la téléconsultation et nous sommes partenaires de nombreuses initiatives locales tournées vers ces sujets. Nous avons d’autres domaines qui nous intéressent, comme celui du logement social. Nous envisageons un rapprochement avec le groupe Arcade dès cette année.

Quels sont été les effets de la généralisation de la complémentaire santé dans toutes les entreprises (loi ANI) ?
Cette mesure a transformé notre portefeuille avec une majorité d’adhérents issus des entreprises (54 % contre 45 % auparavant). Cela a été bénéfique car la loi a permis la couverture santé par l’ensemble des salariés.

En quoi consiste votre programme La santé gagne l’entreprise ?
La prévention dans les entreprises fait partie de nos priorités. Selon notre observatoire du bien-être au travail, 92 % des dirigeants sont convaincus des bienfaits d’une campagne de prévention sur le bien-être au travail et il y a une forte demande des salariés (67 % sont en attente d’amélioration de leurs conditions de travail). Pour autant, c’est encore souvent perçu comme un coût. À nous de faire comprendre aux chefs d’entreprises, via notre programme La santé gagne l’entreprise, que travailler sur la performance sociale permet d’agir sur la performance économique et globale de l’entreprise. Diminution des arrêts de travail, engagement des collaborateurs… Le retour sur investissement a été évalué : pour 1 € investi dans la prévention et promotion de la santé en entreprise, on prévoit plus de 2 € de rendement.

Quels types d’actions pouvez-vous proposer aux entreprises ?
En région, nous avons déjà occasionné plus d’une centaine de rencontres avec des entreprises. 25 actions concrètes ont été menées en 2018. Nos interventions peuvent prendre plusieurs formes : des campagnes de sensibilisation, des actions de formations sur des thématiques différentes comme les risques de TMS, les troubles du sommeil, l’addictologie, le stress etc., ou encore un accompagnement sur-mesure comprenant un diagnostic par des professionnels et un programme d’actions. Nous organisons aussi des campagnes de sensibilisation et de prévention auprès des entreprises. À titre d’exemple, il y a eu une conférence l’an dernier sur la méditation en pleine conscience en partenariat avec la clinique Aufrery à Toulouse : 300 personnes du monde de l’entreprise ont participé.

Sur la thématique du bien-être au travail, Harmonie Mutuelle applique elle-même des actions significatives ?
Il y en a beaucoup ! Pour n’en citer que deux, nous avons mis au point un baromètre du bien-être au travail qui interroge chaque salarié qui répond à 80 questions anonymement. Nous mettons aussi en place le télétravail progressivement depuis deux ans et le retour est positif sur cette pratique, tant du côté des managers que du côté des télétravailleurs (ils sont une trentaine aujourd’hui dans notre zone géographique). Je suis persuadé que les entreprises qui réussissent sont celles qui investissent aussi dans le capital humain.

Le reste à charge zéro a déclenché des débats dernièrement. Comment arriverez-vous à cette offre sans monter les cotisations ?
Nous soutenons cette mesure car elle évite le renoncement aux soins pour raisons financières. Je rappelle que 60 % des Français ont renoncé à se soigner durant les 5 dernières années. Évidemment, comme pour toute mesure, on peut s’attendre à des effets d’aubaine avec une possibilité de surconsommation, mais franchement je ne suis pas sûr que les gens se ruent chez le dentiste pour le plaisir ! Nous proposons déjà un RAC minimal très bas pour l‘optique, l’audio et le dentaire, par exemple de 75 € (contre 160 € pratiqué ailleurs) pour une paire de lunettes de qualité. Cela, grâce à un réseau de conventionnement, Kalixia, constitué par notre groupe VYV (en tout 900 services de soins et d’accompagnement). Pour ce qui est du financement des cotisations, nous sommes déjà à moins de 1 % d’augmentation de cotisation en 2019, soit en dessous de l’augmentation du coût de la santé. Pour les plus de 55 ans, nous sommes depuis 2 ans à zéro hausse (hors effet de tranches d’âge). C’est en actionnant l’ensemble des leviers 100 % santé, conventionnement, généralisation du tiers payant que nous pourrons améliorer l’accès aux soins pour tous les Français.