Au Top Eco Tonight Show, Catherine Barba remet les entrepreneurs en mouvement

Une salle de cinéma, un groupe de musique, des dirigeants invités à prendre la parole et une entrepreneuse qui transforme l’échange en exercices pratiques. Le 22 septembre 2026, au Pathé Toulouse Labège, la troisième édition du Top Eco Tonight Show, portée par le Medef Haute-Garonne, a accompagné la sortie du Top Économique 2027. Invitée d’honneur, Catherine Barba Chiaramonti y a défendu une conviction : face aux incertitudes, la capacité d’action des entreprises se travaille, dans la prospection comme dans le management.

Le 22 septembre, le Top Eco Tonight Show a associé échanges économiques, musique et rencontres à l’occasion de la sortie du nouveau Top Économique. (Photo Dorian Alinaghi)

Le 22 septembre, le Top Eco Tonight Show a associé échanges économiques, musique et rencontres à l’occasion de la sortie du nouveau Top Économique. (Photo Dorian Alinaghi)

Se retourner vers son voisin, expliquer à quels clients s’adresse son entreprise, quel problème elle résout et pourquoi elle mérite d’être choisie. Trente secondes pour convaincre. Dans les fauteuils du Pathé Toulouse Labège, les dirigeants ne sont plus seulement venus écouter : les voilà invités à éprouver leur discours commercial. Catherine Barba en a fait un exercice collectif. La rencontre professionnelle commence peut-être à la rangée suivante.

Cette scène dit beaucoup de la troisième édition du Top Eco Tonight Show. À l’occasion de la présentation du Top Économique 2027, le rendez-vous du Medef Haute-Garonne a mêlé les codes du spectacle aux préoccupations des entreprises. À l’animation, Thomas Lage, de Waruz Production, a conduit les échanges, relancé les invités et orchestré les jeux, accompagné du groupe STAC. Musique, blind test et conversations sur scène ont rythmé une soirée où la légèreté du ton laissait toute leur place aux questions de fond.

Après un après-midi consacré à la REF Santé, le programme du soir ouvrait un autre espace de discussion : comment retrouver des marges de manœuvre lorsque l’activité se tend, que les technologies accélèrent et que l’horizon politique reste incertain ? Au fil des échanges avec Catherine Barba Chiaramonti, pionnière du commerce en ligne et entrepreneuse engagée dans la formation, la réponse s’est précisée autour de trois exigences : apprendre, aller chercher ses clients et savoir s’entourer.

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Invitée d’honneur du Top Eco Tonight Show, Catherine Barba a partagé sa vision d’un entrepreneuriat fondé sur l’action, l’apprentissage et le collectif. (Photo Laura Chery Studio Marius)

L’IA ramenée au quotidien des dirigeants

Les difficultés économiques ont trouvé une expression très concrète dans l’intervention de Valérie Jimenez, présidente du Groupe Jimenez. Forte de trente années dans le transport, elle a rappelé combien son secteur reflète l’activité des autres : les marchandises transportées sont celles que les entreprises et leurs clients ont commandées. Elle a également souligné le rôle du transport dans l’approvisionnement des établissements de santé, des médicaments aux équipements, et les difficultés de circulation auxquelles la profession se heurte.

Son interrogation à Catherine Barba portait sur une transformation déjà engagée : comment utiliser l’intelligence artificielle pour alléger les tâches répétitives tout en préservant la place de l’humain ? Derrière les outils, la discussion touchait à la formation des managers, à la transmission et à la responsabilité des dirigeants dans l’accompagnement du changement.

Catherine Barba a répondu par les usages. Veille sur les clients et les marchés, repérage d’opportunités commerciales, préparation des courriels de prospection, aide à la rédaction des propositions : elle a décrit la manière dont l’IA intervient dans son propre travail. Son conseil tient dans une discipline accessible, mais exigeante : consacrer chaque jour trente minutes à apprendre et à expérimenter, à l’écart des sollicitations habituelles.

« Il faut avoir cette discipline », a-t-elle insisté. L’enjeu dépasse l’adoption d’un logiciel. Il s’agit, pour le dirigeant, de comprendre ce qui évolue dans la recherche d’information, les attentes des clients et la manière dont une entreprise devient visible.

Elle a ainsi proposé un test : demander à une IA quelles entreprises elle recommande dans son secteur et sur son territoire, puis examiner les réponses. Si d’autres noms apparaissent, que donnent-ils à voir de leur activité ? Comment présentent-ils leur offre ? Sur quels supports communiquent-ils ? Une invitation à explorer sa visibilité commerciale, sans attendre que la technologie fasse le travail à sa place.

Une question pour mesurer la vitesse d’une entreprise

Le format du show a permis d’aborder ces sujets par des chemins inattendus. Dans une séquence de devinettes, Catherine Barba devait associer trois dirigeants aux entreprises représentées : CIC, Ludilabel et BMW MINI Pelras. Les questions autorisées étaient limitées. Elle a choisi de concentrer l’exercice sur un seul critère : la rapidité d’exécution.

Une idée surgit ce soir pour développer l’entreprise. Que se passe-t-il ensuite ? Qui faut-il consulter ? Combien de temps s’écoule avant sa mise en œuvre ? Sous l’apparence du jeu, les réponses ont fait apparaître les circuits de décision, le nombre d’interlocuteurs et les différences d’organisation.

Catherine Barba a décrit son propre fonctionnement : un message à ses associés le soir, une discussion dès le lendemain, puis un passage rapide à l’action. La séquence donnait une traduction concrète à l’agilité, ce mot souvent invoqué dans les discours économiques. Une entreprise peut avoir des idées ; encore faut-il qu’elle se donne les moyens de les essayer. 

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De gauche à droite : Gregory Corbiere, directeur général associé chez BMW MINI PELRAS, Sandrine Jullien-Rouquié, cofondatrice et dirigeante de Ludilabel et François-Xavier Berteau, directeur d'agence entreprises chez CIC Sud-Ouest. (Photo Laura Chery Studio Marius)

Reconquérir ses clients commence par clarifier sa promesse

À la conquête commerciale, autre thème de la soirée, Catherine Barba a associé deux préalables : l’énergie du dirigeant et la clarté de son offre. Avant de chercher de nouvelles sources de revenus, encore faut-il retrouver l’envie de solliciter, de proposer et de recommencer après un refus.

La salle a été invitée à partager ce qui permet de reprendre pied lorsque les commandes tardent ou qu’un appel d’offres est perdu. Les enfants, le contact avec les autres, la passion ont surgi des échanges. Ce détour personnel ramenait à une réalité du métier : l’énergie consacrée à l’entreprise a besoin, elle aussi, d’être entretenue.

Puis l’exercice est devenu commercial. En trente secondes, chacun devait identifier ses clients, formuler leur problème et expliquer le bénéfice particulier qu’il leur apporte. Le tout en étant suffisamment précis pour être compris, et suffisamment distinctif pour donner envie de poursuivre la conversation.

« C’est de la pratique », a rappelé Catherine Barba. La proposition de valeur ne vaut que si elle peut être exprimée clairement et accompagnée de preuves. Pourquoi un client choisirait-il cette entreprise plutôt qu’une autre, tout aussi compétente ? La question a circulé entre les rangées, transformant quelques minutes de conférence en terrain d’entraînement.

Recruter une compétence, puis construire l’engagement

L’évolution du travail s’est également invitée dans la conversation, à travers une question sur la place des indépendants et l’avenir du salariat. Catherine Barba a proposé de partir du besoin de l’entreprise et de la compétence recherchée, avant de considérer le statut de la personne susceptible d’y répondre.

Elle a évoqué les réserves que suscite le recours aux freelances, notamment sur la confidentialité et l’appartenance à une culture d’entreprise. Son expérience l’a conduite à reconsidérer ces objections et à accorder une attention particulière à l’intégration des nouveaux collaborateurs, quel que soit leur cadre d’intervention.

La qualité de cet accueil, la compréhension du projet et les conditions de contribution à la croissance deviennent alors des sujets de management à part entière. Le propos restait ancré dans son expérience, sans prétendre fournir un modèle applicable à toutes les activités. Il invitait néanmoins les dirigeants à examiner leurs habitudes de recrutement et la manière dont ils entretiennent l’engagement.

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Forte de trente années dans le transport, Valérie Jimenez a partagé les préoccupations de son secteur et son attention à la transmission. (Photo Laura Chery Studio Marius)

« L’optimisme, il se révèle dans l’action »

L’optimisme aurait pu rester un mot de conclusion. Il a donné lieu à l’un des échanges les plus personnels de la soirée. Catherine Barba l’a relié à la confiance dans le collectif, à la conscience des difficultés invisibles que chacun traverse et à la possibilité de trouver des alliés lorsque les ressources viennent à manquer.

Elle a aussi évoqué sa foi comme un pilier de sa vie, en précisant ne pas en faire un propos de prosélytisme. Une confidence inscrite dans une réflexion plus large sur ce qui permet de tenir, de préserver son élan et de continuer à agir malgré l’incertitude.

« L’optimisme, il se révèle dans l’action », a-t-elle résumé. Face à la peur de manquer de chiffre d’affaires ou de ne pas réussir à préserver son entreprise, son propos revenait à la recherche de solutions et à la capacité de les mettre en œuvre avec d’autres.

Cette confiance suppose aussi d’accepter la contradiction. Catherine Barba a insisté sur l’écoute, la perception des signaux discrets au sein d’une équipe et la nécessité de conserver, autour de soi, des personnes capables de parler franchement. « C’est dans les frottements qu’on innove », a-t-elle souligné. À mesure que les responsabilités grandissent, préserver cette parole directe devient une condition de la remise en question.

Invitée enfin à formuler un souhait pour 2027, elle a retenu un mot : « simplification ». Après les conseils sur ce que les dirigeants peuvent transformer eux-mêmes, la demande adressée à leur environnement était explicite : leur faciliter la tâche.

Roboris entre en scène, le Top Économique se prépare à évoluer

La soirée avait aussi son invité inattendu : Roboris, un robot humanoïde d'OpenStudio, présenté comme l’alter ego de Boris Restier, délégué général du Medef Haute-Garonne. Chargé d’introduire le Top Économique, il a offert à Thomas Lage un échange décalé, avant l’arrivée sur scène de Boris Restier.

Le passage du robot au directeur général a ramené la présentation vers le travail nécessaire à la réalisation du guide. La 39e édition, millésimée 2027, référence plus de 1 100 entreprises, avec des informations sur leurs effectifs, leur chiffre d’affaires et leurs principaux responsables, notamment dans les fonctions commerciales, les ressources humaines et la finance.

Boris Restier l’a présenté comme « un outil commercial de prospection et d’aide à la décision ». Derrière les données, plusieurs mois de préparation : un chantier engagé dès janvier, un comité de pilotage, la coordination du chef de projet, l’appui administratif et financier, la collecte menée avec la Junior-Entreprise de TBS Education, puis le travail graphique et l’impression. La prochaine étape est déjà annoncée : une 40e édition appelée à évoluer, avec une nouvelle maquette envisagée et une réflexion sur la manière de rendre les données plus utiles et plus faciles à actualiser. Catherine Barba a proposé de contribuer à cette réflexion, en la reliant à l’un des objectifs défendus tout au long de la soirée : aider les entreprises à développer leur clientèle.

Entre les échanges, le groupe STAC, les séquences chantées et le blind test ont entretenu le rythme du rendez-vous. Thomas Lage a fait circuler la parole entre la scène et la salle, mêlant les questions économiques aux respirations musicales et aux traits d’humour. Après les conseils, les jeux et la présentation du guide, restait à engager la conversation. Les dirigeants avaient déjà travaillé leur première phrase : expliquer à un voisin ce que leur entreprise pouvait lui apporter.

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Invité surprise du Top Eco Tonight Show, un robot d'OpenStudio, a participé à la présentation du Top Économique. (Photo Laura Chery Studio Marius)

 

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