Sophie Pautot : Des modèles 3D de tissue neuronaux pour comprendre et combattre les maladies du système nerveux!

Sophie Pautot, fondatrice de Synaxys

« Aucune solution thérapeutique ne fonctionne pour stopper  les maladies dégénératives comme la sclérose en plaques ou Alzheimer. Il faut innover » relate le docteur Sophie Pautot, spécialisée en ingénierie neuronale in vitro. Cette chercheuse conçoit des modèles de culture 3D, basés sur l’utilisation de cellules souches neuronales, capables de reproduire le fonctionnement du cerveau. Ces modèles viennent remplacer les essais sur animaux et améliorer les modèles in vitro actuels, pour mieux évaluer les nouveaux traitements en cours de développement et mieux comprendre les pathologies.

Elle est aujourd’hui hébergée à l’Oncopole, dans les locaux de l’ITAV, l’Institut des technologies avancées en sciences du vivant. Son projet NeuroPharm visant à étudier comment les cellules tumorales envahissent un système nerveux sain a été retenu dans le cadre d’un appel d’offre lancé par la fondation Toulouse Cancer Santé en 2016 ce qui a contribué à  l’implantation de cette chercheuse de haut niveau en Occitanie. Après un DEA à Bordeaux en chimie-physique, S. Pautot a travaillé 18 ans hors de France, 12 ans aux USA où elle a passé sa thèse, puis 6 ans en Allemagne. En 2015, cette paloise met le cap sur Toulouse avec la volonté de poursuivre  la maîtrise de ses travaux de recherche et d’en diffuser ses bénéfices largement au travers d’un projet entrepreneurial qui se matérialise en mars 2018 avec la création de sa société Synaxys. Un projet construit pas à pas ; initialement accompagnée par Nubbo, l’incubateur d’entreprise régional, elle décroche une bourse French Tech de la BPI. Son étude de marché et sa formation à la gestion d’entreprise, elle la peaufine durant un an en suivant le cursus Challenge Plus à HEC où elle rencontre son associé Michel Fareng ariégeois et HEC75.

Avec Synaxys,  l’ambition est de vendre des services de R&D aux laboratoires académiques et à l’industrie pharmaceutique en livrant des données précliniques directement exploitables par les laboratoires pour évaluer le potentiel thérapeutique des nouveaux traitements contre les maladies du système nerveux. « Notre technologie de réseaux neuronaux est transversale et configurable, aujourd’hui ciblée sur la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaque et l’autisme, mais à terme utilisable dans toutes les maladies neuronales » indique S. Pautot. Ses avantages ? « Un gain de temps, s’affranchir de l’expérimentations animale tout en obtenant une meilleure appréciation des effets d’une molécule sur des neurones humains. Aujourd’hui, 80% des molécules sélectionnées avec les modèles animaux sont abandonnées après plus de 5 ans de recherche par manque d’efficacité sur le système nerveux ou pour toxicité chez l’homme. Nous offrons le premier modèle humain reproductible prêt à emploi au bout d’une dizaine de jours capable d’améliorer le processus de sélection des molécules».