SANTE : Diagnostiquer en une seule opération les légionnelles avec la DendrisChip

C’est une rupture technologique. La start-up toulousaine Dendris lance une nouvelle génération de diagnostics in vitro économiques, fiables et rapides. Si l’emploi d’une puce ADN n’est pas une exclusivité, l’utilisation des Dendrimères, une innovation brevetée, permet à la PME de maintenir une longueur d’avance sur la concurrence.

Le système mis au point cumule plusieurs avantages dont le multiplexage. Avec une seule lecture, on obtient l’identification de plusieurs bactéries.  La première application conçue en partenariat avec l’Institut Pasteur de Lille, arrive sur le marché. Elle concerne les légionnelles, omniprésentes entre autres dans les tours réfrigérées. On en dénombre 49 espèces dont 21 pathogènes pour l’homme. Leur détection en une seule manipulation s’effectue en 5h30 contre 48h avec les méthodes conventionnelles. Une performance qui devrait séduire d’entrée tous les laboratoires d’analyse : hospitaliers, cliniques, structures indépendantes. Le prix est aussi un atout majeur. A partir de 65 euros, plusieurs bactéries sont décelées d’un seul coup.

Le modèle économique de la PME passe par des partenariats scientifiques et industriels. C’est la voie qui permet de contourner la barrière d’entrée dressée par les géants du secteur. « Le partenaire est le premier client qui amorce la pompe » déclare Richard Fabre, un des fondateurs de Dendris en évoquant les prochaines applications. La détection des principaux agents responsables d’infections pulmonaires est en cours de développement en partenariat avec les laboratoires BIOPOLE.. Des travaux sont également conduits sur le pronostic de récidive du cancer du sein avec le Centre Claudius Regaud et le LAAS sollicité sur l’analyse statistique des biomarqueurs. Ce projet, soutenu par l’ANR, s’étale sur 3 ans. Dans le domaine agroalimentaire, l’enjeu est de réaliser à brève échéance une DendrisChip identifiant en une seule opération et par multiplexage,  une douzaine de bactéries  responsables d’intoxications alimentaires. Dans la spécialité dentaire, repérer les bactéries du parodonte avant la pose d’implants permettra d’éviter le recours systématiques aux antibiotiques.

En fait, l’entreprise est capable de développer une application entre 6 à 8 mois, en raison du savoir-faire de  l’équipe bien rodée à présent et des capacités bio-informatiques. Pour optimiser le process, l’objectif est d’introduire davantage d’automatisation dans le cycle du diagnostic. Le potentiel commercial est énorme, « Partout où il y a de l’ADN et du multiplexage, on peut faire ! » conclut Richard Fabre.

 Emma Bao

En notes :

-Dendris a été créée en 2009
-Recherche sur les Dendrimères conduite par le LCC (CNRS) et le LISBP (Insa) ; elle a débouché sur un dépôt de brevet en 2003.
-Une équipe pluridisciplinaire : Michel Corbarieu, Président. Un conseil d’orientation scientifique composé de : Jean Pierre Majoral, Richard Fabre, Jean-Marie François, Alain Léonard. 4 collaborateurs travaillent sur le volet technique.

Encadré

Le Kit Dendris

Dendris propose une solution globale intégrant la DendrisChip, la puce ADN dédiée au multiplexage moléculaire in vitro. Un scanner de fluorescence conçu par INNOPSYS assure la  lecture de la lame,  un software  (avec un algorithme pour chaque application) fournit le diagnostic. A l’instar d’une « grille de bataille navale », apparaissent sur l’écran des spots allumés avec les espèces bactériennes diagnostiquées.

Encadré

Le marché

Le marché de la microbiologie est estimé à 6 milliards d’euros. La biologique moléculaire représente 14% de l’activité. La personnalisation des soins avec des traitements ciblés exige des diagnostics spécifiques. La solution de Dendris facilite cette approche.

« Nous démocratisons l’usage en rendant accessible à tous les laboratoires le meilleur de la technologie » souligne Richard Fabre en charge des ventes.

Diffusé le 21décembre 2011