Née en juin 2026 dans la continuité de Richez_Associés, landForma entend imposer une nouvelle manière de concevoir les villes, les infrastructures et les territoires. Implantée à Paris, Toulouse et Montréal, l’agence réunit 130 concepteurs autour d’une conviction : l’architecture, le paysage, l’urbanisme, la mobilité et le design ne doivent plus être pensés séparément.
Après quatre années de travail, Richez_Associés laisse place à landForma, une nouvelle agence d’architecture et de paysage implantée à Paris, Toulouse et Montréal. (Photo LandForma)
Face à la raréfaction des ressources, au dérèglement climatique, aux mutations des usages et aux nouvelles mobilités, landForma fait le pari d’une approche transdisciplinaire. La nouvelle agence est née de la rencontre de quatre associés cofondateurs : Vincent Cottet, paysagiste et urbaniste, Michele Circella, architecte, Ikbal Bouaïta, architecte, et Pierrick Aubert, ingénieur. Ensemble, ils portent une ambition commune : dépasser la séparation traditionnelle entre les métiers de la conception pour imaginer des lieux capables d’évoluer dans le temps.
Dans son dossier de présentation, landForma résume cette rupture par une formule forte : « Un quartier n’est pas une juxtaposition d’architectures isolées. Un paysage n’est pas un décor. Une gare n’est pas seulement une infrastructure de transport. » Cette phrase donne le ton d’un positionnement qui ne se limite pas à un changement de nom. Après quatre années de travail, Richez_Associés laisse place à landForma, une agence qui revendique une vision nouvelle, organisée autour d’un concept central : l’ArchitecturePaysage.
L’ArchitecturePaysage comme raison d’être
Pour landForma, l’ArchitecturePaysage ne désigne ni une discipline supplémentaire ni une méthode figée. Elle constitue plutôt une manière de considérer le réel, en refusant de séparer le bâtiment, le sol, l’arbre, l’eau, les mobilités, les usages et les corps. L’agence parle d’un mot « sans césure », pensé comme un continuum entre architecture et paysage.
Cette approche repose sur une idée simple : chaque projet doit partir d’un site, d’une géographie, d’une histoire et d’une matière existante. La formule portée par l’agence, « préserver et amplifier la beauté du monde », traduit cette volonté de ne pas opposer protection et transformation. Préserver ne signifie pas figer, mais comprendre ce qui constitue la valeur d’un lieu. Amplifier consiste ensuite à renforcer ses usages, son identité, sa qualité urbaine et son inscription dans le territoire.
Cette philosophie se traduit également par une attention portée au réemploi des ressources présentes sur site, lorsque cela est possible, afin de transformer l’existant plutôt que de le remplacer. La beauté, dans cette lecture, n’est pas un supplément décoratif, mais une composante utile, durable et sociale du projet.
130 concepteurs, 25 nationalités et trois implantations
landForma rassemble aujourd’hui 130 concepteurs, parmi lesquels des architectes, paysagistes, urbanistes, ingénieurs, designers, communicants, graphistes et organisateurs. L’agence revendique également une forte diversité culturelle avec 25 nationalités représentées au sein de ses équipes. Elle est implantée dans trois villes : Paris, Toulouse et Montréal.
Son activité se développe déjà sur plusieurs continents. Les projets actifs de landForma se situent en Europe, en Amérique et en Afrique, tandis que l’agence indique concevoir également des projets en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique. Elle revendique plus d’une centaine de projets actifs, avec une présence marquée dans les projets de mobilité, notamment à travers le concours international pour la ligne 2 du métro de Turin, le tramway de Québec, celui de Gatineau-Ottawa ou encore du Luxembourg.
L’international représente déjà 30 % du chiffre d’affaires de l’agence. L’objectif affiché est d’augmenter cette part tout en maintenant un ancrage français significatif. Autre donnée structurante : 70 % de l’activité relève de la commande publique, un choix que landForma rattache à la question de l’intérêt général.
Cinq disciplines pour un seul métier
L’agence revendique un socle organisé autour de cinq disciplines : architecture, paysage, urbanisme, mobilité et design. Cette organisation ne relève pas seulement d’un choix interne. Elle constitue le cœur de la méthode landForma. Aujourd’hui, 80 % des projets les plus importants de l’agence sont déjà transdisciplinaires, impliquant au moins deux ou trois disciplines. À terme, landForma veut faire bénéficier 100 % de ses projets de cette hybridation des savoir-faire.
Dans les ateliers, les équipes travaillent à partir de croquis, plans, coupes, maquettes, outils de représentation, technologies nouvelles et récits de projet. Cette conception itérative devient une mémoire de travail : les hypothèses retenues comme celles qui sont écartées alimentent un réservoir d’idées pour de futurs projets. L’agence inscrit cette méthode dans son environnement parisien du passage du Cheval Blanc, rue de la Roquette, où se côtoient agences créatives et ateliers d’artistes.
Des projets entre infrastructure, paysage et usages
Les projets présentés par landForma illustrent cette volonté de dépasser la seule réponse fonctionnelle. À Porto-Vecchio, l’extension du port de plaisance part d’un besoin de stationnement en haute saison. Le projet propose d’enfouir le stationnement en creusant les fonds marins pour libérer en surface un Ortu Marinu, jardin marin en terrasses conçu comme belvédère, promenade et espace de vie pour les habitants toute l’année.
À Paris, le projet de la Porte de la Chapelle s’attaque à un espace urbain marqué par les infrastructures automobiles. landForma y voit un seuil métropolitain à reconnecter. Le sol, longtemps négligé, redevient l’élément structurant du projet, avec l’objectif de retisser des continuités, de fluidifier les déplacements des piétons et des cyclistes, et de redonner une cohérence à ce maillon urbain.
À Toulouse, la reconstruction de l’Unité de Valorisation Énergétique pose la question de l’usine en ville. Pour landForma, l’enjeu n’est pas seulement technique. Le projet doit permettre d’enfouir une partie de l’industrie, de libérer le sol et les vues, de prolonger la trame verte métropolitaine et d’ouvrir un lieu de vie et de culture dans un quartier en mutation. L’agence y associe trois ambitions : architecturale, paysagère et sociale.
Toujours à Toulouse, le projet de Musée - Tiers-lieu au cœur de la ZAC Guillaumet prolonge la mémoire industrielle de l’ancienne soufflerie du Centre d’Essais Aéronautiques. Le projet s’appuie sur un socle de brique, un volume muséal en élévation et l’usage de gabions de béton concassé recyclé provenant du site démoli, afin de faire de la matière un support de mémoire et de réemploi.
La mobilité comme projet de territoire
La mobilité occupe une place importante dans le portefeuille de landForma. Le tramway T9 entre Paris et Orly, long de 10 kilomètres, est présenté comme plus qu’une ligne de transport. En intégrant plateforme végétalisée, stations, trottoirs et carrefours, le projet vise à redonner à six communes un espace public plus arboré, plus perméable et plus habitable.
À Saint-Jean-de-Maurienne, la future gare internationale liée à la ligne Lyon-Turin est pensée comme une nouvelle centralité d’entrée de ville. Le projet doit accompagner trente ans de transformations infrastructurelles, tout en répondant aux usages de voyageurs locaux comme internationaux.
À Versailles, le Centre opérationnel de bus s’inscrit en contrebas du bois de Satory. Capable d’accueillir 140 bus, une halle de maintenance et des espaces de remisage, cette infrastructure est pensée comme une architecture intégrée au paysage, travaillée avec la topographie, la pierre et le béton de terre.
Une agence européenne ouverte sur le monde
Avec landForma, les quatre associés veulent faire émerger une agence capable d’intervenir à toutes les échelles, du détail d’usage au grand territoire. Vincent Cottet apporte son expertise du paysage, de la mobilité et de l’espace public. Michele Circella porte une expérience architecturale internationale nourrie par des projets d’envergure. Ikbal Bouaïta développe une approche conceptuelle et formelle marquée par ses expériences à Amsterdam, New York et aux Ateliers Jean Nouvel. Pierrick Aubert, ingénieur, assure la direction opérationnelle de l’agence.
En revendiquant l’ArchitecturePaysage comme raison d’être, landForma cherche à répondre à une fragmentation devenue insuffisante face aux enjeux contemporains. L’agence ne veut plus seulement dessiner des bâtiments, des espaces publics ou des infrastructures. Elle veut concevoir des lieux, c’est-à-dire des fragments de ville et de territoire capables de relier les usages, les ressources, les paysages et les imaginaires.