Yves Allibert, dirigeant d'Irrijardin : "une année assez spectaculaire dans notre secteur"

A la tête d’Irrijardin, Yves Allibert gère un réseau croissant de distribution en franchise de piscines, spas, accessoires et matériel d’arrosage. Comment le dirigeant de ce groupe de 119 M€ de chiffre d’affaires en 2020 fait-il face à la forte hausse de la demande ?

Vous annoncez une croissance d’activité de 30 % cette année. Effet covid ?

Jusqu’à 2020, nous connaissions une croissance à deux chiffres depuis six ans. Mais cette année, c’est assez spectaculaire. Nos produits font partie de ces biens de consommation qui ont connu un fort succès dès la sortie du premier mois de confinement. Tout comme pour le bricolage, les Français se sont tournés vers leur maison, leur bien-être et tout le monde a décidé au même moment de refaire son liner ! Il s’agit d’un phénomène de concentration des commandes au même moment… et c’est le même constat partout dans le monde !

D’où des difficultés d’approvisionnement et peut être une augmentation des coûts ?
L’approvisionnement est une de nos problématiques majeures aujourd’hui. Nous pourrions faire encore plus de chiffre cette année si nos fournisseurs pouvaient répondre à nos commandes !  D’une part les fabricants subissent les tensions sur les matières premières, d’autre part la demande est mondiale et, troisième point, les transports sont dans une situation tendue avec des containers manquants et des coût grimpants qui vont jusqu’à quadrupler. En bout de chaîne, nos prix sont inévitablement à 5 à 7 points plus. Nous nous adaptons en nous tournant vers des fabricants plus proches géographiquement mais ceux-ci ne sont pas nombreux en Europe et leur capacité de production n’équivaut pas à celles des Américains pour les spas ou celle des Chinois pour certains articles de piscine.

 

"Nous pourrions faire encore plus de chiffre si nos fournisseurs pouvaient répondre à nos commandes"

 

Qui dit croissance, dit nouvelles installations et nouveaux magasins ?

Avant la crise sanitaire, nous avions prévu la construction d’un nouvel entrepôt de 9000 m², à côté de notre siège à Noé, et cela est vraiment bien tombé ! Celui-ci est bâti et sera opérationnel dans les semaines qui viennent. Nous allons aussi démarrer une nouvelle construction à Meaux : un entrepôt de la même taille environ qui ouvrira fin 2023. L’idée est de simplifier l’approvisionnement de nos franchisés sur la partie Nord de la France mais aussi vers l’Allemagne qui présente un potentiel intéressant de développement, notamment sur l’équipement piscine. La Belgique est aussi dans notre viseur. Toujours sur l’export, nous avons aussi des projets en Espagne et notre grand entrepôt à Noé est bien placé pour livrer la Catalogne ou la région de Madrid. Côté magasins, notre réseau compte 6 à 8 ouvertures en moyenne chaque année. Pour cette année exceptionnelle de 2021, nous en aurons 10 à 12. A côté de l’export qui va démarrer, il y a encore de quoi faire en France où nous pouvons aisément viser les 200 magasins (120 aujourd’hui).

Vous venez d’accueillir votre nouveau directeur marketing et digital qui rejoint aussi le Comex, un signe fort de l’orientation digitale d’Irrijardin ?
Oui Julien Calamote vient d’arriver et ses enjeux sont de taille. Nos ventes par internet représentent 4 % de notre chiffre d’affaires mais je ne doute pas que nous atteignions les (...) la suite de cet article est à retrouver dans le numéro de novembre 2021 d'Entreprises Occitanie.