Relocaliser  la fabrication de médicaments en France : la Mepi conçoit l’usine du futur à l’aide de procédés intensifiés développés à Toulouse.

Procédé intensifié à la Mepi

Laurent Pichon, le président de la Mepi, la Maison Européenne des Procédés Innovants l’affirme, il est possible de réduire notre dépendance vis-à-vis de producteurs étrangers.

« Cependant, ce nouveau souffle souverain devra répondre à plusieurs contraintes techniques, économique et sociales. A l’aide de la rupture technologique que nous démontrons, nous sommes capables de fabriquer des médicaments et/ou des intermédiaires pharmaceutiques avec des réacteurs 10 000 fois plus petits que les installations industrielles classiques, et de ce fait réduire considérablement l’empreinte au sol des futurs centres de production. Autres avantages, les coûts de production baissent, ces procédés sont beaucoup plus sûrs et propres, facilitant leur acceptation sociale. De plus, ces nouvelles technologies permettent d’en mieux contrôler la qualité, générant moins d’impuretés, allégeant leur purification couteuse » explique Laurent Pichon.

Installée sur le Campus de Rangueil

La Mepi est aujourd’hui installée sur le campus de Rangueil à Toulouse. La crise sanitaire suscitée par le Covid-19 a entraîné une prise de conscience de l’opinion et des pouvoirs publics pour restaurer le principe de souveraineté. Celui-ci imposerait la relocalisation en France et en Europe de produits stratégiques comme ceux de la santé. « 80% des médicaments vendus en officine proviennent, ou sont en partie dépendants d’Asie, principalement d’Inde et de Chine. Ce changement d’attitude s’est déjà amorcé il y a moins de deux ans. La Chine a augmenté le rythme de fermeture de certaines de ses usines jugées trop polluantes et dangereuses. Cela induit des ruptures d’approvisionnement de médicaments dans le monde qui avaient déjà alerté les opinions publiques. De plus, la FDA aux Etats-Unis, préconise aujourd’hui l’adoption des procédés intensifiés, afin de mieux contrôler la santé de ses concitoyens.  La crise actuelle que nous traversons peut provoquer un nouvel élan. Nous sommes de plus en plus sollicités en France, en Europe, mais aussi par nos amis japonais » indique Laurent Pichon.

Vers la construction d’usines en Europe

Près de la moitié de l’activité de cette plateforme de recherche appliquée provient de l’industrie pharmaceutique et de façonniers de la chimie fine. Dans son laboratoire toulousain, la Mepi intervient en réalisant pour le compte de grands donneurs d’ordres, des études de faisabilité à l’échelle industrielle, des « POC » de ses procédés, pour la production, entre-autre, de principes actifs et/ou intermédiaires pharmaceutiques, avec déjà des références auprès des majors.  Afin d’accompagner la maturation de cette tendance, elle a aussi récemment noué un partenariat stratégique avec une société d’ingénierie basée à Labège, Deltaèdre. Celui-ci a débouché sur un premier contrat d’études avec une société française, en vue de la construction d’un laboratoire polyvalent. Deux autres études sont en cours dans le segment pharmaceutique, afin de développer pour le compte de façonniers européens, de nouvelles voies de synthèse, afin de remplacer des productions chinoises.

Partenariat avec Pierre Fabre à Gaillac

Mepi a aussi développé un partenariat avec l’un de ses fondateurs, les Laboratoires Pierre Fabre à Gaillac, pour proposer à ses clients une seconde source de production utilisant ses procédés intensifiés, dans un environnement règlementé particulièrement adapté. 

Elle peut aussi intervenir pour aider ses clients à développer de nouvelles voies de synthèses chimiques comme ce fut le cas avec Sanofi, un autre de ses fondateurs, il y a trois ans (1) en vue de la fabrication d’un anti-sida, en réduisant de 4 à une, les  étapes de sa fabrication, diminuant ainsi son coût par dix.

 (1) Voir Article par dans  Entreprises Midi Pyrénées en janvier 2017 :https://www.entreprises-occitanie.com/chimie-la-mepi-sollicitee-pour-reduire-le-cout-dun-medicament-contre-les-effets-du-sida