RECHERCE-INNOVATION : SATT, IRT…quels outils pour les entreprises innovantes ?

Dans le cadre du Programme d’Investissements d’avenir, plusieurs projets et dispositifs sont mis en œuvre pour soutenir les entreprises et les laboratoires en matière de R&D et réalisation de nouveaux produits et services. Gilbert Casamatta, président du PRES Université de Toulouse, a présenté les structures en cours de constitution et les dossiers d’actualité lors d’une « Tribune » organisée par la commission Innovation du Medef 31 sur le thème : « SATT, IRT…quels outils pour les entreprises innovantes ? »

Si sur les Labex, les Equipex, Toulouse n’a pas encore obtenu les résultats escomptés, sur la recherche partenariale la métropole a été particulièrement performante sur tous les fronts.

Midi-Pyrénées a obtenu 286 Meuros de financements (hors Institut de Recherche Technologique), occupant le 3ème rang après Ile-de-France et Rhône-Alpes.

La SATT, Société d’accélération du transfert de technologie est un projet qui trouve toute sa légitimité dans une région dont les dépenses en  R&D atteignent 4,2% du PIB (soit 3,4 Mds d’euros, 2/3 émanant du privé, 1/3 du public). D’où l’intérêt d’accompagner la maturation des résultats de la recherche, une étape risquée, une « vallée de la mort » volontiers désertée par les financeurs. La SATT aura vocation à soutenir cette phase où l’on prototype, teste la faisabilité…Des ingénieurs valorisation seront affectés à cette mission. Cette entité ne part pas de zéro, l’AVAMIP créée en 2006 et intégrée dans PRES Valorisation ayant ouvert la voie. La SATT incitera donc les chercheurs à transférer les brevets, à donner une suite aux résultats de la recherche publique, à créer des start-up en rejoignant l’incubateur Midi-Pyrénées (une vingtaine/an en prévision).
Point d’entrée unique entre les institutions académiques et les entreprises, cette SAS est dotée de 70 Meuros sur 10 ans. Participent à son capital, l’Etat via la Caisse des Dépôts à hauteur de 33%, le PRES (42%) et le CNRS (25%).  La structure dégagera des revenus pour parvenir à l’équilibre financier à moyen terme.

Porté par le PRES et l’association TOMPASS qui regroupe les industriels de l’aéronautique, espace et systèmes embarqués, l’IRT AESE (1) vient combler le vide en matière de maturité technologique et développement industriel, là où se noue l’intimité entre l’industrie et la recherche issue des laboratoires. Cette entité accompagnera plusieurs projets listés par domaines technologiques stratégiques. Elle disposera de 145 Meuros pour accomplir cette mission. Bordeaux avec ses plateformes matériaux haute température,  et biocarburants, est devenue partie prenante de l’IRT. Ce dernier qui aura le statut de SAS, aura un rayonnement international.

La SATT et l’IRT sont appelés à collaborer, l’Institut pouvant solliciter la SATT sur du conseil juridique, sur la négociation d’une mise à disposition de sa propriété intellectuelle qui pourrait intéresser des secteurs d’activité nécessitant une approche transverse (e-santé…).

Sur le volet Initiatives d’excellence, le PRES Université de Toulouse prépare le dossier de sélection Toulouse-Idex. 17 projets ont aussi été déposés sur le deuxième appel à projets Labex. La même dynamique sera engagée sur les prochains Equipex.

Parmi les sujets d’actualité, est conduite une réflexion sur l’Université Unique de Toulouse avec une organisation en collegium/schools. Si le modèle est bien adapté (exemples à l’étranger à l’appui) pour 30 à 40 000 étudiants, sa pertinence pour les 100 000 étudiants toulousains est à analyser.

Lors de la séance questions-réponses, Gilbert Casamatta a insisté sur l’entreprenariat, un esprit à cultiver chez les étudiants, sur le partage de l’information et de la recherche : nécessité d’aller plus vite que les autres faisant loi !

 Emma Bao
Diffusé le 28-11-2011

 (1)                 : l’Institut de recherche technologique aéronautique espace et systèmes embarqués