Agriculture : Ecocert France et FEVE lancent un outil recensant plus de 600 aides

Face à la multiplication des dispositifs de soutien et à la complexité des démarches, Ecocert France et FEVE mettent en ligne un outil gratuit permettant aux agriculteurs et aux porteurs de projet d’identifier les financements adaptés à leur situation. Plus de 600 aides nationales, régionales et départementales sont déjà référencées dans 13 régions.

Face à la multiplication des dispositifs et à la complexité des démarches, FEVE et Ecocert France lancent une plateforme gratuite pour aider les agriculteurs et les porteurs de projet à identifier les financements adaptés à leur situation. (Photo Pixabay)

Face à la multiplication des dispositifs et à la complexité des démarches, FEVE et Ecocert France lancent une plateforme gratuite pour aider les agriculteurs et les porteurs de projet à identifier les financements adaptés à leur situation. (Photo Pixabay)

Après un été marqué par des épisodes de canicule et une sécheresse d’ampleur, l’agriculture française aborde la rentrée dans un contexte tendu. Selon le ministère de l’Agriculture, 65 % du territoire a été confronté à la sécheresse et 95 départements ont connu des restrictions d’eau, dont 79 placés au niveau de crise au plus fort de l’été. Le Gouvernement a annoncé, le 4 septembre 2026, un plan de soutien de plus d’un milliard d’euros, articulé autour de plusieurs mécanismes d’indemnisation et de relance de la production.

C’est dans cet environnement que FEVE, spécialiste de l’installation et de la transmission de fermes agroécologiques, et Ecocert France, organisme de certification engagé auprès des filières biologiques, lancent un outil numérique consacré aux aides agricoles. Accessible à l’adresse www.feve.co/aides-agricoles, le service propose un diagnostic personnalisé réalisable en environ deux minutes.

Plus de 600 dispositifs réunis dans une même base

L’outil recense actuellement plus de 600 aides réparties dans 13 régions françaises. La base intègre aussi bien des dispositifs nationaux et régionaux que des aides départementales, souvent plus difficiles à repérer.

Les financements référencés concernent notamment l’agriculture biologique, les mesures agroenvironnementales et climatiques, l’installation, la fiscalité, les investissements ou encore l’accompagnement des exploitations. Le service s’adresse aux agriculteurs en agriculture biologique, en conversion ou en conventionnel, mais également aux porteurs de projet et aux conseillers qui les accompagnent.

Après avoir répondu à quelques questions, l’utilisateur obtient une sélection de dispositifs correspondant à son profil, à son type de production et à la nature de son projet. Une recherche guidée permet également d’explorer directement les financements par thématique ou par situation.

Chaque fiche synthétise l’objectif de l’aide, les projets concernés, les principales conditions d’accès, les montants indicatifs lorsqu’ils sont disponibles, ainsi que les organismes à contacter et les liens vers les portails de référence.

Une première orientation avant le dépôt du dossier

La plateforme entend simplifier la première phase de recherche, alors que les aides agricoles peuvent relever des collectivités territoriales, des Régions, de l’État, de l’Union européenne, d’agences publiques ou d’acteurs privés. Cette diversité multiplie les possibilités de financement, mais rend parfois leur identification complexe.

L’outil ne remplace toutefois pas l’examen réalisé par les organismes compétents. Les informations proposées sont générales, indicatives et non exhaustives. Elles ne constituent ni un avis personnalisé ni une validation de l’éligibilité et ne garantissent pas l’obtention d’un financement. Lorsque l’aide est conditionnée à une certification, son attribution demeure soumise à une évaluation indépendante et impartiale.

La base de données doit être actualisée régulièrement afin d’intégrer les évolutions des dispositifs, des critères d’éligibilité et des calendriers. Des ajustements intermédiaires pourront également être réalisés lorsque des changements significatifs seront identifiés.

Un marché bio qui retrouve de la croissance

L’agriculture biologique occupe une place importante dans cette démarche. En 2025, la France comptait 61 159 fermes engagées en bio, soit 17,3 % des exploitations agricoles. Si leur nombre a reculé de 1,3 % sur un an, leur part dans l’ensemble des fermes françaises a progressé de 0,4 point, dans un contexte de diminution globale du nombre d’exploitations. Les surfaces biologiques représentaient parallèlement 10 % de la surface agricole française, selon les chiffres de l’Agence BIO.

La dynamique reste également portée par les nouvelles générations, puisqu’une installation agricole sur quatre s’effectuerait désormais en bio. Pour les exploitants certifiés, en conversion ou encore en réflexion, l’accès aux financements peut néanmoins conditionner la réalisation des investissements et la pérennité du projet.

Du côté de la demande, les achats de produits biologiques destinés à la consommation à domicile ont atteint 12,6 milliards d’euros en 2025, en progression de 3,6 % par rapport à 2024. Les volumes ont augmenté de 2 %. Les fruits et légumes bio représentent désormais 7 % du marché en volume et 8 % en valeur.

À travers son moteur de recherche, la plateforme doit notamment rendre plus visibles les aides susceptibles de rémunérer ou d’accompagner les bénéfices environnementaux associés à certaines pratiques : préservation de la qualité de l’eau, maintien de la fertilité des sols, protection de la biodiversité ou réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’expertise agricole de FEVE associée à celle d’Ecocert

Fondée en 2020, FEVE, pour Fermes En ViE, intervient dans le renouvellement des générations agricoles en facilitant l’accès au foncier. L’entreprise acquiert des fermes avant de les louer, avec une option d’achat, à des agriculteurs engagés dans des modèles agroécologiques. Elle apporte également son expérience numérique à travers La Grange, sa plateforme destinée aux porteurs de projet et aux exploitants.

« Chez FEVE, nous travaillons chaque jour avec des porteurs de projets et des agriculteurs qui veulent s’installer ou consolider leur ferme. Nous échangeons aussi avec des cédants qui préparent la transmission de leur exploitation. Dans les deux cas, la question des aides revient très tôt dans leurs parcours », explique Marc Batty, cofondateur de FEVE. Le dirigeant souhaite proposer « une ressource simple, utile et directement mobilisable » pour identifier les dispositifs correspondant à chaque situation.

Ecocert France apporte pour sa part sa connaissance des filières biologiques, de la certification et de la réglementation. L’organisme accompagne sur le terrain plus de 30 000 producteurs français engagés auprès de ses équipes. Présent depuis plus de 30 ans dans la certification, le conseil et la formation, le groupe Ecocert est implanté dans 29 pays et intervient dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les cosmétiques, le textile, les produits de la maison, le bois, la biodiversité et le commerce équitable.

« L’agriculture biologique repose sur des engagements exigeants, qui nécessitent parfois des investissements, du temps et un accompagnement adapté », souligne Thierry Stoedzel, directeur général d’Ecocert France. Selon lui, cette coopération doit contribuer à « une meilleure lisibilité des dispositifs existants pour les agriculteurs bio et en conversion » et mettre la connaissance du terrain au service des producteurs.

En combinant leurs réseaux, leurs expertises et leurs outils numériques, les deux partenaires veulent ainsi créer une porte d’entrée unique vers des financements jusqu’ici dispersés, depuis la préparation d’une installation jusqu’à la consolidation ou à la transmission d’une exploitation.

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