SANTE : Raymond Le Moign, Directeur général du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse : « être à l’avant-garde sur les soins, l’innovation et la formation »

 

 
Raymond Le Moign

Le CHU de Toulouse est l’un  des plus gros employeurs de la région ; il a investi près d’1 milliard d’euros ces 5 dernières années. Les réalisations se sont succédé à un rythme accéléré avec l’ouverture de l’hôpital de psychiatrie, le nouvel ensemble immobilier Pierre Paul Riquet, celui dédié aux urgences réanimation-médecines (URM), le Pôle régional d’enseignement et de formation aux métiers de la santé, l’Institut Universitaire du Cancer sur l’Oncopôle… La rénovation de l’hôpital de Rangueil est quasi achevée, deux bâtiments ont été refaits à neuf, le troisième (le H2) le sera fin 2017.
Avec ce chantier terminé, la fin des « hôpitaux miroirs », des grands hôpitaux de Purpan et Rangueil, se profile. Elle sera achevée avec le regroupement de toute l’activité du pôle Digestif à Rangueil en 2018.

Regrouper les hôpitaux publics du 31 et du Tarn Ouest

 « Nous avons rénové ou construit à neuf 80% du CHU de Toulouse» explique Raymond Le Moign, directeur général en évoquant le « Plan Avenir » dans lequel s’inscrit ce processus de modernisation. Il y aura davantage de chirurgie ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Il entend également poursuivre le développement d’une biologie, d’une pharmacie et d’une imagerie de référence.

Cohérence et collaboration sont aussi à l’ordre du jour avec le travail mené sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Les 7 établissements de santé qui constituent ce groupement (ceux du 31 ainsi que ceux de Lavaur et Graulhet) entament une concertation pour  définir un plan de développement commun.  

Quatre grands défis à relever

La médecine connectée, avec la télémédecine et les objets connectés, apparaît comme une première priorité.

Autre défi : que doit faire l’hôpital pour intégrer les évolutions d’une médecine de plus en plus personnalisée ? Une part croissante des  traitements dispensés devra à l’avenir tenir compte de l’historique du patient, de son profil génétique.

La médecine prédictive constitue le 3ème enjeu. Il s’agit de prévenir la survenue de pathologies…

Le dernier défi, c’est la médecine de « parcours ». L’hôpital peut jouer  un rôle en amont et en aval de l’hospitalisation. Il importe de garantir une prise en charge globale des affections chroniques et de favoriser la coordination de l’intervention de l’ensemble des professionnels.

Aux avant-postes en matière d’innovation

La recherche tout comme l’enseignement et la formation font partie des grandes missions de l’hôpital. En matière d’innovation, une démarche volontariste est engagée pour développer des partenariats avec les industriels, PME et start-up. Plusieurs initiatives ont été lancées pour encourager les dépôts de brevet et valoriser les travaux développés par les équipes du CHU. La plateforme Edit d’évaluation des dispositifs médicaux favorise la mise en relation entre les entreprises de la filière et les équipes médicales (l’édition 2017  du Forum annuel de la plateforme se tient le 12 janvier). La première édition du colloque  « Med’in Toulouse, de l’invention au patient » organisée en novembre a sensibilisé les professionnels de santé sur les enjeux en matière de protection des innovations et de transfert vers le monde industriel. Au sein de l’Institut Universitaire du Cancer, le CHU œuvre en étroite collaboration avec les sociétés de biotechs, le pôle Cancer Bio Santé et l’ensemble de l’écosystème local.

« Les technologies numériques, le partage de l’information, la transversalité et le travail collaboratif sont au cœur de toutes nos actions. Le CHU doit jouer un rôle d’éclaireur et rester à l’avant-garde sur les soins, la recherche et l’enseignement » conclut Raymond Le Moign.

En interne, le CHU met tout en œuvre pour favoriser la collaboration interdisciplinaire, recourant à de nouvelles pratiques de gestion de projets : rassembler en une unité de lieu des équipes d’horizons variés, mobiliser autour de projets transversaux,  fédérer plusieurs spécialités médicales autour d’un pilotage unique…

 
Emma Bao
Diffusé le 1er décembre 2016


Une santé équitable, accessible à tous


Si le budget national de la santé n’est pas en baisse, les dépenses de santé vont croître à nouveau de près de 2% par an, l’hôpital doit néanmoins gérer efficacement ses ressources. Le système de santé, et les établissements de santé en premier plan, est aujourd’hui confronté à des questions de fond en lien avec la préservation d’un accès aux soins pour tous. Comment garantir une médecine équitable et sans « file d’attente » ? Comment financer l’accès aux innovations thérapeutiques pour tous? « Nous devons adapter nos organisations en conséquence pour défendre et promouvoir une médecine performante à disposition de tous les citoyens » argue Raymond Le Moign.


Collaboration avec les établissements privés

A Toulouse, la collaboration avec les cliniques privées est engagée depuis plusieurs années sur des thématiques de santé publique comme l’éducation thérapeutique, la prévention de l’obésité, ou l’hospitalisation à domicile (HAD). Avec la clinique Pasteur par exemple, un projet de serious games santé a vu le jour dans le domaine de HAD pédiatrique. Un partenariat solide existe avec la clinique des Cèdres sur la radio-chirurgie stéréotaxique.  


Une politique d’achats responsables

Le CHU travaille avec quelque 2700 fournisseurs pour un budget achats de 400 M€. Soucieux de valoriser le tissu économique local et par là même favoriser la création d’emplois, le centre hospitalier a signé la charte Small Business Act mise en place par Toulouse Métropole.

 

 

Le CHU en chiffres

3000 lits et places

14 000 personnes

260 000 séjours

1,1 Mds€ de budget

600 000 m2 répartis dans et autour de l’agglomération toulousaine.

4ème Centre Hospitalier Universitaire de France

 


Que les entreprises abondent l’Institut Saint-Jacques Toulouse

Cette structure de droit privé à but non lucratif a été créée par le CHU afin de recevoir des dons de toute nature, émanant des particuliers, des entreprises ou d’autres fondations. Cette aide financière est destinée à soutenir la recherche et l’innovation (nouveaux modes de prise en charge, nouvelles technologies….), à améliorer la qualité des soins et l’accueil des familles (mise à disposition d’ordinateurs pour les jeunes patients, animations pour les enfants…) et à valoriser le patrimoine historique (Hôtel-Dieu Saint-Jacques…). Bénéficiant du régime fiscal du mécénat (réduction d’impôts pour les entreprises égale à 60% du don), ce fonds de dotation permet de mener à bien plusieurs projets comme la rénovation des sols et mâts de la Salle des Colonnes, la préservation de la chapelle, la prévention de la dépendance chez les personnes âgées fragiles, le développement de la chirurgie robotique, l’accompagnement des enfants dialysés ou transplantés dans leur vie quotidienne…

Pour renforcer ses moyens, cet Institut souhaite mobiliser davantage les entreprises de tous secteurs d’activité et initier de nouveaux partenariats. Afin de dynamiser le mécénat et s’ouvrir à d’autres donateurs que ceux opérant dans le secteur de la santé (laboratoires pharmaceutiques…), un dîner qui rassemblera les premiers mécènes  est organisé le 26 janvier prochain.