Les Laboratoires Pierre Fabre engagent une nouvelle étape industrielle majeure sur leur site d’Avène, dans l’Hérault. Avec un investissement stratégique de près de 50 millions d’euros, le groupe veut transformer son usine dédiée à la marque Eau Thermale Avène, augmenter fortement ses capacités de production et accompagner la croissance internationale de sa marque phare, tout en modernisant ses outils et en réduisant son empreinte environnementale.
À Avène, dans l’Hérault, les Laboratoires Pierre Fabre engagent près de 50 millions d’euros pour transformer et agrandir leur usine dédiée à la marque Eau Thermale Avène. (Photo Pierre Fabre)
Les Laboratoires Pierre Fabre accélèrent la transformation de leur outil industriel en Occitanie. Le groupe pharmaceutique et dermo-cosmétique annonce un investissement de près de 50 millions d’euros pour agrandir et moderniser son site de production d’Avène, dans l’Hérault, entièrement consacré à la fabrication et au conditionnement des produits de la marque Eau Thermale Avène. Ce projet doit permettre à l’entreprise de doubler, à terme, les capacités du site, en passant d’environ 100 millions à 200 millions d’unités produites d’ici 2029.
Cette opération s’inscrit dans le nouveau schéma directeur industriel du groupe, qui prévoit 250 millions d’euros d’investissements sur la période 2023-2027. Pour Pierre Fabre, l’enjeu est double : soutenir la dynamique internationale d’Avène, première marque du groupe et deuxième marque du marché dermo-cosmétique mondial, tout en faisant évoluer ses sites vers des usines plus modernes, plus automatisées et plus sobres en ressources.
Un investissement industriel au service de la croissance mondiale d’Avène
La décision d’investir massivement sur le site héraultais intervient dans un contexte de progression de l’activité dermo-cosmétique des Laboratoires Pierre Fabre. En 2025, cette activité a atteint 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 2,6 % par rapport à 2024. La marque Eau Thermale Avène a contribué à cette dynamique, avec une croissance de 3,9 % à taux de change constants.
La progression est particulièrement marquée à l’international. La marque enregistre notamment une croissance de 10,7 % en Chine et de 9,2 % aux États-Unis, deux marchés stratégiques pour le développement mondial de la dermo-cosmétique. Cette accélération impose au groupe de renforcer ses capacités de fabrication et de conditionnement afin de répondre à la demande tout en sécurisant ses délais industriels.
L’investissement annoncé à Avène répond directement à cet objectif. Il doit permettre au site de franchir un cap capacitaire, mais aussi d’améliorer l’organisation des flux, l’automatisation des procédés et l’ergonomie des postes de travail. Le projet ne se limite donc pas à une extension immobilière : il traduit une transformation plus large du modèle industriel du groupe.
« Nous sommes fiers d’engager cette nouvelle étape, qui reflète pleinement notre vision industrielle : maintenir notre production en France, où encore 90 % des produits du Groupe sont fabriqués, au plus près de nos racines », souligne Vincent Huraux, directeur des opérations Pierre Fabre. Selon lui, ce choix industriel permet à la fois de renforcer l’autonomie du groupe, de soutenir l’économie locale et d’accompagner le rayonnement international de la marque Eau Thermale Avène.
Avène, un site emblématique au cœur de l’histoire de la marque
Implantée au plus près de la source et de la station thermale, l’usine d’Avène occupe une place particulière dans l’histoire et dans l’organisation industrielle des Laboratoires Pierre Fabre. Le site concentre la fabrication, le conditionnement et un magasin de stockage, complétés par deux plateformes logistiques externes.
Depuis 2010, près de 90 millions d’euros ont déjà été investis dans cette unité industrielle, qui emploie aujourd’hui 330 collaborateurs. L’usine produit chaque année environ 100 millions de produits finis, grâce à neuf plateformes de fabrication, une plateforme de fabrication stérile et douze lignes de conditionnement.
Cette implantation héraultaise est également un marqueur fort de l’ancrage régional de Pierre Fabre. Né et développé en Occitanie, le groupe conserve une part majeure de sa production en France. Le projet annoncé à Avène confirme cette stratégie industrielle, dans un contexte où la localisation des capacités productives, la maîtrise des chaînes d’approvisionnement et la compétitivité des sites français restent des enjeux clés pour les entreprises de santé et de cosmétique.
Des technologies de pointe au service de la dermo-cosmétique
Le site d’Avène se distingue par plusieurs savoir-faire industriels rares. L’usine maîtrise notamment la fabrication et le conditionnement de produits dits « cosmétiques stériles », reposant sur des procédés sans conservateur. Cette technologie constitue l’un des éléments différenciants de la marque sur le marché mondial de la dermo-cosmétique.
L’unité héraultaise dispose également de lignes aérosols dédiées au spray d’Eau Thermale Avène, produit emblématique de la marque. Le conditionnement en bloc stérile permet de préserver la pureté de l’eau jusqu’à la première pulvérisation sur la peau. Ce produit iconique connaît une diffusion internationale importante, avec un spray vendu chaque seconde dans le monde.
Ces technologies expliquent la place stratégique du site dans l’écosystème Pierre Fabre. L’investissement de près de 50 millions d’euros doit permettre de préserver ces savoir-faire, tout en les inscrivant dans une organisation industrielle plus fluide, plus automatisée et mieux adaptée à la hausse des volumes attendus dans les prochaines années.
Une recomposition du site pour fluidifier les flux industriels
La transformation de l’usine d’Avène repose d’abord sur une réorganisation des espaces de production. Un nouveau bâtiment technique est en cours de construction pour regrouper l’ensemble des utilités du site, notamment les chaudières, les groupes froids et les équipements associés. Ces installations, auparavant situées au cœur de l’unité de production, seront désormais rassemblées dans un espace dédié.
Cette recomposition doit libérer des surfaces en partie centrale de l’usine et permettre de recentrer les zones de production sur leur cœur d’activité : la fabrication et le conditionnement. Les flux internes doivent ainsi devenir plus directs, plus lisibles et plus faciles à piloter. Pour le groupe, cette évolution constitue une étape essentielle afin de rapprocher l’usine des meilleurs standards industriels.
Le nouveau dispositif énergétique intégrera un parc de chaudières fonctionnant au gaz naturel liquéfié, complété par une chaudière électrique. Cette modernisation des utilités participe à la fois à la performance industrielle du site et à sa trajectoire de sobriété.
Un nouvel atelier de conditionnement de 1 900 m²
La zone libérée au centre du site sera couverte et transformée en un atelier de conditionnement de dernière génération consacré aux flacons. Cette extension représentera environ 1 900 m² supplémentaires. Deux nouvelles lignes de conditionnement y seront installées afin d’accompagner la montée en puissance du site.
L’objectif est d’améliorer les enchaînements de production, de limiter les ruptures de charge et de réduire les manipulations inutiles. Cette nouvelle organisation doit permettre de gagner en efficacité, mais aussi d’améliorer les conditions de travail des équipes.
Pour Anne-Sophie Fontaine, directrice de l’usine d’Avène, l’enjeu dépasse la seule augmentation des volumes. « Notre objectif est double : augmenter significativement les capacités tout en simplifiant le fonctionnement quotidien de l’usine, avec des flux internes plus automatisés et une meilleure ergonomie pour les équipes », précise-t-elle. La directrice du site insiste également sur le rôle des solutions digitales et robotiques dans la fiabilisation des opérations et la sécurisation des délais.
Cette modernisation est aussi pensée comme un levier d’attractivité pour les collaborateurs. Pierre Fabre souhaite faire d’Avène une usine modernisée mais toujours « à taille humaine », capable d’offrir un environnement de travail renouvelé et de soutenir le développement des compétences sur le territoire.
Une transition énergétique mesurable
Le projet industriel intègre également un volet environnemental important. À Avène, une pompe à chaleur a été installée afin de récupérer la chaleur fatale des eaux usées et de chauffer le nouvel atelier de conditionnement. Installé dans un bâtiment d’environ 40 m², cet équipement doit permettre d’économiser environ 700 MWh de gaz par an.
Cette action locale s’inscrit dans une stratégie environnementale plus globale. Les opérations industrielles représentent plus de 80 % de la consommation énergétique des Laboratoires Pierre Fabre et près de 50 % des prélèvements d’eau de l’entreprise. Le groupe s’est fixé une trajectoire de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de baisse de 46 % d’ici 2030 pour les scopes 1 et 2.
Pierre Fabre vise également une part de 100 % d’énergies renouvelables sur ses sites de production en France. Le groupe entend consacrer une part croissante de ses investissements industriels à des projets à forte valeur environnementale, notamment grâce à une taxe carbone interne destinée à orienter les décisions d’investissement.
Un projet qui confirme l’ancrage industriel de Pierre Fabre en Occitanie
Avec ce nouvel investissement à Avène, les Laboratoires Pierre Fabre confirment leur volonté de maintenir une base industrielle forte en France et plus particulièrement en Occitanie. Le groupe, qui emploie 10 000 collaborateurs dans le monde, a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros, dont 71 % à l’international dans 130 territoires.
Son portefeuille dermo-cosmétique et personal care regroupe plusieurs marques internationales, parmi lesquelles Eau Thermale Avène, Ducray, Dexeryl, Klorane, A-Derma, René Furterer, Même Cosmetics et Elgydium. Son activité pharmaceutique couvre cinq domaines thérapeutiques : l’oncologie, la dermatologie, les maladies rares, les maladies chroniques et la santé familiale.
En 2025, les investissements en recherche et développement du groupe ont progressé de 14 % pour atteindre 250 millions d’euros, dont 67 % consacrés aux thérapies ciblées en oncologie. Cette dynamique illustre la double identité de Pierre Fabre, à la fois acteur majeur de la dermo-cosmétique mondiale et laboratoire pharmaceutique engagé dans des domaines thérapeutiques stratégiques.
Un modèle capitalistique tourné vers le long terme
L’investissement d’Avène s’inscrit aussi dans le modèle singulier de gouvernance des Laboratoires Pierre Fabre. L’actionnaire majoritaire du groupe est la Fondation Pierre Fabre, qui détient 86,3 % du capital par l’intermédiaire de Pierre Fabre Participations. Les collaborateurs de l’entreprise constituent le deuxième actionnaire, avec près de 10 % du capital.
Cette structure capitalistique garantit l’indépendance du groupe et favorise une vision de long terme. Les dividendes versés à la Fondation Pierre Fabre contribuent au financement de 35 programmes d’accès à la santé déployés dans 22 pays parmi les moins avancés au monde.
Depuis 2023, la démarche RSE des Laboratoires Pierre Fabre est évaluée au niveau Exemplaire du label Engagé RSE d’AFNOR Certification, fondé sur la norme ISO 26000 du développement durable. L’investissement engagé à Avène vient prolonger cette trajectoire, en associant performance industrielle, modernisation des outils, ancrage territorial et réduction de l’empreinte environnementale.
Avec cette transformation, l’usine d’Avène change d’échelle sans rompre avec ce qui fait sa singularité : une production implantée au plus près de la source, des savoir-faire technologiques spécifiques et un lien fort entre industrie, territoire et marque. Pour Pierre Fabre, ce projet représente un jalon stratégique dans la croissance internationale d’Eau Thermale Avène, mais aussi un signal adressé à l’écosystème industriel régional : la montée en puissance de la dermo-cosmétique mondiale continuera de s’écrire depuis l’Occitanie.