Valérie Jimenez : " On travaille le plus possible, mais l’inquiétude monte "

Valérie Jimenez, à la tête de la société de transport Jimenez FVA.

Malgré les difficultés, le transporteur BtoB Jimenez FVA continue de faire circuler ses camions pour livrer essentiellement des denrées alimentaires ou pour approvisionner les acteurs de la santé. Des conditions de travail tendues et une gestion d'activité au jour le jour.  

Considérée comme une activité clé en ces temps de crise, le transport a néanmoins subi la crise de plein fouet. Jimenez FVA (près de 500 salariés ; CA : 60 M€ en 2018) a vu son activité diminuer de 75 % en quelques semaines. « Les gens et les entreprises commandent moins de marchandises, ce qui revient tout simplement à moins de messageries pour nous », observe Valérie Jimenez, à la tête de l’entreprise familiale installée à sur la base logistique d’Eurocentre, au nord de Toulouse. Jusque là, l’entreprise transportait tous types de produits : vêtements, équipements électroniques, ciments, etc. Aujourd’hui, le transport alimentaire qui ne représentait que 5 % de l’activité est multiplié par 5. Et c’est, avec les médicaments, tout ce qui reste à convoyer sur les routes aujourd'hui. Sur les 80 employés sédentaires, une vingtaine continue à se rendre sur le site, les autres sont en télétravail. Du fait de la baisse d’activité, le chômage partiel va devoir se mettre en place progressivement pour certains postes.

"Certains conducteurs refusent de se rendre sur certaines bases"
Concernant les conducteurs et conductrices, la chef d’entreprise remarque que l’inquiétude monte : « Nous avons mis en place des procédures et nous avons récupéré des masques et du gel hydroalcoolique pour nos conducteurs et le reste de nos équipes. Mais quand on voit comment cela se passe sur le terrain, notamment sur les bases logistiques, cela n’est pas assez rassurant : il y a encore trop de promiscuité dans les salles d’attente ou aux guichets des formalités administratives…certains de nos conducteurs refusent de se rendre sur certaines bases et je peux le comprendre », regrette Valérie Jimenez qui se félicite d’avoir un responsable QSE (Qualité Sécurité environnement) au sein de son équipe pour l'aider à mettre en place les meilleures conidtions de travail possibles. 

Obtectif : continuer à travailler au maximum
La problématique quotidienne de l’entreprise aujourd’hui est de continuer à travailler au maximum, sans risquer d’atteindre la santé du personnel et de son entourage. D’un naturel positif et depuis toujours très sensible aux questions du  bien-être au travail, Valérie Jimenez met en avant l’attitude remarquable de son personnel qui affiche un réel sens des responsabilités, malgré des conditiosn stressantes. Certains clients ont proposé de régler des factures à la semaine ou dans les 15 jours : c'est aussi un geste solidaire qu'elle apprécie. Idem du côté de sa banque qui lui assuré son soutien.  La crise aura aussi eu le mérite de valoriser davantage les métiers du transport, secteur qui a souvent du mal à recruter. 

Créée en 1996,  spécialisée dans la traction jour et nuit, Jimenez FVA  s’est progressivement diversifiée. Elle propose des services d’affrètement,  mais aussi tous les services complémentaires au transport (stockage, parking…). Grâce à une flotte variée, Jimenez FVA peut assurer une large gamme de transports, y compris le frigorifique et le pulvurélent (poudres, ciments, céréales). Elle a lancé au printemps dernier une nouvelle activité de déménagement industriel et de bureaux.