SPATIAL : le centre d'essais Intespace prépare d'importants investissements

 


Salle Mistral : base compacte des mesures d'antennes
Intespace (1) fêtera le 21 mai prochain son trentième anniversaire. Le centre d’essais en profitera pour présenter ses projets de développement. Le site de Toulouse situé sur le bord du Canal du Midi va bénéficier d’un programme d’investissement significatif sur 2013-2017. Intespace souhaite franchir un nouveau cap en s’appuyant sur une offre globale intégrant l’ingénierie, la réalisation des essais et le support avec le logiciel DynaWork®.
Cette dynamique s’appuie sur une activité en croissance continue réalisée avec des clients du monde entier, en concurrence avec d’autres centres d’essais en Allemagne, en Asie….L’entreprise est implantée sur trois sites à Toulouse, à Elancourt en région parisienne et aux Pays-Bas. En 2006, Intespace réalisait un chiffre d’affaires de près de 10 M€ avec 120 salariés, l’an dernier la charge a généré près d’une cinquantaine de millions d’euros sur les trois activités avec 190 salariés. L’objectif d’équilibrer la part des affaires provenant de la filière spatiale avec d’autres secteurs industriels est atteint, soit 50/50. Airbus est ainsi devenu le 1er client devant Astrium suivi entre autres par le  groupe Safran, Liebherr, Thales Alenia Space, le Cnes, l’ESA, MBDA …. Le design du nouveau site internet met en avant l’offre globale du centre d’essais devenu le cheval de bataille de l’entreprise. Plutôt que d’aligner les compétences dans la réalisation des essais mécaniques, climatiques de CEM,… la conception des bancs ou le support informatique, l’idée est d’avoir un positionnement plus large marquant l’évolution du centre. L’illustration la plus importante est en cours avec la campagne d’essais statiques de l’A350XWB, sur le site d’Airbus dans le bâtiment L34. Intespace pilote en partenariat avec DGATechniques aéronautiques, (anciennement CEAT), l’ensemble des essais statiques de la cellule MSN 5000 A350. Une centaine de personnes participent à ce projet avec les partenaires et fournisseurs. Les études d’ingénierie ont démarré il y a trois ans suivies par l’installation des moyens d’essais connectés à l’avion. Il est prévu que la campagne d’essais s’étale sur environ 1 an allant jusqu’à la rupture des structures. Ce type d’essais permet de vérifier les marges de résistance calculées sur ordinateur par les bureaux d’études. Les millions de données enregistrées et leur exploitation sont supportées par la plateforme logicielle MyTest qui utilise la technologie  DynaWork®, et serviront à la certification du programme. « C’est un exemple concret qui illustre l’ensemble de nos savoirs -faire en association avec les compétences de la DGA en matière de grands essais de structure aéronautique» relatait Frank Airoldi, le pdg d’Intespace. Les opportunités de ce type sont exceptionnelles mais Intespace peut viser d’autres avionneurs sur des projets moins gros dans l’aviation régionale ou dans d’autres secteurs comme le ferroviaire.
Avec le logiciel DynaWork® , Intespace, éditeur et utilisateur, possède une carte maîtresse pour maîtriser le temps de cycle des essais avec l’analyse, le traitement et la gestion partagée des données. Des investissements conséquents viennent d’être réalisés pour sortir la nouvelle version V7 avec une mise à jour de l’architecture et de nouvelles fonctionnalités. Un des paramètres recherchés est de valider plus rapidement les résultats d’essais. Le client numéro 1 c’est aujourd’hui Snecma avec d’autres motoristes européens en attendant peut-être de séduire Rolls Royce. Parmi les références acquises le centre d’essais gère et héberge l’ensemble de la base de données pour les différents motoristes du moteur TP 400 de l’A400 M, en mode cloud. Aux USA, DynaWork® figure désormais dans le catalogue de l’US Navy. Tous les grands donneurs d’ordres du spatial en Europe utilisent DynaWork® .
Intespace va de nouveau investir significativement sur son site historique de Toulouse lancé en 1983 en élargissant ses capacités d’accueil. L’objectif au final est de réduire encore le temps de cycle des essais, le nerf de la guerre dans ce métier.  « Les essais de qualifications sont toujours sur le chemin critique vers la mise sur le marché. Tous nos investissements, l’innovation, cherchent à diminuer le temps de cycle et renforcer l’efficacité.» explique F. Airoldi. Cela fait partie des éléments qui comptent pour attirer  notamment les industries spatiales émergentes vers le centre d’essais toulousain devenu le 1er centre en Europe.

Jean Luc Bénédini
(1)          Filiale à 87 d’Astrium, 13% de Thales Alenia Space.
 
Rénovation-agrandissement du site toulousain
 
Après la mise en route en cours de sa centrale d’énergie, Intespace prévoit de démarrer à la mi-2013 un programme de rénovation agrandissement de son site toulousain qui va s’étaler jusqu’en 2015. Le bâtiment administratif Fourier actuel sera détruit, de nouvelles salles blanches (1200 m2) et des bureaux (2400 m2) seront réalisés en continuité physique avec les installations d’intégration satellite d’Astrium Astrolab améliorant la logistique et les flux. Le bâtiment Pascal sera ensuite rénové. Intespace en profitera pour remettre à niveau ses outils comme le contrôle commande. Un des enjeux sera de réaliser ces travaux sans pénaliser les activités opérationnelles du site.