À Toulouse, la DGAC confie à GT Logistics les pièces nécessaires à la navigation aérienne

Près de 160 000 pièces, quelque 7 700 références et des besoins répartis entre la métropole et l’outre-mer : GT Logistics annonce la prise en charge, à compter du 1er octobre 2026, de la logistique de la Direction de la technique et de l’innovation de la DGAC à Toulouse. Cette première externalisation doit préserver la disponibilité des équipements tout en préparant une réorganisation du magasin. Une extension au transport et aux expéditions est prévue en septembre 2027.

Derrière les quelque 7 700 références du magasin, un défi très concret : inventorier les stocks et préparer le passage de relais tout en continuant à répondre aux besoins des sites. (Photo DGAC Toulouse)

Derrière les quelque 7 700 références du magasin, un défi très concret : inventorier les stocks et préparer le passage de relais tout en continuant à répondre aux besoins des sites. (Photo DGAC Toulouse)

Une pièce de rechange disponible, correctement identifiée et prête à rejoindre une équipe technique : cette exigence est au centre du contrat confié à GT Logistics par la Direction de la technique et de l’innovation (DTI) de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). À Toulouse, le prestataire reprend une activité jusqu’alors assurée par des agents de l’État. Le calendrier annoncé fixe au 1er octobre 2026 le début de cette mission, qui porte sur les flux et les stocks du site.

La DTI assure la conception, le développement et la maintenance des systèmes techniques dont dépendent la sécurité et la performance de la navigation aérienne. Son magasin toulousain rassemble près de 160 000 pièces, représentant environ 7 700 références. Équipements et pièces de rechange servent au maintien en condition opérationnelle des installations de navigation aérienne et des infrastructures techniques aéroportuaires, en France métropolitaine et dans les territoires ultramarins.

La disponibilité de ces matériels influe sur la capacité des équipes à intervenir sans délai. Une donnée de stock fiable, une pièce conforme et une préparation rapide constituent donc des conditions de la continuité du service.

De la réception des matériels à la récupération des composants

Le périmètre confié à GT Logistics couvre l’arrivée des matériels, qu’ils soient neufs ou usagés, leur contrôle qualité et leur saisie informatique. Chaque entrée doit permettre d’identifier les pièces et d’en assurer la traçabilité. Le prestataire prend également en charge le stockage, la préparation des commandes, le conditionnement et l’emballage, avec un double objectif : préserver les équipements et faciliter leur mise à disposition sur les sites opérationnels.

La mission s’étend aux matériels devenus obsolètes. Leur traitement et leur démantèlement doivent permettre de récupérer les composants réemployables, afin de mieux utiliser les ressources encore disponibles et de maîtriser le cycle de vie des équipements.

Cette première externalisation de l’activité logistique concernée à Toulouse inscrit ainsi le prestataire dans l’organisation du maintien en condition opérationnelle des systèmes de navigation aérienne.

Un inventaire de 160 000 pièces sans suspendre les demandes

La préparation a commencé dès la mi-juillet 2026, pendant l’été. Selon l’entreprise, moins de deux mois ont été nécessaires pour recruter l’équipe, acheter les équipements, préparer les outils informatiques, organiser le travail et sécuriser les processus. Ces travaux ont été conduits avec les agents de la DTI pour préparer le passage de relais sans rupture de service.

Leur expérience occupe une place centrale dans cette transition. Les agents de l’État ont structuré et fiabilisé l’activité au fil des années ; leur connaissance des références, des mouvements de matériels et des besoins des sites doit permettre de conserver les acquis avant de modifier progressivement l’organisation.

Le calendrier de reprise prévoyait un premier exercice à grande échelle dès la mi-septembre : l’inventaire complet du magasin, soit plus de 7 700 références à vérifier et près de 160 000 pièces à compter, tout en continuant à répondre aux demandes des sites. Pour cette opération, onze équipiers du Groupe d’intervention GT (GIGT) ont été mobilisés. Ils provenaient de trois sites et de trois univers industriels différents.

« La difficulté n’est pas seulement l’ampleur de l’inventaire », souligne Jessica Loisel, manager de site chez GT Logistics pour la DGAC. Le comptage et les contrôles doivent en effet coexister avec les besoins des équipes opérationnelles. « Notre responsabilité est de fiabiliser l’existant tout en garantissant la continuité des opérations », poursuit-elle.

Une réorganisation du magasin avant l’extension aux expéditions

Au-delà des opérations quotidiennes, GT Logistics doit accompagner l’évolution de la logistique de la DTI. Le projet prévoit de réorganiser le bâtiment de stockage pour simplifier les déplacements, rendre les références plus accessibles et améliorer les conditions de travail.

De nouvelles méthodes de gestion, des outils numériques et des technologies de traçabilité doivent donner une connaissance plus précise et plus immédiate des stocks. Les améliorations attendues concernent le rangement, l’identification et l’accès aux pièces, mais aussi la fiabilité des préparations et des interventions techniques. Pour la DTI, l’objectif est de gagner en réactivité et de mieux assurer la continuité de l’activité.

Une étape supplémentaire est annoncée à partir de septembre 2027 : le contrat doit alors être élargi au transport et aux expéditions, notamment à destination des territoires ultramarins.

Une petite dizaine de collaborateurs dédiés au site

L’organisation présentée pour le démarrage repose sur une petite dizaine de collaborateurs, entièrement affectés à cette mission et placés sous la responsabilité de Jessica Loisel. GT Logistics entend faire de la plateforme un site représentatif des activités de la DTI et de ses propres compétences logistiques.

L’entreprise attribue la rapidité de la préparation à l’autonomie accordée au management de terrain, appuyé par les fonctions ressources humaines, achats, finance, méthodes, sécurité, qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE) et informatique. Ce fonctionnement doit permettre de réunir les compétences nécessaires à la reprise tout en préservant le niveau de performance des autres sites.

Pour Philippe Tellier, directeur général de GT Logistics, le contrat engage l’entreprise au-delà des seules opérations de stockage : « La confiance de la DGAC reconnaît notre capacité à prendre en charge une activité sensible et à la faire évoluer. Notre rôle va bien au-delà de la gestion d’un magasin : nous devons garantir que chaque pièce utile puisse être identifiée, préparée et acheminée au moment où les équipes de la DTI en ont besoin. C’est ainsi que notre expertise logistique contribue concrètement à la continuité et à la sécurité de la navigation aérienne française ».

Un contrat supplémentaire dans le bassin toulousain

Cette mission renforce la présence de GT Logistics dans le bassin industriel toulousain, où le prestataire travaille déjà pour plusieurs entreprises, dont Safran, son client historique.

Spécialisée dans la logistique industrielle sur les sites de ses clients, GT Logistics a été créée en 2001 par Eric Sarrat, à l’occasion d’une diversification de l’activité entrepreneuriale familiale, dont les origines remontent à 1919. Elle est dirigée par Frédéric Ruppli, président, et Philippe Tellier, directeur général.

L’entreprise indique réaliser 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et employer 1 250 salariés, dont 12 % sont actionnaires. Elle fait également état d’une certification Great Place to Work obtenue en 2022 et confirmée en 2024. Son index d’égalité femmes-hommes atteint 92,5, un résultat qu’elle présente comme nettement supérieur à celui des entreprises de la logistique, tandis que les femmes représentent 50 % de son comité de direction.

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