Thales Alenia Space : en pleine transformation numérique

BANGABANDHU SATELLITE 1 - Reflectors deployment ©Thales Alenia

Les salles blanches du campus spatial de Thales Alenia Space à Candie ne désemplissent pas pour fabriquer les équipements, assembler les charges utiles et les plate-formes des nombreux contrats signés ces dernières années. Simultanément l’entreprise est en train de prendre le virage du newspace, l’innovation et de l’industrie 4.0. Quant au carnet de commande, l’année 2018 a été lancée par l’obtention du contrat KONNECT VHTS après une année 2017 très maigre.

Le marché mondial des satellites de télécommunication ouvert à la concurrence (hors marché institutionnel et militaire) s’est effondré depuis deux ans, passant de 20 à 25 commandes par an dans le monde à 15 en 2016 puis 8 en 2017. Chez Thales Alenia Space comme ses confrères, européen ou américain, les commandes ont chuté. «2017 est une année de transition, nos grands clients s’interrogent et reconsidérent les solutions classiques » indique Albert Cerro, le directeur du site Thales Alenia Space à Toulouse. Parallèlement l’activité du campus spatial n’a sans doute jamais été aussi forte, 46 satellites ont été lancés et mis en orbite en 2017. Le chiffre d’affaires de cette entreprise franco-italienne a progressé dans la foulée, passant de 2,4 milliards d’euros en 2016 à 2,6 milliards d’euros en 2017.

L’entreprise est en pleine transformation digitale impactant la conception, la production, les services : End to End. Exemple côté produit, le satellite  KONNECT VHTS commandé par Eutelsat,  est destiné à fournir de l’internet très haut débit fixe et la connectivité en vol.  Il emportera un tout nouveau processeur numérique, qui dixit Thales Alenia Space, sera le plus puissant jamais mis en orbite. KONNECT VHTS aura   une capacité de 500 Gbps en bande Ka, alliant flexibilité dans l’allocation de capacité, un usage optimal du spectre et un déploiement progressif du réseau au sol. La mise en service est annoncée en 2021 pour notamment couvrir la fracture numérique. Le projet s’est conclu avec les engagements de Thales pour la distribution de services de connectivité aux gouvernements mais surtout grâce à Orange qui commercialisera en Europe du THD fixe via ce satellite, une offre comparable à la fibre. Le gouvernement français s’est fortement investi sur ce dossier via le Cnes, l’Esa et les PIA 3. Le guichet  «cohésion numérique» de 100 millions d’euros qui sera lancé en 2019 financera les équipements nécessaires à la réception du très haut débit par satellite.