Hervé Bonin :  Khimera lancera son 1er jeu vidéo de « Survival Journey »

« Nous saurons dès le premier mois après le lancement du jeu quelle sera sa valeur ? » explique Hervé Bonin. Il a fondé avec 6 étudiants de l’ETPA-ESMA basée à Auzeville-Tolosane, une société de développement de jeux vidéo, Khimera accompagnée pendant 18 mois par l’incubateur régional Nubbo. L’idée est de lancer un nouveau genre, le « Survival Journey » avec un 1er titre « Cendres », une aventure morale de survie dans un monde ravagé par une apocalypse volcanique où les joueurs s’impliquent dans toutes les décisions.

La campagne de communication sera lancée dès ce mois d’août au Gamescom à Cologne en Allemagne, à la Paris Games Week, au prochain Toulouse Games Week avant la commercialisation au 1er trimestre 2020. Khimera au bout d’un an de travail s’attaquera d’entrée au marché mondial des jeux vidéo indépendants avec des versions françaises, anglaises, espagnoles, allemandes en visant  l’Europe et l’Amérique du Nord. « L’accès au marché est très facile via les plateformes de téléchargement. Nous développons le jeu sur Windows avec une population cible de 50 millions d’utilisateurs entre 20 ans et 35 ans. Le risque financier se limite à une année d’investissement quand les grands projets de jeux peuvent mobiliser plusieurs centaines de développeurs sur trois à cinq ans. Nous avons déjà testé l’idée. La vrai barrière c’est d’arriver à se faire connaître » relate Hervé Bonin qui connaît très bien tous les rouages du secteur. Ce toulousain d’origine, après un DUT en math physique et un master en ingénierie d’affaires, a débuté sa carrière à Paris dans une SSII en intervenant  sur un projet pour la Lufthansa à Francfort. Il rejoint ensuite une 1ere société de jeu vidéo et créé sa 1ère entreprise qui n’aboutit pas. Il intègre de nouveau une SSII et travaille entre autres pour Sagem dans l’avionique. Retour au jeu en 2008 en fondant avec plusieurs associés, Dontnod Entertainment à Paris qui connaît un succés mondial avec Life Is Strange. Il quitte la société qui emploie 160 salariés en 2015. Cherchant à revenir sur Toulouse, il est séduit par le projet de fin d’études de 7 étudiants de l’Ecole d’Auzeville-Tolosane. Six d’entre eux décident de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale avec Khimera. « Nous n’avons pas l’ambition de devenir une licorne. Nous grossirons s’il y a des opportunités » explique Hervé Bonin. Khimera envisage de décliner le « Survival Journey » dans plusieurs univers.

 

Toulouse, une place forte du jeu vidéo ?

« Toulouse a les atouts pour devenir une plateforme de jeux vidéo » commente Hervé Bonin. A Bordeaux, à Montpellier, des acteurs du jeu vidéo et des entreprises comme Ubisoft animent la filière.  A Toulouse l’écosystème est au moins aussi favorable avec des écoles, des compétences informatiques, en intelligence artificielle, dans la réalité augmentée, le calcul temps réel «mais on a besoin d’entreprise. Le marché du jeu vidéo est pourtant colossal bien supérieur à celui du cinéma. Il attire les jeunes».