Réouverture de la mine de Salau en Ariège : la phase d’exploration en 2019

Dans les années 80, 150 emplois directs avaient été créé sur place
Hugo Schumann, directeur exécutif d’Apollo Minerals Limited

 

La mine de tungstène de Salau en Ariège sera-t-elle la première mine ouverte en France depuis 30 ans.  Située dans le Haut-Couserans, près de la source du Salat et de la frontière franco-espagnole sur la commune de Couflens, elle a déjà été exploitée entre 1971 et 1986.

 

L’arrivée massive de tungstène sur le marché mondial en provenance de Chine avait entraîné l’arrêt de l’extraction comme sur d’autres sites en Europe. Sur place il reste des bâtiments et un réseau souterrain de galeries.

Un challenge sociétal

Sa teneur exceptionnelle en tungstène, 1,5%, cinq fois plus que la moyenne, classe Salau,  « dans les 3 premières gisements au monde » indique Hugo Schumann, directeur exécutif d’Apollo Minerals Limited, le groupe minier australien qui a acquis le permis de recherche délivrée par l’Etat en 2016. L’exploitation n’est toutefois pas envisagée avant cinq ou six ans au mieux. Si toutes les conditions technico-économiques environnementales et la licence minière  sont finalement réunies, les dirigeants d’Apollo Minerals savent que le challenge principal sera de faire accepter le projet face à des opposants déjà très actifs et motivés. Les exemples récents, Notre Dame-des-Landes et Sivens montrent l’énorme difficulté à mener jusqu’à son terme des projets d’aménagements en France. Malgré l’organisation de référendums locaux favorables, le soutien des pouvoirs publics, des organisations professionnelles....au dernier round le lobby des opposants, des zadistes et antitout, gagne souvent le match ! L’Ariège renouera-t-elle avec son histoire minière ?

Un minerai stratégique

Le groupe australien apparaît toutefois déterminé à mettre tous les atouts de son côté avec de solides arguments. Le tungstène est devenu un métal stratégique classé par l’Union européenne dans les métaux rares critiques, utilisés dans les filières aéronautiques (alliages spéciaux, pièces moteurs…), militaires, automobiles entre autres. Hors la Chine détient aujourd’hui un quasi-monopole avec 80% de la production.  Sa sécurité d’approvisionnement  est du coup loin d’être garantie…pour Airbus. La Chine il y a cinq ans avait déjà fait monter la fièvre sur les cours mondiaux des terres rares dont elle est l’une des principales sources. « Avec la seule mine de Salau la France et l’Europe pourraient garantir leur sécurité d’approvisionnement pendant plusieurs dizaines d’années ».

150 emplois dans les années 80

L’impact sur l’emploi ne serait pas neutre. Sans indiquer de chiffre précis, le dossier d’Apollo Minerals rappelle que dans les années 80, 150 emplois directs avaient été créé sur place. « Dans nos métiers, un emploi dans une mine entraîne 5 emplois supplémentaires ».  Aujourd’hui sur place, Apollo Minerals emploie 4 personnes pour la sécurité du site  avec un bureau à Toulouse. « Notre souhait c’est de recruter prioritairement dans la région à compétence égale ».