SeqOne. Les champions de la bioinformatique visent l'international

L'équipe de SeqOne, installée à Montpellier.

Depuis Montpellier, les trois cofondateurs de SeqOne Nicolas Philippe, Guillaume Buwalda et Jean-Marc Holder développent une plateforme d’analyse des données génomiques. Un outil performant d’aide à la décision, boosté par une récente levée de fonds de 3 millions d’euros.

 

Avec un premier tour de table de 3 millions d’euros annoncé en mars dernier, SeqOne trouve les moyens de poursuivre ses axes ambitieux de développement. « Cette levée de fonds nous permet de démarrer l’exportation de notre outil et de poursuivre nos actions de R&D afin d’enrichir notre plateforme pour extraire de plus en plus de données et fournir une analyse d’autant plus enrichie », explique Jean-Marc Holder qui a rejoint Nicolas Philippe, Guillaume Buwalda, les deux premiers associés de SeqOne. Ceux-ci planchaient depuis quelques années sur une solution intelligente d’analyse des données issues du séquençage des génomes. Une solution gourmande en intelligence artificielle. Nicolas Philippe est bio-informaticien (auteur du logiciel CRAC mondialement utilisé) et Guillaume Buwalda, issu de la fintech, est spécialisé dans les systèmes informatiques sécurisés et performants. Les deux amis ont démarré leur projet en 2014 avec l’appui de la SATT AxLR et ont créé leur entreprise en mai 2017. Jean-Marc Holder, après une expérience professionnelle chez Apple et Palm, est arrivé dans l’entreprise  fin 2016. Il s’est penché sur le modèle économique de la start-up qui se rémunère en vendant des licences d’exploitation et en proposant des services d’analyse sur mesure. Dans le capital SeqOne, ils sont aujourd’hui 5 associés privés, aux côtés d’organismes comme la Satt et des nouveaux investisseurs Irdi Soridec Gestion, Bpifrance et Elaia arrivés en mars dernier.

Médecine génomique, une tendance forte
« La médecine personnalisée devient chaque jour davantage une réalité. Dans ce contexte, la génétique joue un rôle important et concret en sortant du pur cadre de la recherche » explique Jean-Marc Holder qui ajoute qu’avec la forte baisse des prix du séquençage, le recours aux données génomiques ne peut qu’augmenter. La demande est donc là, mais il restait un problème à résoudre : la complexité et donc le coût de l’analyse et de l’interprétation des données. La plateforme créée par SeqOne a l’ambition d’optimiser ces analyses  qui « doivent  être aussi indolores, en terme de coût,  qu’une analyse sanguine» ajoute l’expert.

En route pour l’export
Installée au CHU de Montpellier (incubateur) l’équipe  de SeqOne s’agrandit peu à peu  et va passer de 10 personnes début 2018 à une vingtaine cet été. Un déménagement est prévu pour bientôt, histoire de pouvoir continuer à recruter. Les embauches se font sur la R&D et sur l’activité commerciale. Sur le plan national, SeqOne travaille déjà avec 5 CHU et est en phase d’évaluation avec une dizaine d’autres. Trois laboratoires privés actifs dans la génétique ont testé l’outil développé par la start-up : Cerba, Biomnis, et Labosud. Un second tour de table, de plus grande ampleur, pourrait suivre dans les 24 mois, histoire de financer le grand rayonnement international de SeqOne que prévoit avec assurance la jeune start-up.