Olivier Rolland. Le nouveau directeur du laboratoire TWB vise le 1er rang européen

Oivier Rolland, directeur exécutif de TWB. Crédit : TWB/ Baptiste Hamousin

A la tête du laboratoire TWB, Toulouse White Biotechnology, Olivier Rolland reprend le flambeau du fondateur Pierre Monsan avec l’ambition d’être leader européen dans le domaine des biotechnologies industrielles.

 

Depuis son arrivée au laboratoire TWB en janvier 2019, Olivier Rolland vise la poursuite de la croissance. Une belle courbe de développement que Pierre Monsan, le fondateur de la structure, avait déjà commencé à dessiner. Dans sa continuité de son prédécesseur, le nouveau directeur de placer la barre très haut : il vise le leadership européen et entend placer le laboratoire dans les hits mondiaux dans le domaine des  biotechnologies. Dès 2025, cette  structure originale d’accompagnement à l’industrialisation devrait parvenir à s’autofinancer à 100 %, via ses contrats industriels. Mais à côtés de ses ressources privées, TWB compte bien continuer à s’appuyer sur des  financements publics : le PIA dont bénéficie TWB (20 M€ au total, 10 pour l’équipement, 10 pour le fonctionnement) s’achève dans 9 mois et Olivier Rolland cherche déjà renouveler cet apport public qu’il juge essentiel : « Les fonds publics nous permettent d’anticiper sur le long terme et de garder un pas d’avance par rapport à la concurrence », explique ce chimiste de formation (Université Paul Sabatier et MIT aux Etats-Unis), âgé de 38 ans, qui a pu constater l’engouement actuel pour les biotechnologies dans le monde entier. Dans ce contexte fortement concurrentiel, il  tient à ce que TWB maintienne une place prépondérante.

Une dimension internationale à renforcer 
Il reprend les rênes d’une structure financièrement saine (CA 2018 : 8 M€, effectif : 90 personnes, dont les salariés des start-up hébergées) qui dégage un résultat de 0,74 M€ et qui bénéficie déjà d’une belle image internationale. Un rayonnement mondial qui s’illustre par la forte fréquentation d’étrangers aux événements phares qu’organise le laboratoire, comme le « TWB start-up day » (130 personnes représentant 11 pays, en février dernier) ou l’EFIB 2018, European Forum of Industrial Biotechnology and the Bioeconomy (500 visiteurs, 31 nationalités), l’automne dernier. Mais c’est aussi dans ses contrats industriels et les start-up hébergées que l’on peut constater la dimension internationale du laboratoire. Le consortium composé de structures publiques, d’industriels, d’investisseurs (dont le groupe local Irdi Soridec Gestion) a signé avec le numéro un de la chimie au Brésil, Braskem, en plus de deux acteurs français : l’IFP Energies Nouvelles et Millidrop, start-up émanant de l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles.

Une soixantaine de projets de recherche
Pour 2019, cinq nouveaux membres sont déjà annoncés : BioC3,  IMean, Veg’Extra, le néo-zélandais Green Spot Technologies et l’allemand 2p-Labs. Le consortium (adhésion de 5 000 à 75 000 euros avec une implication sur trois ans) comprend actuellement une cinquantaine de membres. 60 projets ont été conduits en 2018, dont 40 nouveaux, équivalent à un montant de 29,1 M€. Parmi ces projets pouvant peser plusieurs millions d’euros, il y a celui porté par la société chinoise Adisseo, du groupe Bluestar,  qui passe à la phase pilote pour  la production biologique d’une molécule entrant dans la composition d’aliments pour animaux. On peut aussi citer le programme de Micropep Technologies, start-up issue du CNRS, qui a levé 4 M€ en mars 2018 pour développer des peptides permettant  de contrôler ou bloquer la croissance des végétaux. 
TWB a été récemment présélectionné pour participer au montage d'un nouvel institut, Ibisba, qui a pour ambition de fédérer les forces de R&D européennes pour créer une infrastructure de recherche dédiée au développement de la biologie synthétique. Déjà une belle avancée sur le terrain européen. 

Encadré 1 : De nouveaux murs en 2020
TWB bénéficie d’un équipement dernier cri et son accompagnement vers l’industrialisation attire les start-up venant des 4 coins de France mais aussi de l’international. Six start-up sont hébergées dans ses murs aujourd’hui : Enobraq, Bio C3, Micropep Technologies, Pili ainsi qu’Imean et Green Spot Technologies arrivées récemment. Avec un déménagement prévu fin 2020 dans de nouveaux locaux, sur le site de l’école d’ingénieurs Insa de Toulouse, TWB souhaite augmenter sa capacité d’accueil de start-up. D’un budget de 6,5 M€, les travaux en cours permettront de doubler la surface par rapport au bâtiment actuel à Ramonville. Les futurs 3 000 m² permettront au laboratoire de continuer à accueillir une à deux start-up par an. Olivier Rolland compte renforcer la dimension internationale en continuant à intégrer des entreprises étrangères.