URBANISME COMMERCIAL : intégrer la préservation des terres dans la prise de décision

« Pendant plusieurs années sur la Haute-Garonne,  les extensions de surfaces ont été supérieures aux créations d’enseignes, une tendance qui  s’est inversée» constate Michel Roux, président du Conseil départemental du Commerce. Autre particularité, le taux d’équipement commercial sur le 31 reste supérieur à la moyenne nationale (voir encadré). La réforme en matière d’urbanisme commercial a changé la donne. Le DAC (1) constitue à présent le volet « commerce » des Schémas de cohérence territoriale (SCOT) établis par les collectivités locales. Les élus ont pris conscience de la nécessité de préserver les terres agricoles, sur lesquelles les grandes surfaces,  les magasins, les entreprises artisanales et industrielles avaient pris l’habitude de s’implanter, notamment aux abords des dessertes routières et autoroutières. Le renchérissement des matières premières alimentaires et leur raréfaction pèsent aujourd’hui dans la balance. « Notre région doit intégrer ce facteur et être vigilante quant à la nature des zones d’activités et privilégier leur caractère artisanal et industriel » souligne Michel Roux.

Parmi les dossiers d’actualité, figurent les projets Portes de Gascogne mais aussi l’étude sur l’axe Fenouillet pour harmoniser le développement tout le long de la route de Paris.

Concernant la consommation elle-même, elle s’est maintenue en 2010 avec quelques évolutions sur le type de consommation : progression du e-commerce, tassement des achats dans le hard discount, retour au commerce de proximité.

De plus, on note une forte attractivité de l’offre sur le département si bien que l’évasion commerciale atteint de très faibles proportions. La dépense commercialisable sur la Haute-Garonne s’est élevée à 7251 Meuros en 2009 (15 274 Meuros en Midi-Pyrénées).

L’accord pour limiter l’ouverture des dimanches et jours fériés  n’a aucun impact sur la consommation, a tenu a rappeler le président du CDC. Cette entente départementale renouvelé annuellement depuis 21 ans est exemplaire en France.

(1) En 2008, la LME, loi de modernisation de l’économie a réformé l’urbanisme commercial. Le Document d’Aménagement Commercial institué par la LME définit les zones d’aménagement commercial en considérant les exigences d’aménagement du territoire et du SCOT. Les nouvelles commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) auxquelles participent des élus et autres acteurs,  donnent leur autorisation pour les projets supérieurs à 1000 m2. Le Grenelle 2 du 12 juillet 2010 renforce la capacité des Scot à réguler les implantations commerciales.

 

Emma BAO
Diffusé le 26 janvier 2011

 

Encadré

Aire urbaine de Toulouse : un taux d’équipement commercial très élevé

 

 

 

Dans l’aire urbaine de Toulouse, les surfaces autorisées connaissent une baisse depuis 2007, passant de 66 000 m2 en 2006 à 47 200 en 2009. Toutefois, le rythme de croissance des surfaces autorisées reste nettement supérieur à celui constaté à l’échelle nationale. Comparée avec d’autres aires urbaines, Toulouse eet celle ayant accordé le plus de surfaces commerciales en 2009 avec Bordeaux ; dans ces autorisations prédominent les projets localisés dans la banlieue (Saint-Orens, Balma Gramont,  Roques, Blagnac…). Cette offre exponentielle est à mettre en parallèle avec l’augmentation du nombre de ménages sur la Haute-Garonne passant de 446 917 en 1999 à 564 847 en 2009 soit un gain de 26%.

Parmi les grands projets d’équipements commerciaux examinés par la CDAC en fin d’année 2010 ont peut citer au volet « accordé en cours » : Nailloux, Portes de Gascogne. Ont été accordés mais « travaux non démarrés » : Géant Casino Fenouillet, Leclerc Rouffiac (travaux sur création centre auto).

Encadré

Emploi dans le commerce : un infléchissement national

 

Pour la 2ème année consécutive, les effectifs dans le commerce alimentaire affichent une baisse légère (-0,1%). C’est une première depuis 1994. L’emploi dans le commerce tous secteurs confondus, y compris celui de la réparation automobile, diminue de 1,7%. C’est moins que dans l’ensemble de l’emploi salarié en retrait de 2,2%.

Le secteur de la distribution, traditionnellement jeune, commence à vieillir. Si 42% des salariés ont moins de 35 ans, 7% ont plus de 55 ans. En 2005, les seniors n’étaient que 3%.